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À l’occasion de la Journée du souvenir et de l’engagement en mémoire des victimes innocentes de la criminalité organisée, célébrée chaque 21 mars à l’initiative de l’association italienne Libera, la Confédération des organisations des victimes des crises survenues en Côte d'Ivoire (COVICI) a organisé, ce mardi 24 mars, une rencontre de réflexion à la Conférence Épiscopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO), à Cocody Aghien.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer visant à renforcer la prise en compte des victimes des crises ivoiriennes dans les politiques publiques, notamment en matière de justice et de réparation. Elle a permis aux acteurs présents de réfléchir aux stratégies susceptibles de mieux faire entendre la voix des victimes, tant au niveau national qu’international.
Pour l’édition 2026, Libera, réseau engagé dans la promotion de la justice sociale, de la vérité et des droits humains, a mis à l’honneur deux pays d’Afrique de l’Ouest à savoir, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Ces pays sont représentés respectivement par la COVICI et l’organisation ghanéenne Welfare of Children and Youth Association (WCYA), toutes deux membres de la plateforme PLACE (Peace and Liberation in Africa through Change and Engagement).
Malgré des contextes différents, ces deux nations ont été invitées à nourrir une réflexion commune autour des victimes innocentes, de la justice régénérative et des réponses à apporter face aux conséquences des crises et des violences.
Présidant la rencontre, Seydou Toé, président du conseil d’administration de la COVICI, a souligné l’importance de cette journée commémorative, organisée en partenariat avec Libera, qui collabore avec la confédération depuis cinq ans.
Selon lui, cette initiative constitue une opportunité majeure pour porter les préoccupations des victimes auprès des autorités ivoiriennes.
« Nous saisissons toutes les occasions pour faire entendre la voix des victimes sur les plans national et international », a-t-il affirmé.
Il a notamment insisté sur les défis persistants auxquels font face les victimes, en particulier leur insertion socio-économique, leur autonomisation et leur prise en charge psychosociale.
« La guerre est finie, mais elle a laissé des séquelles. Il est essentiel de mettre en place des dispositifs d’accompagnement adaptés », a-t-il ajouté.
Au cœur des préoccupations évoquées, figure également le blocage du processus d’indemnisation des victimes. Seydou Toé a déploré l’arrêt de plusieurs mécanismes de soutien, notamment la distribution de chèques, la prise en charge des orphelins et les activités génératrices de revenus pour les femmes notamment.
Il a ainsi appelé les autorités à clarifier les raisons de cette situation et à relancer le processus de réparation, rappelant les engagements financiers annoncés par l’État.
L’événement a été marqué par une conférence animée par Ibrahim Bamba, juriste et consultant, autour du thème : « De la justice réparatrice à la justice régénérative des victimes de conflits armés : approches, défis et opportunités ».
Dans son intervention, il a établi une distinction entre la justice réparatrice, centrée sur l’indemnisation et la restitution des droits, et la justice régénérative, qui va plus loin en s’attaquant aux causes profondes des injustices. Cette dernière vise une transformation durable des institutions et des structures sociales, afin de prévenir la répétition des conflits et de construire une paix pérenne.
Au-delà de la commémoration, cette rencontre se veut un véritable plaidoyer en faveur d’une approche holistique de la réparation des victimes. Les participants ont insisté sur la nécessité d’intégrer les dimensions économiques, sociales et psychologiques dans les mécanismes d’accompagnement.
L’objectif final reste clair, favoriser une reconstruction durable des victimes et contribuer à une réconciliation nationale solide, fondée sur la justice, la reconnaissance et l’inclusion.
À travers cette initiative, la COVICI et ses partenaires réaffirment leur engagement à œuvrer pour une société plus juste, où les victimes occupent pleinement leur place dans le processus de paix et de développement.
Wassimagnon
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