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Togo :  Des citoyens recrutés pour la guerre russo-ukrainienne, bilan et appel urgent du Réseau LeADER
 

Togo : Des citoyens recrutés pour la guerre russo-ukrainienne, bilan et appel urgent du Réseau LeADER

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 14 mars 2026 - 12:03

Des combattants au front (ph illustration)


La guerre russo-ukrainiennes, bien que se déroulant loin du Togo et de l’Afrique, a vu certains togolais être enrôlés comme combattants au front en Ukraine. L’engagement de nationaux pour le compte de la Russie a rendu la vie pénible pour certains et a couté la vie à d’autres.


Dans un rapport publié le 11 février 2026 et intitulé « Le business du désespoir », le collectif d'investigation All Eyes On Wagner (AEOW) en collaboration avec une  ONG suisse appelée INPACT, a enquêté sur les réseaux de recrutement de combattants africains pour l’invasion russe de l’Ukraine.


Si l’enrôlement des jeunes togolais et autres africains sur le front en Ukraine se perçoit comme un rêve brisé vers une terre de bonheur, il est opportun de se s’attarder sur le contexte du rapport « le business du désespoir », le cas des togolais enrôlés et les principales conclusions du travail d’investigation.


Le business du désespoir


D’après le rapport publié, depuis 2023, la Russie a intensifié ses efforts visant à faire face à la pénurie d’hommes dans les armées russes, dans un contexte marqué par une guerre d’attrition prolongée en Ukraine et par le renforcement des sanctions internationales ciblant à la fois ses capacités économiques, le secteur militaro-industriel russe et les activités de ses réseaux paramilitaires à l’étranger.


L'histoire du recrutement par la Russie pour engager des jeunes à combattre dans son armée s'est répandue sur tout le continent africain. Des rapports continuent d'émerger concernant des jeunes africains attirés sur les lignes de front, souvent sous de faux prétextes. Les enquêtes des médias, associées aux entretiens avec des prisonniers de guerre détenus en Ukraine, ont entraîné une prise de conscience accrue de ces pratiques de recrutement russes qui ciblent les personnes économiquement vulnérables en Afrique et, plus largement, dans les pays du Sud.


Les jeunes pensaient partir se former, travailler, soutenir leurs familles. Les premiers recrutements ont été facilités d’abord dans par la présence du groupe Wagner en Centrafrique, au Mali et au Burkina Faso et sont ensuite étendus à des pays qui n’accueillent pas de forces paramilitaires russes et qui ne se sont pas alignés diplomatiquement sur Moscou.


INPACT a identifié plusieurs tactiques de recrutement, notamment le recours à des agences de voyage opérant comme intermédiaires logistiques, l’implication de soutiens locaux de la Russie. Le rapport a mis en lumière les autres méthodes utilisées pour enrôler des africains, outre les agences de recrutement. Celles-ci comprennent entre autres la mobilisation locale de ressortissants africains ayant embrassé la cause russe pour inciter d'autres personnes à servir dans les forces armées russes.


Bilan du recrutement des togolais


Les promesses alléguées lors des enrôlements sont alléchantes. Elles vont de régularisation immédiate, salaire mensuel attractif, obtention accélérée de la citoyenneté russe, logement et prise en charge médicale. La réalité, elle, est tout autre, déploiement rapide sur les lignes les plus dangereuses, manque d’équipement, entraînement minimal.


 

Comme une alerte sur le recrutement, il urge de rappeler que le 17 mars 2025 à Lomé, le Mouvement Martin Luther King (MMLK), l’une des organisations de défense des droits de l’Homme très actives au Togo, avait informé les autorités sur le cas d’un jeune étudiant togolais capturé sur le champ de bataille et emprisonné en Ukraine.


Concernant ce cas, le MMLK avait précisé dans un communiqué qu’« Ayant reçu son visa d’étude à l’ambassade de la Russie à Cotonou, le compatriote a quitté le Togo pour la Russie le 21 août 2024. Arrivé en Russie, il a été contraint de rentrer dans l’armée pour aller au front en Ukraine. C’est là où il a été gravement blessé, capturé et jeté en prison ». Le MMLK a demandé aux autorités togolaises de s’engager avec les autorités ukrainiennes pour sauver la vie du jeune étudiant togolais capturé.


Dans ses investigations, le rapport du collectif d'investigation AEOW a révélé que 18 ressortissants togolais ont été recrutés. Parmi ces togolais enrôlés, trois ont été tués. Ils sont identifiés comme Dogan Komlan-Junior Mark, Koulekpato Dosseh et Sabi-Ifon Yaovi.


Dans un souci d’enrayer une tendance qui guette des jeunes, le ministère togolais des Affaires étrangères avait publié une déclaration confirmant que les personnes recrues ont été induites en erreur et a exhorté la cible attirée par l’aventure à faire preuve de prudence lorsqu'ils acceptent des offres de voyage en Russie.


Au total, sur les 1 417 recrues, 316 ont été tuées. La durée moyenne de leur service est de seulement six mois, la durée la plus longue étant de 19 mois. 951 recrues ont servi pendant un mois seulement avant d'être tuées. Les pays africains d'où provenaient le plus grand nombre de recrues sont l'Égypte (361), le Cameroun (335) et le Ghana (234).


Conclusion du rapport


La principale conclusion du rapport concerne les données sur lesquelles il est basé.Grâce à une corroboration en sources ouvertes, l'AEOW a évalué que l'ensemble de données qu'elle a obtenu est légitime et que 1 417 individus ont été recrutés, dont 316 ont déjà été tués au combat.


Selon la base de données, le recrutement russe d'africains a augmenté régulièrement depuis l'invasion de l'Ukraine, avec 177 en 2023, 592 en 2024 (confirmé par la Russie à l'époque) et 647 en 2025. (Ces membres, tirés du rapport de l'AEOW, s'ajoutent à 1 416 ; la cause de cet écart n'est pas claire.)


Appel du Réseau LeADER pour sauver les jeunes 


Devant la complexité que pose le problème de recrutement de jeunes togolais pour le front en Ukraine, une plateforme panafricaine, qui a pour but de fédérer les énergies pour un développement effectif pour l’émergence de jeunes, se veut être un avocat des jeunes enrôlés mais aussi de leurs familles pour des solutions durables.


 

Le président de cette plateforme panafricaine dénommée le Réseau des Leader Africains pour la Démocratie, l’Emergence et le Renouveau (Réseau LeADER), Dr Jean Emmanuel Gnagnon, a dans une interview que nous lui avons accordée plaidé pour des approches salvatrices.


Tout est estimant que les jeunes se retrouvent dans le conflit en Ukraine non par le « goût du combat, mais parce qu’ils sont pris dans un mélange dangereux de désespoir économique, de manipulation et de promesses mensongères », le président du Réseau LeADER a expliqué que la « vulnérabilité crée un terrain favorable pour les recruteurs qui exploitent les espoirs et les frustrations ».


Dans la perspective de retenir les jeunes vers des destinations sans lendemain, Dr Gnagnon a lancé un appel solennel à la jeunesse togolaise afin qu’elle réalise que « la guerre n’est pas un emploi et un champ de bataille, n’est pas une opportunité de carrière ».


Avec l’espoir de libérer et de rapatrier des jeunes qui sont enrôlés pour le front, Dr Gnagnon a plaidé pour l’État togolais « engage une action diplomatique immédiate afin d’identifier ces jeunes et d’examiner les voies possibles de protection ou de rapatriement » mais aussi « accompagner moralement et socialement les familles qui vivent aujourd’hui dans l’inquiétude et parfois dans le silence ».


Et pour en finir avec les réseaux de recrutement sur le plan national, le Réseau LeADER propose démanteler trois pistes à savoir d’un de démanteler les réseaux de recrutement clandestins, de deux informer et protéger la jeunesse et enfin de trois s’attaquer aux causes profondes du phénomène.


Halte aux enrôlements


Avec des projecteurs qui se braquent sur ce conflit en Europe, des gouvernements africains exigent désormais le rapatriement de leurs ressortissants qui servent encore dans les forces armées russes ou qui sont actuellement détenus en captivité.


Dans le même temps, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a appelé les pays africains à renforcer leurs mesures de lutte contre les programmes de recrutement russes qui enrôlent des jeunes dans le conflit.


Mensah,

Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria

- Joindre la rédaction de koaci.com (+228) 98 95 28 38 ou koaci.ghana@gmail.com –


 
 
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