Côte d'Ivoire : Gagnoa, l'akpi, une production accélérée en moins de dix ans, une innovation prometteuse
Le promoteur et ses collaborateurs sur la parcelle (.ph KOACI.)
À huit kilomètres de Gagnoa, une avancée agricole majeure est en train de voir le jour. Sur une parcelle expérimentale, l’entreprise nommée Akomi Industrie, dont le promoteur est le jeune entrepreneur Marius ALLAMOUA Dangoté, affirme avoir réussi à réduire considérablement le cycle de production de l’akpi, une culture essentielle en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest. Traditionnellement, l’akpi, issu du Ricinodendron heudelotii, nécessite entre 10 et 20 ans, voire jusqu’à 30 ans, avant de produire de manière significative. Ce long délai constitue un frein important pour les producteurs.
Cependant, grâce à des techniques innovantes, Akomi Industrie annonce aujourd’hui une première récolte possible dès la 4ᵉ année, soit une production complète en moins de dix ans. Cette performance repose sur plusieurs leviers agronomiques : la mise en œuvre d'un plan de compostage , la sélection de plants précoces et robustes ou des semis , un système de greffage performant, l’amélioration de la qualité des sols, une fertilisation adaptée ainsi qu’un suivi technique rigoureux. Sur le terrain, les premiers résultats sont jugés très encourageants. « Les plants produisent bien plus tôt que prévu », confient les techniciens impliqués dans le projet.
L’akpi occupe une place importante dans les habitudes alimentaires et culturelles. Utilisé dans la préparation de sauces, mais aussi dans les domaines cosmétique et médicinal, il bénéficie d’une forte demande sur les marchés locaux et sous-régionaux.
Cette innovation pourrait donc répondre à un besoin croissant tout en améliorant la rentabilité pour les producteurs. Pour les agriculteurs, les perspectives sont particulièrement intéressantes. Une réduction du temps d’attente avant les premières récoltes signifie un accès plus rapide aux revenus. Elle permet également une meilleure intégration de l’akpi dans les systèmes de cultures mixtes, tout en favorisant la diversification des sources de revenus.
Si ces résultats se confirment à grande échelle, cette initiative pourrait contribuer à structurer une véritable filière akpi en Côte d’Ivoire, allant de la production à la transformation, jusqu’à la commercialisation. Akomi Industrie poursuit ses essais afin de consolider ces performances et envisage, à terme, de mettre ses techniques à la disposition des producteurs. Une ambition qui pourrait transformer durablement cette ressource forestière en un levier de développement économique pour les zones rurales.
Ainsi, à proximité de Gagnoa, l’akpi s’impose peu à peu comme une culture d’avenir, désormais plus rapide et plus accessible.
T..K.Emile
tkemile@koaci.com
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