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Côte d'Ivoire : Transfert de la capitale politique et administrative à Yamoussoukro, un voeu pieux 40 ans après
 

Côte d'Ivoire : Transfert de la capitale politique et administrative à Yamoussoukro, un voeu pieux 40 ans après

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 20 février 2026 - 11:13




En mars 1983, la Côte d’Ivoire posait un acte fort de son histoire institutionnelle. Par la loi n°83-242 du 22 mars 1983, l’Assemblée nationale érigeait officiellement Yamoussoukro en capitale politique et administrative, sous l’impulsion du Président Félix Houphouët-Boigny. L’ambition était claire : décongestionner Abidjan et rapprocher le centre de décision des populations de l’intérieur du pays.


Plus de quarante ans après, force est de constater que ce transfert reste inachevé. Pendant ce temps, Abidjan continue de croître à un rythme soutenu, au risque de l’asphyxie.


Capitale économique, Abidjan concentre à elle seule une part importante de la population nationale et plus du tiers de la population urbaine. Cette hyperconcentration démographique exerce une pression constante sur les infrastructures.


Malgré les investissements majeurs engagés ces dernières années sous la présidence d’Alassane Ouattara, ponts, échangeurs, voies rapides, projets de transport urbain, les défis persistent : embouteillages chroniques, accès inégal à l’eau potable et à l’électricité, urbanisation rapide et parfois anarchique.


Des communes périphériques comme Bingerville illustrent cette tension croissante, avec des coupures d’électricité récurrentes et des difficultés d’approvisionnement en eau. Les infrastructures peinent à suivre le rythme d’une expansion urbaine continue.


Pour Ange DJENI, « cette situation confirme la nécessité d’un rééquilibrage territorial courageux et planifié ».


Yamoussoukro, une vision inachevée


 

Dès l’origine, Yamoussoukro a été pensée comme une capitale moderne. Un vaste plan d’urbanisme prévoyait une zone administrative capable d’accueillir ministères, institutions de la République, chancelleries diplomatiques et organisations internationales, à l’image du Plateau à Abidjan.


« L’objectif était de créer un nouveau pôle institutionnel structurant, susceptible de dynamiser durablement les régions de l’intérieur », rappelle Ange DJENI.


Sous la présidence de Laurent Gbagbo, une structure dédiée au transfert effectif de la capitale avait été créée en 2002 par décret. Dissoute en 2012, elle n’a jamais été remplacée. Aujourd’hui, plusieurs voix s’élèvent pour demander sa réactivation afin de relancer concrètement le processus.


La Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé. D’autres pays africains, confrontés à la saturation de leurs capitales historiques, ont fait le choix stratégique de déplacer leur centre politique.


Le Nigeria a transféré sa capitale de Lagos à Abuja. L’Égypte développe une nouvelle capitale administrative à l’est du Caire. Le Sénégal mise sur Diamniadio pour décongestionner Dakar, tandis que la Guinée équatoriale a déplacé sa capitale à Oyala.

« Ces expériences montrent que le transfert d’une capitale n’est pas un luxe, mais un outil stratégique d’aménagement du territoire et de développement équilibré », souligne Ange DJENI.


Un levier économique pour l’intérieur du pays


Au-delà de la symbolique politique, le transfert effectif à Yamoussoukro représenterait un puissant moteur économique pour les régions du Bélier, du Haut-Sassandra, de la Marahoué, du Goh, du Gbêkê et du Hambol.


Les secteurs du BTP, du logement, des services et des infrastructures pourraient connaître un essor significatif, avec à la clé des milliers d’emplois pour les jeunes. Grâce aux axes routiers existants, déjà praticables et sécurisés, de nombreux travailleurs pourraient résider dans les localités environnantes tout en exerçant à Yamoussoukro, favorisant un développement régional intégré.


« Je trace les sillons du développement, il appartient à mes successeurs de les élargir », déclarait Félix Houphouët-Boigny.


 

Pour Ange DJENI, le Président Alassane Ouattara est aujourd’hui face à une décision stratégique majeure. « Concrétiser le transfert de la capitale serait à la fois un hommage à la vision du père fondateur et un choix structurant pour l’avenir économique et social de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030 et au-delà. »


Certes, reconnaît-il, le transfert ne résoudra pas à lui seul tous les défis liés à la croissance d’Abidjan. Mais l’expérience internationale montre qu’un rééquilibrage territorial est souvent indispensable pour éviter la saturation durable d’une métropole.


« Comme au Nigeria, vivre à Abuja n’est pas vivre à Lagos. De la même manière, l’avenir institutionnel de la Côte d’Ivoire pourrait bien s’écrire à Yamoussoukro », conclut Ange DJENI.



Wassimagnon





 
 
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