Côte d'Ivoire : Bouaké, un projet de recherche pour renforcer la lutte contre la criminalité financière et le terrorisme lancé à l'UAO
Des participants (.ph KOACI.)
La salle du Conseil du campus 1 de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, a servi de cadre ce mercredi 25 mars 2026, au lancement officiel d’un projet de recherche consacré à la lutte contre la criminalité financière et le terrorisme en Côte d’Ivoire. Portée par le Laboratoire d’Études Politiques Africaines et Comparées (LEPAC), cette initiative vise à apporter des réponses scientifiques et opérationnelles à un phénomène en pleine expansion, dans un contexte géopolitique international marqué par l’insécurité et la multiplication des conflits.
Face à la recrudescence du blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, particulièrement en Afrique de l’Ouest, ce projet entend analyser les causes profondes de ces fléaux, identifier les facteurs qui les favorisent et proposer des solutions concrètes pour renforcer les dispositifs existants. D’une durée de trois ans, il s’inscrit dans le cadre du programme « Soutien aux actions d’intégrité financière en Côte d’Ivoire (SAIF-CI) », financé par l’Union Européenne (UE) et mis en œuvre par Expertise France.
L’un des axes majeurs du projet repose sur l’implication des milieux universitaires et scientifiques dans la prévention et la lutte contre ces infractions. À travers la production d’articles scientifiques et de notes stratégiques (policy briefs), les chercheurs ambitionnent de contribuer à l’amélioration du dispositif ivoirien de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes (LBC/FT/FP), tout en abordant des problématiques connexes telles que la corruption, les crimes environnementaux, la fraude ou encore le trafic de stupéfiants.
Le professeur Ousmane Zina, directeur du LEPAC et coordonnateur du projet LBC/FT, a rappelé qu' « En 2014, la Côte d’Ivoire a mis en place un ensemble de dispositifs pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cependant, malgré ces réformes, le pays a été inscrit en 2024 sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). L’objectif de ce projet est d’analyser les forces et les faiblesses de ces dispositifs et de proposer des mécanismes de renforcement en vue du retrait de la Côte d’Ivoire de cette liste. »
Il a ensuite souligné que « Le blanchiment d’argent fait perdre plusieurs milliards aux économies africaines et fragilise leur stabilité. Il s’opère à travers divers canaux, tels que le rachat d’entreprises, les paris sportifs ou encore les placements boursiers », a-t-il expliqué, tout en précisant que ces pratiques alimentent l’insécurité et les réseaux criminels.
Prenant la parole, le représentant d’Expertise France, Quentin Sagot, chef du projet « Soutien aux actions d’intégrité financière en Côte d’Ivoire », s'est prononcé. « La lutte contre la criminalité financière est une responsabilité collective. C’est ensemble que nous trouverons les voies et moyens pour faire face efficacement à ce fléau qui entraîne d’importantes pertes pour nos économies. Des actions conjointes sont donc indispensables », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de son institution à accompagner techniquement les autorités ivoiriennes.
Le président de l’UAO, le professeur Kouakou Koffi, a rappelé que cette action s’inscrit dans la vision du Président de la République. « Lors de son discours à la Nation, le Président de la République, Alassane Ouattara, a placé la lutte contre le blanchiment de capitaux et le terrorisme au cœur de ses priorités. La Côte d’Ivoire est confrontée à une fuite de capitaux qui nécessite le renforcement des mécanismes de contrôle. Ce projet est donc le bienvenu et nous sommes heureux d’y prendre part », a-t-il déclaré.
Au-delà de son ambition scientifique, ce projet se veut un cadre d’échanges entre chercheurs, décideurs publics, professionnels et étudiants. Il vise également à renforcer la coopération entre institutions nationales et partenaires internationaux, dans la perspective d’une réponse plus efficace et durable à la criminalité financière en Côte d’Ivoire.
T..K.Emile
tkemile@koaci.com
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