Côte d'Ivoire : Les femmes plaident pour la création d'un fonds destiné à garantir l'accès des survivantes de VBG à la justice
just’approche de la 49ᵉ édition de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, la tribune « Tout Savoir Sur… » du Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG) a reçu, ce mardi 3 mars, Madame Binaté née Fofana Namizata. Conseillère technique chargée du Genre, de l’Équité et de l’Autonomisation économique de la femme au ministère de la Promotion de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, elle est revenue sur les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire en matière de droits des femmes, tout en plaidant pour de nouvelles mesures en faveur des survivantes de violences basées sur le genre (VBG).
Placée sous le thème international « L’accès des femmes à la justice » et, au plan national, « Accès à la justice pour toutes : agir pour les femmes et les filles de Côte d’Ivoire », l’édition 2025 met en lumière les efforts consentis par l’État pour garantir une justice équitable.
Selon Madame Binaté, la Constitution ivoirienne de 2016 consacre clairement l’égalité entre les hommes et les femmes, aussi bien devant la loi que dans l’accès aux ressources économiques. Au-delà du cadre légal, plusieurs dispositifs concrets ont été mis en place afin de faciliter l’accès des femmes aux services judiciaires.
Des campagnes d’information et de sensibilisation sont régulièrement organisées, en zones urbaines comme rurales, pour encourager les femmes à saisir la justice lorsqu’elles sont victimes d’actes répréhensibles, notamment de violences basées sur le genre ou de viols. « Il faut que les femmes sachent qu’en Côte d’Ivoire, une justice est là pour elles », a-t-elle souligné.
Afin de rapprocher la justice des populations vivant dans des zones éloignées, des juridictions spécialisées ont également été créées, réduisant ainsi les obstacles géographiques qui freinaient autrefois les démarches judiciaires.
La conseillère technique a également mis en avant le Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre, piloté par le ministère. Ce programme s’appuie sur des campagnes communautaires menées auprès des leaders religieux et des chefs coutumiers pour rappeler l’existence de lois réprimant sévèrement les VBG. Les initiatives telles que les « 16 jours d’activisme contre les VBG » participent aussi à ce changement de mentalités.
Ces actions ont contribué à libérer la parole. « Aujourd’hui, les femmes et les filles victimes de violence n’ont plus peur de dénoncer, alors que cela n’était pas évident par le passé », a affirmé Madame Binaté.
Les statistiques traduisent cette évolution. 9 607 cas de VBG ont été enregistrés en 2024, contre 10 544 cas signalés en 2025. Cette hausse, loin de refléter une aggravation systématique du phénomène, témoigne surtout d’une augmentation des dénonciations et d’une plus grande confiance des victimes envers les institutions.
En Côte d’Ivoire, le viol est criminalisé et passible de peines allant de 5 à 20 ans d’emprisonnement, a-t-elle rappelé.
Au-delà du traitement judiciaire, l’accompagnement des victimes se veut global. Les survivantes bénéficient d’une prise en charge holistique intégrant les dimensions physique, psychologique, mentale et sociale.
Des centres d’accueil spécialisés assurent ce suivi. Ils sont notamment situés à Attécoubé (Abidjan), Korhogo, Bouaké et Adiaké. Ce dernier centre a été récemment offert par la Première Dame, Dominique Ouattara, renforçant ainsi le maillage territorial des structures d’assistance.
Plaidoyer pour un fonds spécial d’accès à la justice
Malgré ces avancées, des obstacles persistent, en particulier le coût élevé des procédures judiciaires. Les frais d’avocats et autres charges liées aux démarches légales constituent un frein majeur pour de nombreuses victimes, qui finissent parfois par renoncer à poursuivre leurs agresseurs.
C’est pourquoi Madame Binaté a plaidé pour la création d’un fonds spécial dédié à l’accompagnement des survivantes de VBG. Ce mécanisme permettrait de prendre en charge les honoraires d’avocats et les frais de justice, à l’instar des fonds existants pour l’autonomisation économique des femmes.
« On peut penser à un fonds dédié à accélérer l’accès des femmes aux services de justice, notamment pour les victimes de VBG. Cela permettra à ces femmes d’obtenir justice en cas de besoin », a-t-elle soutenu.
À travers cet appel, les autorités entendent franchir une nouvelle étape dans la consolidation des droits des femmes en Côte d’Ivoire. Cela garantira non seulement l’existence des textes de loi, mais surtout leur accessibilité réelle à toutes les femmes, sans distinction.
Wassimagnon
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