Côte d'Ivoire : Préserver le patrimoine avant les grands chantiers, une thèse remarquable consacrée à l'archéologie préventive
La recherche scientifique ivoirienne enregistre une nouvelle avancée majeure avec l’accession de Blédou Brou Senen Ehivet au grade de docteure en archéologie préventive. La jeune chercheuse a brillamment soutenu sa thèse ce mercredi au Pôle scientifique et d’innovation de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Bingerville, obtenant à l’unanimité du jury la prestigieuse mention « Très Honorable ».
Cette distinction vient récompenser plusieurs années de recherches consacrées à la protection du patrimoine culturel dans le cadre des grands projets de développement, à travers une étude approfondie menée sur le chantier du barrage hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty, situé dans le centre de la Côte d’Ivoire.
Intitulée « L’aménagement du barrage hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty : un exemple d’archéologie préventive en Côte d’Ivoire », la thèse met en lumière les enjeux de conservation du patrimoine archéologique face aux transformations induites par les projets d’infrastructures modernes.
Les travaux de recherche ont été réalisés dans les localités d’Ahouaty, N’Dénou et Singrobo, dans le département de Taabo, le long du fleuve Bandama. Ils ont notamment été motivés par la découverte de vestiges archéologiques lors des études d’impact environnemental et social préalables à la réalisation du barrage.
À travers cette étude, la chercheuse démontre l’importance de l’archéologie préventive comme outil de protection et de valorisation des traces du passé susceptibles d’être menacées par les aménagements contemporains. Son travail met également en évidence la nécessité d’intégrer systématiquement les investigations archéologiques dans les politiques de développement et les projets d’infrastructures de grande envergure.
La soutenance s’est déroulée devant un jury composé d’éminentes personnalités du monde universitaire ivoirien et burkinabè.
Le jury était présidé par le professeur Aboa Abia Alain Laurent, professeur titulaire de sociolinguistique à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Il comprenait également le professeur Amani Yao Célestin, spécialiste en bio-anthropologie, le professeur Birba Noaga, maître de conférences en archéologie à l’Université Norbert Zongo du Burkina Faso, ainsi que le professeur Angoua Adjé Séverin, maître de conférences en histoire.
La direction scientifique de cette recherche a été assurée par le professeur Kienon Kaboré T. Hélène, professeure titulaire d’archéologie à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Au terme des échanges et de l’évaluation du manuscrit, les membres du jury ont unanimement salué la qualité du travail présenté. Ils ont notamment mis en avant la richesse des données recueillies sur le terrain, la solidité des analyses ainsi que la cohérence de l’argumentation développée par la candidate.
« Le jury, à l’unanimité, vous élève au grade de Docteure en archéologie préventive avec la mention Très Honorable. »
Une annonce accueillie sous les applaudissements nourris de l’assistance composée d’universitaires, de chercheurs, de parents et d’amis venus soutenir la candidate.
Au-delà de sa portée académique, cette recherche souligne le rôle essentiel de l’archéologie préventive dans la préservation de la mémoire collective et des richesses culturelles nationales.
Les résultats présentés montrent notamment comment les investigations archéologiques ordonnées par le ministère de la Culture et de la Francophonie à la suite de découvertes réalisées sur le site du barrage ont permis d’identifier, d’étudier et de documenter plusieurs vestiges d’intérêt patrimonial.
L’étude apporte ainsi une contribution significative à la réflexion sur l’équilibre nécessaire entre modernisation des infrastructures et protection du patrimoine culturel, un défi auquel sont confrontés de nombreux pays en développement.
Émue après la proclamation des résultats, la nouvelle docteure a tenu à exprimer sa profonde gratitude à toutes les personnes qui l’ont accompagnée tout au long de son parcours académique.
Elle a adressé des remerciements particuliers à ses parents, Blédou Mathieu Bledson, secrétaire général de Fraternité Matin, et à son épouse Marie Montero, pour leur soutien constant et leurs encouragements.
Blédou Brou Senen Ehivet a également salué l’accompagnement de ses enseignants, encadreurs, collègues chercheurs, amis et connaissances qui ont contribué à la réussite de ses travaux.
Elle a enfin rendu hommage à l’ensemble de la communauté universitaire ivoirienne, avec une pensée particulière pour l’UFR Archéologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny, qu’elle considère comme un cadre essentiel de sa formation scientifique.
La cérémonie s’est achevée par l’un des moments les plus symboliques du parcours doctoral. Revêtue de la toge universitaire, la nouvelle docteure a prêté serment conformément à la tradition académique, marquant ainsi son intégration officielle dans le corps des docteurs de Côte d’Ivoire.
Par cet engagement solennel, elle a réaffirmé sa volonté d’exercer ses futures responsabilités dans le respect des principes éthiques, de la rigueur scientifique et des valeurs qui fondent la recherche universitaire.
Cette brillante réussite vient non seulement consacrer l’excellence d’un parcours académique exemplaire, mais également renforcer la visibilité de l’archéologie préventive comme discipline stratégique au service de la sauvegarde du patrimoine national et du développement durable.
Wassimagnon
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