Côte d'Ivoire : Aboisso, des acquéreurs de Yao Balnéaire et Ekressinville dénoncent une expropriation imminente et saisissent le gouvernement
La tension monte autour des sites de Yao Balnéaire et Ekressinville, situés dans la localité de Yaou, sur l’axe reliant Grand-Bassam à Aboisso. Acquéreurs de lots, opérateurs économiques et aménageurs fonciers dénoncent une tentative d’expropriation qu’ils jugent illégale et appellent à une intervention urgente des autorités ivoiriennes.
Réunis lors d’une conférence de presse le 7 mars 2026, ces acteurs ont exprimé leur vive inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de leurs droits fonciers légalement acquis.
Porte-parole des acquéreurs, Me Marcel Djogbenou a tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, des modifications en cours des documents administratifs relatifs aux lotissements notamment les guides menacent directement les droits des propriétaires.
« La situation est très alarmante. Les guides des lotissements Yao Balnéaire et Ekressinville sont remplacés sans tenir compte des ACD délivrés ni des constructions déjà réalisées sur le site », a-t-il déclaré.
L’avocat affirme que ces changements sont engagés sans consultation des acquéreurs, alors même que plusieurs d’entre eux disposent de titres fonciers en règle.
Au cœur de la controverse, un différend ancien opposant les acquéreurs soutenus par la famille Vonan’MlHeivet aux ayants droit de feu Mathurin Ekressin. Ce litige avait été porté devant la justice et tranché par une décision définitive de la Cour de cassation, connue sous le nom d’« arrêt 509 ».
Selon Me Djogbenou, cette décision porte sur une parcelle de 1 200 hectares et ne concerne en aucun cas les 92 hectares sur lesquels sont implantés les lotissements de Yao Balnéaire et Ekressinville, issus d’un domaine plus vaste de 1 292 hectares appartenant à la famille Vonan’MlHeivet.
« Cette décision, rendue en dernier ressort, ne fait aucune mention de lotissement ni de modification de guide. Nous ne comprenons pas sur quelle base elle est aujourd’hui invoquée pour justifier ces changements », a-t-il insisté.
Crainte d’une expropriation illégale
Face à cette situation, les acquéreurs dénoncent une tentative d’expropriation déguisée et réclament le respect strict des décisions judiciaires ainsi que de leurs droits de propriété.
Ils appellent à l’intervention du Premier ministre Robert Beugré Mambé afin de faire toute la lumière sur ce dossier et de garantir la sécurité juridique des investissements réalisés.
Les plaignants ont également directement interpellé le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Moussa Sanogo, sur ce qu’ils qualifient de pratiques préjudiciables.
Selon eux, cette situation porte atteinte à la crédibilité de l’administration foncière ivoirienne et pourrait fragiliser la confiance des investisseurs dans le secteur immobilier.
Au-delà de leur cas particulier, les acquéreurs entendent alerter sur les risques liés à l’insécurité foncière en Côte d’Ivoire, notamment dans les zones en forte expansion urbaine.
Ils demandent aux autorités administratives et judiciaires de prendre des mesures urgentes pour clarifier la situation, stopper toute procédure contestée et garantir la protection des droits légalement établis.
Dans l’attente d’une réaction officielle du gouvernement, la crise foncière à Yao Balnéaire et Ekressinville continue de susciter inquiétudes et tensions parmi les investisseurs et les populations concernées.
Wassimagnon
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