Togo : Visite de la députée Adjamagbo-Johnson interrompue à Dapaong, réactions et appels
Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson (ph)
La députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP opposition), Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, a été contrainte d’écourter sa visite le vendredi 20 mars à Dapaong, au nord du pays.
Dans un communiqué rendu public, la Conférence des présidents de la DMP a annoncé que la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson a été brutalement empêchée d’aller à la rencontre des populations par les forces de l’ordre, sur instructions des autorités locales, notamment le Préfet de Tône et le Gouverneur de la région des Savanes ».
La visite avortée a pour objectif de rendre compte de ses activités à l’Assemblée nationale auprès des populations locales et d’exercer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, conformément aux attributions reconnues aux députés par les textes en vigueur.
L’incident
Pour les faits, l’élue du peuple a publié sur Facebook que le vendredi 20 « mon équipe et moi avons séjourné à Dapaong dans le cadre de l’une de mes missions de parlementaire : rendre compte des activités menées à l’Assemblée nationale à la population et exercer un contrôle sur l’action gouvernementale ».
Sur les difficultés rencontrées à Dapaong, la députée de l’opposition a expliqué que « Bien que toutes les dispositions aient été prises pour informer les autorités gouvernementales et locales de cette mission, il nous a été interdit de nous rendre sur certains chantiers en souffrance. Nous avons ensuite été sommés, comme des malfrats de plier nos bagages et de quitter Dapaong, sous une forte escorte des forces de l’ordre, jusqu’à la limite de la préfecture de Tône ».
Réactions et appels
Réagissant sur cette entrave de visite à Dapaong, la DMP a dénoncé ce qu’il considère comme une volonté de cacher la réalité aux Togolais.
Dans sa déclaration, la DMP dénonce une « obstruction » à l’exercice du mandat parlementaire et s’interroge sur les motivations des autorités locales. Elle estime que cette situation pourrait traduire une volonté d’empêcher la diffusion d’informations sur la réalité des projets publics dans la région.
Face à cette situation, cette entité de l’opposition togolaise, demande la levée immédiate de toute restriction visant la députée et sa délégation et appelle les populations à rester vigilantes et à se mobiliser en faveur du respect des droits démocratiques.
De son côté, le député Professeur Tchaboure Aimé Gogué, qui est le président du parti ADDI, a condamné cet incident et a estimé qu’il « ne respecte aucun texte et confirme l’idée que l’on a de ce régime : l’habitude de ne respecter aucune loi ! ».
Prof Gogué a indiqué avoir saisi « les deux premiers responsables des deux Chambres du Parlement ainsi que le Gouverneur de la Région des Savanes pour avoir des explications sur ce comportement hors la loi des FDS ».
Au-delà de ces réactions, cette affaire soulève des questions sur des restrictions qui seraient dues à l’état d’urgence sécuritaire dans le nord du pays mais aussi le fonctionnement des institutions démocratiques.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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