Côte d'Ivoire : Le PPA-CI dénonce la nomination "d'un militant du RHDP" à la tête du CNDH-CI et une école génératrice d'inégalités
Justin Koné Katinan (Ph Koaci)
Réuni ce jeudi 16 avril 2026 au siège du parti à Cocody, Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI fondé par Laurent Gbagbo, a animé une tribune au cours de laquelle il a vivement critiqué la gouvernance actuelle du RHDP.
Deux grands axes ont structuré son intervention : la gestion des droits de l’homme et la critique du système éducatif ivoirien.
Sur la question des droits de l’homme, Koné Katinan a accusé le pouvoir en place d’avoir engagé, depuis 2011, une « croisade » contre les libertés publiques et les acquis démocratiques.
Le parti fondé par Gbagbo s’insurge particulièrement contre la nomination de Christian Adjelou à la tête du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH-CI), dénoncée également par plusieurs organisations de la société civile.
Selon ces dernières, cette désignation viole des dispositions essentielles de la loi encadrant l’institution, notamment en matière de représentativité de genre et d’exigence d’impartialité. Le vice-président du PPA-CI estime que l’engagement politique affiché du nouveau président, connu pour sa proximité avec le RHDP, compromet la crédibilité et l’indépendance de l’institution chargée de défendre les droits des citoyens.
Dans cette logique, le PPA-CI considère que cette nomination illustre un mépris plus large des normes juridiques et démocratiques. Il a annoncé son intention de saisir des instances internationales telles que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme afin de contester cette décision. Le PPA-CI appelle également les autres acteurs de la société civile à entreprendre des démarches similaires.
Le second volet de la tribune a été consacré à l’analyse du système éducatif ivoirien, que le parti juge profondément inégalitaire. Malgré une amélioration du taux de réussite au baccalauréat entre 2024 et 2025, passant de 34,17 % à 40,15 %, le PPA-CI estime que ces résultats masquent des déséquilibres structurels préoccupants. Il met en cause une gouvernance centralisée, concentrant ressources et performances dans les grandes villes comme Abidjan, Yamoussoukro et Bouaké, au détriment des régions de l’intérieur. Cette disparité géographique, marquée par un écart significatif de réussite entre zones urbaines et rurales, est présentée comme un facteur aggravant des inégalités sociales.
Le parti dénonce également l’absence de planification stratégique et le manque de régulation du secteur éducatif privé. Il pointe une prolifération d’établissements qualifiés « d’usines à diplômes », souvent dépourvus de moyens pédagogiques adéquats, mais bénéficiant pourtant de subventions publiques importantes. Selon les chiffres avancés, plusieurs dizaines d’écoles privées continuent d’enregistrer des taux de réussite nuls tout en poursuivant leurs activités, ce que le PPA-CI attribue à un laxisme de l’État.
Paradoxalement, le parti souligne que l’enseignement public, bien que sous-financé et confronté à des conditions difficiles — classes surchargées, manque d’infrastructures et démotivation des enseignants —, affiche de meilleurs résultats que le privé. Cette situation, selon lui, met en évidence un déséquilibre profond dans les priorités de l’État et une gestion inefficace des ressources.
Au niveau régional, la Côte d’Ivoire apparaît en retrait par rapport à plusieurs pays de l’espace CAMES en termes de taux de réussite au baccalauréat, ce qui interroge sur la qualité globale du système éducatif national. Pour y remédier, le PPA-CI propose une série de mesures radicales, parmi lesquelles un renforcement massif des investissements dans les zones défavorisées, un encadrement strict du secteur privé, la création d’une autorité indépendante de régulation et une revalorisation significative du statut des enseignants.
En conclusion, le parti dresse un constat sévère de la gouvernance actuelle, qu’il juge responsable d’un affaiblissement des institutions démocratiques et d’une aggravation des inégalités sociales, notamment à travers l’école. Pour le PPA-CI, une réforme profonde et urgente s’impose afin de restaurer l’équité, la justice et la confiance dans les institutions de la République.
Jean Chresus, Abidjan
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