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Cameroun : Le parlement adopte la révision constitutionnelle créant le poste de vice-président de la République
 

Cameroun : Le parlement adopte la révision constitutionnelle créant le poste de vice-président de la République

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 04 avril 2026 - 18:21


Réuni en Congrès ce samedi dans une atmosphère de haute tension politique, le parlement - députés et sénateurs confondus- a adopté à une majorité écrasante la révision constitutionnelle instituant le poste de vice-président de la République. Un vote historique, mais loin d'être unanime.


Sur 222 votants, le résultat final s'établit à 205 voix pour, 16 voix contre et 3 bulletins nuls, actant l'adoption de l'article 1 du projet de loi de révision constitutionnelle. Les chiffres traduisent une adhésion formellement écrasante, mais ils masquent mal les profondes tensions qui ont traversé les couloirs du parlement avant, pendant et après le scrutin.



C'est le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Laurent Esso qui a porté ce texte devant le congrès, entouré d'une délégation ministérielle de poids : le ministre délégué auprès du ministre de la justice, Dr Momo Jean de Dieu, le Secrétaire d'État chargé de l'administration pénitentiaire, M. Dooh Jérôme Penbaga, ainsi que le ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les Assemblées, Dr François Bolvine Wakata. Malgré quelques « frayeurs » selon les observateurs présents dans l'hémicycle, la loi a finalement été défendue avec succès.


Nouveauté 


Jusqu'à ce jour, la Constitution camerounaise désignait le président du Sénat comme successeur constitutionnel par intérim en cas de vacance du pouvoir. Ce schéma est désormais révolu. Le vice-président, qui sera nommé directement par le Président de la République, sera appelé à exercer les fonctions présidentielles jusqu'au terme du mandat en cours en cas de décès, de démission ou d'empêchement définitif du chef de l'État.



 

Pour la majorité présidentielle, cette réforme est présentée comme une nécessité de stabilisation institutionnelle. Pour le pouvoir, le recours au Congrès montre l'ambition de conférer à cette réforme une légitimité constitutionnelle incontestable.



Voix discordantes


Mais la journée n'a pas appartenu qu'aux partisans du texte. Plusieurs figures politiques se sont distinguées par leur opposition, parfois frontale.


Issa Tchiroma Bakary a dénoncé ce qu'il perçoit comme un glissement vers une « dérive monarchique » et un démantèlement des institutions républicaines. Pour lui, la nomination d'un Vice-Président sonne comme le « sceau final d'une transition dynastique ».


Maurice Kamto, président national du Mouvement pour a renaissance du Cameroun (Mrc) n'a pas mâché ses mots non plus, allant jusqu'à qualifier la révision constitutionnelle et la prorogation des mandats de véritable « naufrage constitutionnel et politique », refusant d'y voir une évolution, mais bien une régression.


Le Social Democratic Front (SDF) a, quant à lui, opté pour une posture de rupture radicale. Son leader parlementaire Joshua Osih a officialisé le boycott de la plénière par l'ensemble du groupe parlementaire SDF, exprimant ainsi son rejet d'une procédure jugée unilatérale -non par des mots en tribune, mais par un acte de retrait symbolique et politique fort.


Des fissures au sein même du RDPC


 

Plus surprenant encore, la contestation a émergé au cœur du parti au pouvoir lui-même. René Ze Nguelé, ancien ministre et sénateur du Haut-Nyong, pilier du RDPC, a publiquement mis en cause la méthode employée par la hiérarchie parlementaire. S'adressant directement au Président de l'Assemblée nationale, il a lancé sans détour : « La précipitation avec laquelle vous conduisez cette réforme est suspecte ! » — une phrase qui résume à elle seule le malaise d'une partie du parti face à la rapidité d'un processus engageant l'avenir institutionnel du pays.


Plus radical encore dans son geste, le sénateur du Fako et figure influente du Sud-Ouest, Charles Mbella Moki, a refusé de prendre part au vote, marquant ainsi son opposition par l'abstention la plus visible qui soit.


Au-delà des chiffres et des postures, c'est l'avenir institutionnel du Cameroun qui se joue. La création du poste de Vice-Président redessine la cartographie du pouvoir au sommet de l'État et ouvre une ère nouvelle, encore chargée d'interrogations : qui sera ce Vice-Président ? Quelles seront réellement ses prérogatives au quotidien ? Dans quel délai sera-t-il nommé ? Autant de questions qui alimenteront le débat politique dans les semaines à venir.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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