Côte d'Ivoire : Identité numérique en Afrique, Tiémoko Koné Meyliet défend une approche fondée sur la confiance et la protection des données personnelles
À l’occasion de la 12e Assemblée générale annuelle de ID4Africa, ouverte ce mardi 12 mai 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, la Côte d’Ivoire s’est affirmée comme l’un des acteurs majeurs de la transformation numérique en Afrique. Pendant quatre jours, Abidjan accueille des délégations ministérielles, des experts de l’identification civile, des partenaires techniques ainsi que des acteurs du numérique venus de tout le continent et d’ailleurs, autour des enjeux liés à l’identité numérique et à la modernisation des services publics.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, en présence du vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, de la ministre d’État Anne Désirée Ouloto, du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.
Dans son allocution, le vice-président ivoirien a salué la forte mobilisation des délégations africaines et internationales, soulignant l’importance stratégique de l’identité numérique dans les politiques publiques modernes. Selon lui, la question de l’identité numérique est désormais au cœur de la gouvernance, de l’inclusion sociale et financière, mais aussi de la sécurisation des échanges économiques.
« Sans identité fiable, il devient difficile de sécuriser les échanges et de bâtir des économies modernes fondées sur la transparence et la crédibilité », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour les États africains de dépasser les systèmes isolés afin de construire des dispositifs intégrés, plus efficaces et bénéfiques pour les populations.
Pour Tiémoko Meyliet Koné, l’identité numérique constitue également un puissant levier de développement territorial et économique. Grâce à une meilleure connaissance des populations et de leurs besoins, les États pourront orienter plus efficacement leurs politiques publiques et renforcer l’organisation équilibrée des territoires en lien avec les pôles économiques régionaux.
Il a également plaidé pour une approche fondée sur la confiance et la protection des données personnelles. Selon lui, les citoyens doivent avoir l’assurance que leurs droits sont respectés et que les systèmes mis en place reposent sur des règles transparentes et crédibles.
Le vice-président a par ailleurs, insisté sur la dimension inclusive de l’identité numérique, qui doit permettre à chaque citoyen d’accéder aux services de base et de participer pleinement à la vie économique et sociale. Il a enfin, appelé au renforcement de la coopération entre les États africains afin de faciliter la mobilité des populations, sécuriser les échanges et soutenir l’intégration régionale.
« L’Afrique possède aujourd’hui tous les leviers pour concevoir un système d’identité innovant en adéquation avec ses réalités. Nos pays ne doivent plus être de simples utilisateurs de solutions conçues ailleurs », a-t-il affirmé.
Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a rappelé que le thème retenu cette année à savoir : « Identité numérique : des infrastructures publiques numériques aux écosystèmes publics numériques », s’inscrit pleinement dans la vision portée par la Côte d’Ivoire.
Selon lui, l’identité ne peut plus être considérée comme un simple outil administratif, mais comme une infrastructure stratégique au service de la gouvernance, de la sécurité, de l’inclusion sociale et du développement économique.
Le ministre a mis en avant les réformes engagées par la Côte d’Ivoire sous l’impulsion du président de la République. Celles-ci reposent sur trois piliers essentiels que sont, la modernisation de l’état civil, l’identification fiable des personnes et la digitalisation progressive des services publics.
Il a notamment évoqué les efforts entrepris pour moderniser l’état civil ivoirien afin de garantir à chaque enfant né en Côte d’Ivoire une existence juridique dès sa naissance.
Concernant l’identification des citoyens, Vagondo Diomandé a souligné les avancées réalisées grâce à la mise en place d’un système moderne de production de titres sécurisés conformes aux standards internationaux. La nouvelle carte nationale d’identité intègre désormais des mécanismes avancés de sécurisation documentaire ainsi que des données biométriques renforçant la fiabilité de l’identité et la lutte contre la fraude documentaire.
Parallèlement, le Registre national des personnes physiques poursuit sa transformation, afin de constituer un socle durable d’identité unique et authentifiable. Ces progrès produisent déjà des résultats importants sur le plan sécuritaire, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les crimes transnationaux, a indiqué le ministre.
Malgré ces avancées, les autorités ivoiriennes reconnaissent que plusieurs défis restent à relever, notamment en matière de couverture universelle, d’inclusion des populations vulnérables, d’interconnexion des bases de données, de cybersécurité, de formation des compétences locales et de financement durable.
De son côté, le président-directeur général de ID4Africa, Joseph Atick, a exprimé sa gratitude à la Côte d’Ivoire pour son accueil chaleureux et son engagement en faveur du développement des systèmes d’identité numérique sur le continent.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par plusieurs panels de haut niveau, notamment l’intervention du directeur général de l’Office National de l'État Civil et de l'Identification, Ago Christian Kodja.
La 12e Assemblée générale annuelle de ID4Africa se poursuivra jusqu’au 15 mai 2026 à Abidjan, avec plusieurs conférences, panels et rencontres consacrés à l’avenir de l’identité numérique en Afrique.
Wassimagnon
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