Côte d'Ivoire : Agriculture ivoirienne, les députés valident trois réformes clés pour dynamiser le foncier et structurer les filières karité et coco
L’Assemblée nationale soutient la modernisation du secteur agricole. La Commission des affaires économiques et financières (Caef) de l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, jeudi 12 mars 2026, trois projets de loi présentés par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Réunis au Palais de l’Assemblée nationale à Abidjan-Plateau, les députés ont donné leur aval à ces textes qui visent à moderniser la gestion du foncier rural et à renforcer l’organisation de certaines filières agricoles stratégiques, notamment le karité et la noix de coco.
Ces projets de loi portent sur la ratification de trois ordonnances relatives à la création du Système d’information du foncier rural de Côte d’Ivoire (Sifor), à l’extension des mécanismes de régulation à certaines filières agricoles et à l’intégration de nouvelles productions dans les dispositifs existants d’encadrement et de commercialisation.
Les trois textes ont été approuvés à l’unanimité des députés présents et représentés, issus des quatre groupes parlementaires de l’Assemblée nationale.
Ce soutien parlementaire conforte la stratégie du gouvernement visant à renforcer la gouvernance du secteur agricole tout en améliorant la traçabilité et la valorisation des productions.
Pour le ministre Bruno Nabagné Koné, ces réformes constituent une étape importante dans la modernisation du secteur et dans la consolidation du rôle de l’agriculture comme moteur de croissance économique.
Parmi les priorités du gouvernement figure la relance de la filière noix de coco, longtemps restée en marge des grandes politiques agricoles. Selon le ministre, cette production occupe pourtant une place importante dans la vie économique et sociale des populations vivant dans les zones côtières.
« Au regard de la place importante qu’occupe le coco dans la vie des populations riveraines de la zone côtière et des nouvelles opportunités du marché, la filière attire de nouveaux investisseurs. L’État doit donc se donner les moyens de la redynamiser afin de se repositionner parmi les grands pays producteurs et transformateurs de noix de coco », a-t-il expliqué.
Dans cette perspective, la filière coco sera intégrée au Conseil des filières hévéa et palmier à huile, conformément aux dispositions de l’ordonnance n°2025-86.
Le gouvernement entend également renforcer l’organisation de la filière karité, dont le potentiel économique demeure largement sous-exploité.
Le projet de réforme prévoit l’intégration de cette filière au Conseil coton-anacarde, qui pourrait voir sa dénomination évoluer afin de refléter cette nouvelle configuration. Cette intégration devrait permettre d’améliorer la structuration de la chaîne de valeur, d’encadrer davantage les activités de production et de commercialisation, et d’accroître la contribution du karité à l’économie nationale.
L’un des volets majeurs de ces réformes concerne la gestion du foncier rural, à travers la création du Système d’information du foncier rural (Sifor). Ce dispositif vise à moderniser l’administration foncière grâce à la dématérialisation des procédures et à la centralisation des données relatives aux terres rurales.
Selon le ministre de l’Agriculture, les procédures actuelles reposent encore largement sur des traitements manuels, ce qui entraîne des délais importants et complique la gestion des informations foncières.
« Le caractère essentiellement manuel des opérations entraîne aujourd’hui des délais plus longs, des coûts plus élevés et des difficultés dans la collecte, la conservation et la production des données foncières », a-t-il souligné devant les députés.
Avec ces trois réformes, le gouvernement entend renforcer la gouvernance du secteur agricole tout en améliorant la valorisation des productions locales.
La modernisation du foncier rural, la structuration des filières karité et coco, ainsi que l’extension des mécanismes de régulation devraient contribuer à dynamiser l’investissement dans l’agriculture et à renforcer la compétitivité de la Côte d’Ivoire sur les marchés internationaux.
Ces projets de loi devront désormais poursuivre leur parcours législatif avant leur adoption définitive en séance plénière à l’Assemblée nationale.
Wassimagnon
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