Côte d'Ivoire : Industrie sucrière, depuis Marrakech, Abidjan expose au monde sa vision pour une autosuffisance dans le secteur
Aly Touré
Présente à la 26ᵉ Conférence internationale sur le sucre, organisée du 9 au 12 février 2026 au Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau à Marrakech, la Côte d’Ivoire a mis en avant sa stratégie de transformation et de coopération dans le secteur sucrier.
À la tribune de ce rendez-vous majeur de l’industrie mondiale du sucre, l’Ambassadeur Aly Touré, Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations internationales des Produits de base, a exposé la vision ivoirienne autour du thème : « L’importance pour l’Afrique de participer aux activités internationales des organisations : l’exemple de la Côte d’Ivoire ».
Devant un parterre de dirigeants de raffineries, d’experts, de chercheurs et de fournisseurs de technologies, le diplomate ivoirien a défendu l’idée d’une Afrique davantage impliquée dans les instances internationales, afin d’influencer les décisions stratégiques et de capter les opportunités de coopération technique et financière.
Un secteur sucrier en transformation
Dans son intervention, Aly Touré a rappelé que depuis 2021, l’État ivoirien a mis en place un Contrat-Plan quinquennal avec les sociétés sucrières nationales. Ce mécanisme vise à moderniser la filière, améliorer sa compétitivité et atteindre l’autosuffisance en sucre.
L’objectif est multiple : stabiliser les prix pour les industriels et les ménages, réduire la dépendance aux importations et contribuer à la lutte contre la vie chère. Une approche qui s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire et de consolidation des filières agricoles stratégiques. Le représentant ivoirien a également souligné l’importance pour la Côte d’Ivoire de s’inspirer des expériences réussies d’autres pays membres et de tirer parti des plateformes de coopération offertes par l’Organisation internationale du sucre (OIS).
Un secteur confronté à des mutations profondes
La conférence de Marrakech intervient dans un contexte de profondes recompositions de la filière sucrière mondiale. Les discussions portent notamment sur, la digitalisation des chaînes de production, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus industriels, l’optimisation de l’usage de l’eau face au stress hydrique, la valorisation énergétique des sous-produits et l’intégration croissante des critères ESG dans la gouvernance des entreprises.
L’édition 2026 met également en lumière les enjeux de résilience et de gouvernance dans un secteur exposé à la volatilité des marchés agricoles et aux exigences accrues de durabilité.
Une présence stratégique
En participant activement à ce forum international, la Côte d’Ivoire affiche sa volonté de jouer un rôle plus affirmé dans la gouvernance mondiale des produits de base. Au-delà du sucre, cette démarche traduit une diplomatie économique orientée vers l’anticipation des mutations structurelles et le renforcement de la compétitivité nationale.
À Marrakech, Abidjan n’est pas seulement venue observer : elle est venue défendre une vision et consolider des partenariats pour l’avenir de sa filière sucrière.
Wassimagnon
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