Côte d'Ivoire: Grand-Lahou sauvée des eaux grâce au projet WACA, le ministre Abou Bamba célèbre « une avancée historique » contre l'érosion côtière
Le Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, Abou Bamba, a effectué le 26 février 2026 une visite de terrain sur le site des travaux de stabilisation du cordon sableux de Grand-Lahou. Cette mission s’inscrit dans le cadre du Programme de gestion des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA), un projet stratégique visant à renforcer la résilience du littoral ivoirien face aux effets du changement climatique.
Au terme de cette visite, le ministre s’est voulu rassurant et ambitieux : « Ce projet constitue une avancée historique pour notre pays. Nous avons réussi à maîtriser durablement l’érosion côtière à Grand-Lahou, un problème que la Côte d’Ivoire traînait depuis plus de vingt ans. »
Long de 566 kilomètres, le littoral ivoirien est l’un des moteurs économiques du pays. Il concentre une part essentielle des activités halieutiques, portuaires, industrielles et touristiques. Mais il est aussi fortement exposé aux pressions humaines et aux effets du changement climatique : élévation du niveau de la mer, ondes de tempête, inondations, glissements de terrain.
À Grand-Lahou, la situation était particulièrement critique. L’érosion côtière menaçait les habitations, les infrastructures et des symboles patrimoniaux majeurs.
« Plusieurs études et modèles d’ingénierie, y compris proposés par des experts internationaux, notamment des Pays-Bas, avaient été analysés sans permettre d’aboutir à une solution définitive », a rappelé Abou Bamba.
La solution finalement retenue a consisté en, la fermeture de l’ancienne passe, l’ouverture et la consolidation d’une nouvelle embouchure, la construction d’ouvrages de protection en enrochements et en béton et le rechargement en sable (engraissement de plage).
« Grâce à ces travaux, le phénomène d’érosion est désormais maîtrisé. Nous avons pu sauver environ 14 hectares directement menacés et protéger des zones bien plus étendues en arrière-plan, en empêchant notamment les infiltrations d’eau de mer vers le fleuve Bandama », a affirmé le ministre.
Au-delà de la protection des populations et de leurs biens, le membre du gouvernement a insisté sur les perspectives de développement qu’offre cette stabilisation du littoral.
« Avec plus de 560 kilomètres de côtes encore insuffisamment valorisés, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable », a souligné Abou Bamba.
La sécurisation du site ouvre la voie au développement d’un tourisme balnéaire durable, mais aussi à des activités nautiques et écologiques. La région abrite en effet des mangroves, des forêts côtières, des zones de nidification de tortues marines et des couloirs d’oiseaux migrateurs reliant l’Europe à l’Afrique.
« Le tourisme ornithologique représente un marché international important dont notre pays peut capter une part significative », a-t-il ajouté.
Les travaux de dragage facilitent désormais la circulation entre les villages et renforcent le potentiel halieutique de la zone. Pour le ministre, cet aspect est stratégique : « La Côte d’Ivoire importe encore une part importante de sa consommation en produits halieutiques. En renforçant les infrastructures locales, nous créons les conditions pour stimuler la production nationale, générer des revenus pour les jeunes et renforcer notre sécurité alimentaire. »
Le projet s’inscrit également dans la stratégie nationale de développement de l’économie bleue. Des études sont envisagées pour évaluer le potentiel en énergies renouvelables, notamment l’exploitation des vents côtiers.
« À terme, nous pourrions produire une énergie durable au bénéfice des villages environnants », a indiqué le ministre.
La préservation des mangroves ouvre aussi des perspectives en matière de crédits carbone.
« Ces écosystèmes jouent un rôle essentiel dans l’absorption du CO₂. Leur valorisation sur les marchés carbone pourrait générer des ressources additionnelles au profit de l’État et des communautés locales », a précisé Abou Bamba.
D’un coût global estimé à 42 milliards de francs CFA, le projet a démarré en 2018 et s’achèvera en avril 2026, soit près de sept années de travaux.
Le site garde encore les cicatrices des drames passés : disparition de cimetières, destruction d’habitations et menaces sur des édifices religieux. Mais certains symboles ont pu être préservés, notamment l’église coloniale de Lahou-Kpanda, première église de l’archidiocèse de Gagnoa.
Prenant la parole au nom de la chefferie de Lahou-Kpanda, le notable Loa Daniel a exprimé l’émotion et la gratitude du peuple Avikam : « C’est un sentiment de joie. Une grande partie du village a été sauvée grâce au projet WACA. L’église coloniale, premier édifice de l’archidiocèse de Gagnoa, vient d’être préservée. Nous demandons au ministre de transmettre au Président de la République nos remerciements pour son engagement en faveur du peuple Avikam. »
Fort du succès enregistré à Grand-Lahou, le gouvernement entend étendre les interventions à d’autres zones vulnérables du littoral, notamment Port-Bouët, Grand-Bassam et Assinie.
Pour Abou Bamba, l’enjeu dépasse la seule protection environnementale : « Ce projet repositionne Grand-Lahou sur la carte touristique nationale et internationale. Il contribuera significativement à la croissance économique à travers le tourisme, la pêche, l’économie bleue et les activités connexes. »
Une déclaration qui sonne comme un signal fort : face aux défis climatiques, la Côte d’Ivoire entend désormais conjuguer résilience environnementale et ambition économique.
Wassimagnon
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