Côte d'Ivoire : Bouaké, une Fondation brise le silence sur la drépanocytose et mobilise pour le dépistage gratuit
Séance de dépistage (ph KOACI)
Dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, la Fondation Lya a organisé ce samedi 20 juin 2026, une vaste journée de dépistage gratuit sur les sites des supermarchés Bon Prix de Bouaké; une initiative qui vise à renforcer la sensibilisation et encourager les populations à connaître leur statut drépanocytaire.
Présent sur le site, le coordinateur général de la Fondation Lya, Konan Anicet, a insisté sur l’importance de cette action, qu’il inscrit dans une dynamique de changement de perception autour de la maladie. « Nous sommes toujours dans les célébrations de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Et pendant ces célébrations, il faut marquer le coup, faire en sorte que les populations aient une perception plus accrue de la drépanocytose et se mettent elles-mêmes dans la volonté de se faire dépister », a-t-il déclaré.
Pour cette journée, la fondation ambitionne de toucher un large public. « Nous attendons environ 300 personnes aujourd’hui sur les différents sites ses supermarchés Bon Prix du quartier commerce et du quartier Dougouba. Pour le moment, la mobilisation se passe bien et nous sommes satisfaits », a indiqué Konan Anicet, saluant l’engouement des populations.
Le coordinateur général a également mis en lumière le caractère encore méconnu de la drépanocytose en Côte d’Ivoire. « C’est une maladie très peu connue de la société. Souvent, ce n’est qu’après des complications et des hospitalisations répétées qu’un diagnostic, parfois tardif, est posé, notamment chez les enfants », a-t-il regretté. D’où la nécessité, selon lui, d’agir en amont à travers le dépistage précoce.
Dans son appel à la population à venir se faire dépister, Konan Anicet a rappelé que près de 14 % de la population ivoirienne serait porteuse d'un trait drépanocytaire mais que la grande majorité ignorait son statut drépanocytaire. Les célébrations de la journée mondiale sont donc un rappel des défis à surmonter pour freiner l'ignorance et la propagation de la maladie au sein des populations.
Cette initiative a également bénéficié de l’appui des jeunes de la communauté U-Report de Bouaké, venus prêter main-forte aux actions de sensibilisation. Une collaboration saluée par la fondation. « Leur implication montre que le combat est déjà en bonne voie », s’est réjoui le coordinateur général.
En marge de cette activité, les populations ont été sensibilisées par l'armée de bénévoles présents. Gnan Kon Dylhan, U-reporter, étudiant en Master 2 à l’UFR des Sciences médicales de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, a expliqué que leur rôle en tant que bénévole consistait à éclairer le public sur les bases de la maladie, notamment sur le fait que la drépanocytose était une affection héréditaire liée à une anomalie de l’hémoglobine, caractérisée par la présence de l’hémoglobine S.
« Lorsqu’un test révèle la présence de l’hémoglobine S, cela signifie que la personne est porteuse de la drépanocytose. Il existe des formes majeures, comme le SS, souvent plus sévères chez les enfants, et des formes mineures...», a-t-il précisé. Il a également insisté sur l’importance du dépistage pour anticiper les risques de transmission et assurer une prise en charge précoce en cas de maladie.
À travers cette journée, la Fondation Lya réaffirme son engagement dans la lutte contre la drépanocytose, en misant sur la prévention, l’information et la responsabilisation des populations.
T.K.Emile
tkemile@koaci.com
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