Côte d'Ivoire : Gbêkê, le ministre Assahoré refuse la zizanie des chefs Gblo et réaffirme l'autorité de Nanan N'Goran Koffi II
Assahoré Konan Jacques (ph)
24h après la motion de protestation qui qualifiait Nanan N’Goran Koffi II de « Plus Grand Diviseur Commun », le ministre des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques, est monté au créneau. Dans un communiqué publié ce jeudi 04 juin 2026 dont KOACI a reçu copie, le président du Conseil Régional de Gbêkê, condamne la sortie des chefs de Diabo et Languibonou et rappelle la légitimité du président régional de la Chambre des Rois.
Le ministre des Eaux et Forêts ne laisse pas la fronde sans réponse. Assahoré Konan Jacques, également député élu de Diabo-Languibonou et président du Conseil Régional de Gbêkê, a publié ce jeudi un communiqué cinglant pour recadrer les chefs coutumiers des cantons de Diabo et Languibonou. La veille, ces derniers avaient diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux une motion de protestation au vitriol contre Nanan N’Goran Koffi II, président régional de la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels du Gbêkê. Ils l’accusaient d’ingérences, le qualifiaient de « plus Grand Diviseur Commun » et lui retiraient « tout crédit et toute confiance ».
Le ministre Assahoré Konan Jacques dit avoir pris connaissance de la déclaration « avec beaucoup de regret ». En tant qu’élu local, membre du Gouvernement, président de région et « fils Gblo », il marque sa « totale désolidarisation d’avec cette démarche qui ne correspond ni à nos valeurs, ni à nos traditions, ni à la manière dont les différends ont toujours été réglés au sein de nos communautés ».
Le ministre rappelle que Nanan N’Goran Koffi II « tire sa légalité et sa légitimité d’une décision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Alassane Ouattara, qui l’a nommé ès qualités pour assumer cette importante responsabilité ».
Pour le Président du conseil régional de Gbêkê, la procédure suivie par les chefs n’est pas la bonne. « Toute préoccupation, tout grief ou toute contestation concernant l’exercice de ses fonctions doit être porté devant les instances compétentes, dans le respect des textes en vigueur et des usages qui régissent notre chefferie traditionnelle », martèle-t-il. Il « condamne avec la plus grande fermeté cette sortie publique dont la forme et le canal choisis ne contribuent ni à la préservation de la cohésion sociale, ni au respect dû à nos institutions traditionnelles ». Et de tacler, notant que « Les réseaux sociaux, bien qu’étant aujourd’hui des outils modernes de communication, ne sauraient se substituer aux mécanismes de dialogue, de médiation et de règlement des différends consacrés par nos us et coutumes ».
Le président du Conseil Régional en appelle au « sens de responsabilité des auteurs de cette déclaration afin qu’ils reviennent à la raison et privilégient les voies de concertation, de dialogue et de sagesse qui ont toujours caractérisé les peuples du Gbêkê ». « Notre région a besoin d’unité, de respect mutuel et de rassemblement autour de ses valeurs fondamentales, et non de divisions exposées sur la place publique », insiste le ministre. Il se dit « convaincu que la sagesse de nos chefs, de nos notabilités et de nos cadres permettra de préserver la paix, l’harmonie et la dignité de nos institutions traditionnelles ».
Ce communiqué met dos à dos deux légitimités, notaire celle des chefs de cantons qui dénoncent des ingérences dans la désignation de leurs chefs de village, et celle du représentant régional nommé par décret présidentiel. Le bras de fer institutionnel dans le Gbêkê est désormais public.
T.K.Emile
tkemile@koaci.com
Ci-dessous le Communiqué
« J’ai pris connaissance avec beaucoup de regret de la déclaration diffusée sur les réseaux sociaux mettant en cause le représentant de la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels de Côte d’Ivoire pour la région du Gbêkê, Nanan N’goran Koffi.
En ma qualité de Député élu, de membre du Gouvernement, de Président du Conseil Régional de Gbêkê et de fils Gblo , je tiens à marquer ma totale désolidarisation d’avec cette démarche qui ne correspond ni à nos valeurs, ni à nos traditions, ni à la manière dont les différends ont toujours été réglés au sein de nos communautés.
Le représentant régional de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels du Gbêkê tire sa légalité et sa légitimité d’une décision de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Alassane Ouattara, qui l’a nommé ès qualités pour assumer cette importante responsabilité. Dès lors, toute préoccupation, tout grief ou toute contestation concernant l’exercice de ses fonctions doit être porté devant les instances compétentes, dans le respect des textes en vigueur et des usages qui régissent notre chefferie traditionnelle.
Je condamne avec la plus grande fermeté cette sortie publique dont la forme et le canal choisis ne contribuent ni à la préservation de la cohésion sociale, ni au respect dû à nos institutions traditionnelles. Les réseaux sociaux, bien qu’étant aujourd’hui des outils modernes de communication, ne sauraient se substituer aux mécanismes de dialogue, de médiation et de règlement des différends consacrés par nos us et coutumes.
J’en appelle au sens de responsabilité des auteurs de cette déclaration afin qu’ils reviennent à la raison et privilégient les voies de concertation, de dialogue et de sagesse qui ont toujours caractérisé les peuples du Gbêkê. Notre région a besoin d’unité, de respect mutuel et de rassemblement autour de ses valeurs fondamentales, et non de divisions exposées sur la place publique.
Je demeure convaincu que la sagesse de nos chefs, de nos notabilités et de nos cadres permettra de préserver la paix, l’harmonie et la dignité de nos institutions traditionnelles.
Que Dieu bénisse le Gbêkê et préserve la paix dans nos villages et nos communautés.
Jacques Assahoré Konan
Ministre des Eaux et Forêts
Président du Conseil Régional de Gbêkê »
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