Cameroun : Le torchon brûle définitivement entre le MANIDEM et Issa Tchiroma Bakary
Dans un communiqué publié le 6 mai 2026, le bureau politique du Mouvement Africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), a officialisé sa séparation d'avec l'ex-allié, l'accusant de double jeu au profit du régime en place.
Elément détonateur, les funérailles d'Anicet Ekane
Tout est parti d'une publication anodine en apparence. Le 5 mai 2026, Issa Tchiroma Bakary diffuse sur ses réseaux sociaux le programme des obsèques d'Anicet Ekane - figure historique de l'opposition camerounaise qui, selon le Manidem a été « assassiné par le Rdpc au pouvoir » - en appelant les Camerounais à se mobiliser massivement pour « accompagner ce héros national ».
Pour le bureau politique du Manidem, ce geste dépasse le simple hommage funèbre. Il est lu comme un acte politique délibéré : celui d'un homme qui aurait choisi son camp, au mauvais moment et du mauvais côté.
Trahison annoncée, selon le Manidem
Le mouvement confie que cette rupture ne constitue pas une surprise totale. Depuis l'arrestation puis le décès d'Anicet Ekane, toutes les tentatives de dialogue avec M. Tchiroma se seraient heurtées à un mur de silence. Le parti affirme avoir longtemps tu ces tensions pour ne pas démobiliser les partisans du changement. Mais face à ce qu'il qualifie de « coup de poignard dans le dos » rendu public, il estime que le silence n'est plus tenable.
Le communiqué va plus loin en situant ce comportement dans ce qu'il appelle la « tradition des politiques de la famille aujoulatiste », marquant ainsi une distance idéologique profonde et assumée.
Pour rappel, le Manidem a investi Maurice Kamto comme son candidat à la présidentielle d'octobre 2026.
Boycott et mobilisation
En guise de réponse, le MANIDEM lance un double appel. D'une part, il enjoint le peuple camerounais à ne pas assister aux cérémonies funèbres organisées sous l'égide du RDPC, estimant qu'y participer reviendrait à cautionner « l'humiliation » du défunt Anicet Ekane. D'autre part, il réaffirme sa conviction que seule une mobilisation populaire structurée autour d'un programme transpartisan minimal permettra de mettre fin à ce qu'il nomme le « régime néocolonial » qui gouverne le Cameroun.
Le parti assure par ailleurs vouloir continuer à œuvrer avec toutes les forces politiques qui adhèrent au projet de l'Union Pour le Changement -excluant désormais explicitement Issa Tchiroma de ce cercle.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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