Côte d'Ivoire : Face au phénomène de la déforestation, les acteurs des secteurs agricoles et forestiers forment un front commun pour changer la donne
Face à une déforestation alarmante et à des enjeux économiques majeurs, les acteurs des secteurs agricole et forestier se sont réunis ce mercredi à Cocody-Attoban, à l’hôtel Manhattan Suites, pour un atelier de haut niveau consacré à la « Synergie entre agriculture et exploitation forestière durables ». Une initiative portée par l’Union des Entreprises du Monde Agricole et Forestier (UNEMAF), en collaboration avec le Syndicat des Producteurs Industriels du Bois (SPIB) et avec le soutien de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI).
La rencontre intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. En un siècle, le couvert forestier ivoirien est passé de 16 millions d’hectares à moins de 3 millions aujourd’hui, soit une perte de plus de 80 %. Si l’agriculture est identifiée comme la principale cause de déforestation, l’exploitation forestière mal encadrée contribue également à la dégradation des écosystèmes.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’UNEMAF, Yoro Bi Tizié, a appelé à une prise de conscience collective : « La solution ne réside pas dans l’opposition entre agriculture et forêt, mais dans leur complémentarité et leur synergie. »
Cet atelier, réunissant près de 60 participants issus de l’administration publique, du secteur privé, des organisations professionnelles et des partenaires techniques et financiers, vise à proposer des solutions innovantes pour une coexistence durable entre les deux secteurs.
Au programme : communications thématiques, partages de bonnes pratiques et panels d’échanges. Les discussions portent notamment sur les interactions entre agriculture et exploitation forestière, les politiques publiques existantes, les contraintes techniques, réglementaires et institutionnelles, les solutions complémentaires à l’agroforesterie.
L’objectif est clair, aboutir à des recommandations concrètes, consensuelles et applicables.
Intervenant également au nom de la CGECI, YORO Bi Tizié a réaffirmé le soutien constant de l’institution aux initiatives de l’UNEMAF. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les deux organisations afin de mieux porter la voix du secteur agricole et forestier au sein du patronat ivoirien.
« Nous veillons à entretenir une véritable fraternité et une complémentarité entre l’UNEMAF et la CGECI. Nous serons toujours attentifs aux préoccupations et aux propositions issues de votre union », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué les efforts récents de coopération internationale, notamment une mission effectuée au Maroc avec le patronat agricole local, illustrant la volonté d’inscrire l’UNEMAF dans une dynamique de partenariats continentaux et mondiaux.
Au-delà des échanges, les organisateurs attendent des résultats concrets : une meilleure compréhension des enjeux, l’identification des obstacles majeurs et surtout l’élaboration d’une feuille de route ambitieuse pour renforcer la synergie entre agriculture et forêt.
Les conclusions de l’atelier seront transmises à la CGECI et aux autorités compétentes, avec l’ambition d’influencer les politiques publiques et les pratiques sectorielles.
Cet atelier marque une étape importante dans la recherche d’un équilibre entre production agricole et préservation des ressources forestières. Pour les participants, il ne s’agit plus seulement de débattre, mais d’agir rapidement et efficacement pour garantir un avenir durable aux générations futures.
Wassimagnon
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