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Côte d'Ivoire : Insécurité routière, les auto-écoles fustigent un système de conduite à la dérive et appellent à une réforme urgente du permis de conduire pour sauver le secteur
 

Côte d'Ivoire : Insécurité routière, les auto-écoles fustigent un système de conduite à la dérive et appellent à une réforme urgente du permis de conduire pour sauver le secteur

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 25 février 2026 - 17:01

Cissé Lamine


La colère est palpable. L’émotion aussi. Face à la recrudescence dramatique des accidents de la circulation en Côte d’Ivoire, Cissé Lamine, Secrétaire général du Syndicat du patronat des auto-écoles de Côte d’Ivoire, est monté au créneau lors d’une conférence de presse pour dénoncer les dérives du système de formation à la conduite et interpeller les autorités.


Du 1er janvier au 14 février, le pays a enregistré 513 accidents pour 164 morts, selon les chiffres avancés par le syndicat. « C’est trop. Vraiment trop. On ne peut pas continuer à pleurer nos morts », a-t-il lancé, la voix nouée.


Alors que le pays investit massivement dans les infrastructures routières, les comportements au volant restent préoccupants.


« Le Président de la République se bat pour nous offrir de belles routes. Mais comment se comporte-t-on sur ces routes ? », s’interroge Cissé Lamine.


Il cite notamment l’autoroute Abidjan–Yamoussoukro, où la vitesse est limitée à 120 km/h entre Abidjan et Singrobo, puis à 110 km/h jusqu’à Yamoussoukro. Pourtant, des cars y circuleraient à 130 voire 140 km/h.


Pour lui, les radars ne suffisent plus. Il plaide pour des contrôles renforcés et des sanctions fermes, allant jusqu’au retrait systématique du permis en cas d’excès de vitesse grave.


Il pointe également du doigt certains véhicules de transport en commun, notamment les minicars et véhicules transformés, souvent inadaptés aux normes locales. 


« On transforme ici des véhicules conçus pour le transport de marchandises en Europe en véhicules de transport de personnes. Ce n’est pas normal », déplore-t-il.


Au cœur de son intervention, le Secrétaire général met en cause la dégradation du système de formation à la conduite.


Selon lui, le permis de conduire ne doit pas être considéré comme un simple document administratif, mais comme le résultat d’une formation rigoureuse.

Il dénonce la prolifération de « permis à 35 000 francs », incompatibles, selon lui, avec une formation sérieuse.

« Quand on parle du permis, on parle de formation. On ne peut pas former quelqu’un correctement à ce prix-là », insiste-t-il.


Il rappelle que de nombreux conducteurs titulaires du permis depuis 10 ou 20 ans ont aujourd’hui besoin d’un renforcement de capacités, compte tenu de l’évolution des véhicules, des infrastructures et de la réglementation.


Plusieurs promoteurs d’auto-écoles auraient investi dans des équipements modernes, notamment des simulateurs de conduite pour poids lourds, dans l’espoir d’obtenir les diplômes nécessaires à la formation continue. 


 

« Depuis 2019, nous attendons ces diplômes. Nous nous sommes endettés, nous nous sommes équipés, et rien ne vient », regrette-t-il.


Cissé Lamine critique également le rôle de l’Office de Sécurité Routière (OSER), qui, selon lui, devrait piloter la politique nationale de sécurité routière plutôt que se substituer aux auto-écoles.


« L’OSER ne peut pas tout faire. Il est devenu centre de formation. Or, former, c’est un métier », affirme-t-il.


Il insiste sur la nécessité d’adapter le langage pédagogique au profil des apprenants. « Quand vous regardez, 80 à 90 % de nos candidats ne sont pas allés loin à l’école. Il faut un langage accessible. C’est notre savoir-faire. »


Autre sujet de préoccupation : le programme de permis financé dans le cadre de l’emploi des jeunes.

Selon le syndicat, l’État décaisserait 150 000 francs CFA par bénéficiaire. Mais certaines auto-écoles ne recevraient que 30 000 à 45 000 francs pour assurer la formation.


« Où va le reste de l’argent ? », s’interroge Cissé Lamine, qui évoque l’intervention de cabinets privés intermédiaires et dénonce un manque de transparence.


Il redoute que des jeunes obtiennent un permis sans réelle maîtrise de la conduite. « Dans dix ans, ce sont eux qui seront au volant, sans formation solide. Nous serons champions des accidents si on ne corrige pas cela. »


Le syndicat alerte également sur la situation des conducteurs de deux-roues. Selon lui, à peine 10 % des conducteurs de motos seraient titulaires d’un permis.


Non-port du casque, non-respect des feux tricolores, ignorance du code de la route : « C’est l’anarchie totale », déplore-t-il.


Pour Cissé Lamine, la moto est devenue un moyen de déplacement incontournable, mais elle doit être encadrée par une formation obligatoire et un contrôle strict.


Le Secrétaire général interpelle directement le ministre en charge des Transports et celui de l’Emploi des jeunes.


 

Il affirme que depuis plus d’un an, aucune réunion de concertation n’a été organisée entre la Direction générale des Transports et les auto-écoles.


« Nous voulons aider le ministre à réussir. Mais ses collaborateurs ne nous facilitent pas l’accès. Nous avons beaucoup à dire pour améliorer le système », soutient-il.


Il annonce qu’après le mois de jeûne, le syndicat entreprendra des démarches pour obtenir une audience ministérielle.


Face à ces difficultés, les professionnels entendent s’organiser.

Ils projettent la création d’un Haut Conseil des entreprises d’auto-écoles et de sécurité routière, destiné à structurer le secteur, assainir les pratiques et collaborer étroitement avec l’État.


Ils réclament également la mise en place d’une brigade de contrôle autour des Centres de gestion intégrée (CGI), afin de lutter contre les intermédiaires informels et les pratiques frauduleuses.


Au-delà des revendications corporatistes, Cissé Lamine insiste sur l’urgence humaine.

« Nos routes ne doivent pas devenir des cimetières. Elles sont bien construites, mais nous passons notre temps à pleurer. Il faut que cela cesse.»


Pour le Syndicat du patronat des auto-écoles, la solution passe par une formation de qualité, un encadrement rigoureux, une meilleure coordination institutionnelle et une réelle volonté d’assainir le secteur.


Un cri du cœur qui relance le débat sur la sécurité routière dans un pays où le développement des infrastructures doit désormais s’accompagner d’un changement profond des comportements.



Wassimagnon


 


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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