Côte d'Ivoire : Port d'Abidjan, un syndicat dénonce une flambée “injustifiée” des frais et interpelle les autorités
Les responsables syndicaux (Ph Koaci)
À Port Autonome d'Abidjan, la tension monte entre les acteurs du secteur de l’importation de véhicules d’occasion et certains opérateurs portuaires. Le Syndicat de la Nouvelle Génération des Transitaires et Importateurs de Véhicules d’Occasion de Côte d’Ivoire (SNGTIVO-CI) a rendu publique une déclaration pour dénoncer l’apparition, depuis décembre 2025, de nouveaux frais qu’il juge opaques et pénalisants pour ses membres.
Selon le syndicat, un montant de 531 000 francs CFA est désormais exigé pour le dépotage de chaque conteneur de véhicules. À cela s’ajouteraient des prélèvements de 59 000 francs CFA par engin lourd ou modeste pour leur transfert sur la route de Grand-Bassam, facturés par le Terminal Roulier d'Abidjan - TERRA. Des coûts qui, d’après les professionnels du secteur, seraient intervenus sans communication préalable ni base réglementaire clairement établie.
Le SNGTIVO-CI évoque également des cautionnements exigés par certains consignataires, notamment OMA Group et Maersk, oscillant entre 700 000 et 2 500 000 francs CFA par conteneur, ainsi que des frais supplémentaires de 77 000 francs CFA à Abidjan Terminal. À ces charges financières s’ajouteraient, selon le syndicat, des difficultés opérationnelles persistantes pour la sortie des véhicules du port vers le parc sous douane d’Aéria, ainsi que des surestaries imputées à des retards dans la transmission électronique des bons à délivrer.
Face à ce qu’il qualifie d’irrégularités préoccupantes, le syndicat affirme avoir saisi par courrier la direction du terminal concerné, l’administration portuaire ainsi que le ministère en charge des Transports et des Affaires maritimes. Ces démarches visaient, selon ses responsables, à obtenir des clarifications juridiques et à ouvrir un cadre de concertation en vue de solutions durables. À ce jour, le SNGTIVO-CI déplore toutefois l’absence de réponse officielle et dénonce un silence qu’il juge incompréhensible au regard des enjeux économiques.
Plusieurs interrogations demeurent, notamment sur la conformité de ces nouveaux frais avec les dispositions en vigueur, la nature des factures émises et la capacité opérationnelle du terminal à gérer l’ensemble des flux de conteneurs dédiés au dépotage. Le syndicat s’interroge également sur l’éventualité d’un monopole d’exploitation qui pourrait, selon lui, déséquilibrer le marché et fragiliser davantage les importateurs.
Tout en exprimant sa vive protestation contre ce qu’il considère comme une augmentation brutale et peu transparente des charges portuaires, le SNGTIVO-CI appelle à l’ouverture d’un dialogue responsable avec les autorités compétentes et les opérateurs concernés. Il insiste sur la nécessité de préserver la fluidité des activités dans la zone portuaire d’Abidjan, véritable poumon de l’économie nationale, et affirme ne pas souhaiter en arriver à des mouvements de grève susceptibles de perturber l’ensemble de la chaîne logistique.
Le syndicat invite enfin les importateurs impactés à rester mobilisés et attentifs aux prochaines orientations qui seront communiquées dans les jours à venir.
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