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Côte d'Ivoire : à la veille du 8 mars, des féministes exigent la reconnaissance juridique du féminicide
 

Côte d'Ivoire : à la veille du 8 mars, des féministes exigent la reconnaissance juridique du féminicide

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 07 mars 2026 - 13:36

Les responsables de l'association ce samedi à Cocody (Ph Koaci)



À la veille de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la question des violences faites aux femmes revient avec force dans le débat public en Côte d’Ivoire. Réunies ce samedi 7 mars 2026 au Palm Club Hôtel, plusieurs organisations féministes ont lancé un appel pressant aux autorités ivoiriennes pour la reconnaissance juridique du féminicide. À travers une conférence de presse organisée par la coalition Comféministes CI, les militantes ont plaidé pour une meilleure prise en compte de ces crimes dans le dispositif législatif national.


Selon les organisatrices, il s’agit d’un combat essentiel pour faire évoluer la justice et mieux protéger les femmes et les filles contre les violences extrêmes.


Officiellement lancée le 25 novembre 2025 à Abidjan, la coalition Comféministes CI regroupe plusieurs organisations et militantes engagées dans la défense des droits des femmes. Elle œuvre notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre, la promotion de la santé sexuelle et reproductive ainsi que la dignité menstruelle.


Pour ses responsables, cette plateforme vise à renforcer les solidarités féministes et à peser davantage dans l’élaboration des politiques publiques.


« Notre ambition est de créer un front commun pour défendre les droits des femmes et influencer les décisions politiques afin que les violences de genre soient véritablement prises au sérieux », a expliqué une militante de la coalition.


Lors de la conférence, un plaidoyer en faveur de la reconnaissance du féminicide a été présenté par la militante féministe Marie-Paule Okri.


 

Selon elle, le féminicide désigne le meurtre d’une femme en raison de son genre, un crime spécifique qui reste encore insuffisamment reconnu dans plusieurs systèmes judiciaires.


« Les femmes disparaissent deux fois : une première fois dans la violence et une seconde fois dans les statistiques », a déclaré Marie-Paule Okri, dénonçant la faible visibilité de ces crimes dans les données officielles.


Elle estime que l’absence de qualification juridique claire empêche de mesurer l’ampleur réelle du phénomène et de mettre en place des politiques publiques adaptées.


Prenant la parole à son tour, Ténin Traoré, spécialiste en communication pour le plaidoyer et membre de la coalition, a dressé un état des lieux préoccupant de la situation en Côte d’Ivoire.


Elle a évoqué plusieurs cas récents d’agressions graves et de meurtres de femmes, souvent liés à des refus de relation, à des jalousies ou à des conflits conjugaux.


Selon des analyses menées par des organisations féministes, plus de 400 cas de féminicides auraient été recensés entre 2022 et 2024 à partir de recherches indépendantes et d’analyses médiatiques.


Toutefois, faute de reconnaissance juridique du terme, ces données ne sont pas officiellement intégrées dans les statistiques nationales.


Face à cette situation, la coalition féministe appelle les autorités ivoiriennes à adopter une loi spécifique reconnaissant le féminicide. Elle recommande également la production de statistiques nationales fiables, le renforcement de la formation des forces de l’ordre sur les violences basées sur le genre et l’intégration de l’éducation aux droits humains dans les programmes scolaires.


 

Pour les militantes, reconnaître juridiquement le féminicide constituerait une avancée majeure dans la lutte contre les violences faites aux femmes.


« Nommer le crime, c’est déjà commencer à le combattre », ont insisté les organisatrices, convaincues qu’une reconnaissance légale permettrait de mieux prévenir ces tragédies et de renforcer la protection des femmes et des filles en Côte d’Ivoire.





Jean Chresus, Abidjan


 
 
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