Côte d'Ivoire : Santé maternelle et néonatale, l'État renforce son dispositif avec deux nouvelles unités de soins “Mère Kangourou” à Bodo et Tiassalé
Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a procédé, ce jeudi, à l’inauguration de deux unités de Soins Mère Kangourou (SMK) à l’Hôpital Saint Jean-Baptiste de Bodo et à l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Tiassalé, accompagnée de la remise d’un stock initial de médicaments essentiels.
La cérémonie, marquée par une forte mobilisation des autorités administratives, sanitaires et des partenaires techniques et financiers, a été présidée au nom du ministre Pierre N’Gou Dimba par son directeur de cabinet adjoint, le Professeur Soro Kountélé Gona.
Dans son allocution, le ministre de la Santé, à travers son représentant, a rappelé les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire ces dernières années en matière de santé maternelle et infantile, tout en soulignant les défis persistants. Le taux de mortalité maternelle est passé de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012 à 385 en 2021. La mortalité infanto-juvénile a également reculé, passant de 96‰ à 74‰ sur la même période, tandis que la mortalité néonatale est descendue à 30 pour 1 000 naissances vivantes.
Malgré ces avancées, les autorités sanitaires restent mobilisées pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, notamment ramener la mortalité maternelle en dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes.
« L’intensification des soins obstétricaux et néonataux d’urgence, ainsi que l’introduction de solutions innovantes comme la carbétocine thermostable et l’acide tranexamique, constituent des leviers essentiels pour sauver des vies », a indiqué le représentant du ministre.
Les unités de Soins Mère Kangourou représentent une approche à fort impact pour la survie des nouveau-nés prématurés ou de faible poids. Cette méthode consiste à maintenir le bébé en contact peau à peau avec sa mère, favorisant ainsi la régulation thermique, l’allaitement et le développement du nourrisson.
Introduite en Côte d’Ivoire en 2019, cette technique a déjà démontré son efficacité. Selon les données officielles, 7 053 nourrissons sur 7 741 pris en charge ont survécu, soit un taux de succès de 91 %.
Avec l’ouverture des unités de Bodo et Tiassalé, le pays poursuit l’extension de ce dispositif, portant à 25 le nombre total d’unités SMK sur le territoire.
La mise en place de ces infrastructures et la dotation en médicaments essentiels ont été rendues possibles grâce à l’appui de partenaires internationaux, notamment l’UNICEF et l’UNFPA.
Prenant la parole au nom des deux agences onusiennes, leur représentant, Jean François Basse, représentant résident de l'UNICEF en Côte d'Ivoire a salué « un partenariat solide et engagé » avec le gouvernement ivoirien, visant à garantir qu’« aucune femme ne meure en donnant la vie et qu’aucun nouveau-né ne soit privé d’une chance de survie ».
Il a également mis en avant les progrès réalisés, notamment l’augmentation du taux d’accouchements assistés par un personnel qualifié, passé de 71,5 % en 2020 à plus de 94 % en 2024.
Toutefois, Jean François Basse, représentant résident de l'UNICEF en Côte d'Ivoire a alerté sur la persistance de défis, en particulier la prématurité, qui représente encore 31,6 % des décès néonatals.
En amont de cette inauguration, une session de formation s’est tenue du 13 au 17 avril 2026 au profit des agents de santé des deux établissements concernés. Cette formation a porté sur, la prise en charge des nouveau-nés prématurés, la mise en œuvre des soins Mère Kangourou, la gestion de l’hémorragie du post-partum, principale cause de mortalité maternelle.
Les participants ont alterné entre sessions théoriques et exercices pratiques, incluant des simulations sur mannequins et la préparation des unités SMK.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à renforcer le système de santé et à rapprocher les services des populations, notamment les plus vulnérables.
Le ministre a exprimé la reconnaissance de l’État ivoirien à l’ensemble des partenaires, dont la France, l’Ordre souverain de Malte, l’OMS, ainsi que les ONG et fondations impliquées.
Il a également exhorté les professionnels de santé à maintenir leur engagement : « La qualité des soins et la mobilisation du personnel restent les piliers de notre politique sanitaire. »
Pour terminer, les autorités ont invité les populations locales, notamment les femmes enceintes et les jeunes mères, à s’approprier ces nouvelles infrastructures.
« Ces unités sont les vôtres. Prenez-en soin et fréquentez nos établissements de santé », a lancé le représentant du ministre, appelant à une collaboration étroite entre communautés et professionnels de santé.
Wassimagnon
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