Côte d'Ivoire : Financement du PND 2026-2030, la CPU PME.ci dénonce l'exclusion des PME locles et alerte sur une « foire aux opportunités » au profit des grands investisseurs
À l'issue de la première journée du Groupe consultatif consacré au financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030, la Confédération des Unions Professionnelles des PME de Côte d'Ivoire (CPU PME.ci), par la voix de son président, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, exprime sa vive préoccupation face à la faible place accordée aux PME ivoiriennes dans un processus pourtant appelé à transformer durablement l'économie nationale.
La première journée du Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030 s'est tenue ce mercredi à Abidjan. Organisée autour de la cérémonie d'ouverture, de la présentation de la vision stratégique du gouvernement et des annonces de financement attendues des partenaires, cette rencontre marque une étape majeure dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre du nouveau programme de développement de la Côte d'Ivoire.
Évalué à 114 838,5 milliards de FCFA sur la période 2026-2030, le PND prévoit une contribution du secteur privé estimée à 70,2 %, faisant de celui-ci un acteur central de sa réussite.
Selon la CPU PME.ci, cette première journée avait pour objectif de présenter la vision économique de la Côte d'Ivoire à la communauté internationale, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu'aux investisseurs privés afin de susciter des engagements financiers importants.
Dans les faits, les travaux ont essentiellement porté sur la promotion des opportunités d'investissement, la présentation des grands projets structurants et la recherche d'annonces de financement. Une orientation qui, selon l'organisation patronale, privilégie davantage les bailleurs de fonds, les investisseurs institutionnels et les grands groupes que le dialogue avec l'ensemble du tissu économique national.
Pour le président de la CPU PME.ci, l'analyse des informations rendues publiques révèle une quasi-absence des petites et moyennes entreprises ivoiriennes dans les débats.
« Aucune séquence spécifique, aucun mécanisme clairement identifié, ni aucun dispositif visible de participation effective des PME n'ont véritablement émergé au cours de cette première journée », observe Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé.
Une situation jugée préoccupante alors même que le secteur privé est appelé à financer l'essentiel du PND.
Selon lui, les PME, qui représentent la majorité du tissu entrepreneurial ivoirien et jouent un rôle déterminant dans la création de richesses, l'emploi et le développement local, auraient dû être placées au cœur des réflexions relatives à l'exécution du plan.
La CPU PME.ci estime que le déroulement des travaux a davantage donné l'image d'un espace de conquête d'opportunités économiques que d'un véritable cadre de co-construction du développement national.
L'organisation évoque ainsi une « foire aux opportunités », où les différents acteurs cherchent avant tout à se positionner sur les marchés et les investissements annoncés dans le cadre du PND.
Pour son président, cette perception envoie un signal préoccupant. Lorsque les acteurs les plus puissants, les mieux organisés ou les plus connectés apparaissent comme les principaux bénéficiaires des perspectives offertes par le programme, le risque est grand de voir les PME ivoiriennes reléguées au second plan, voire exclues des retombées économiques attendues.
Au-delà des montants mobilisés, la CPU PME.ci estime que le véritable défi réside dans l'identification des bénéficiaires réels du PND.
L'organisation considère qu'il ne suffit pas de réunir des financements. Il est tout aussi essentiel de déterminer qui financera les projets, qui les exécutera, qui accédera aux marchés publics, qui développera des partenariats stratégiques et, surtout, quelles entreprises renforceront durablement leurs capacités grâce à ce vaste programme d'investissement.
À ce stade, souligne la confédération, aucun élément public ne permet de constater l'existence d'un mécanisme clair garantissant aux PME ivoiriennes un accès équitable à l'information, aux financements, aux marchés ou aux projets structurants liés au PND.
Pour la CPU PME.ci, la réussite du Plan national de développement passera nécessairement par une implication plus forte des entreprises nationales, en particulier des PME, qui constituent le socle de l'économie ivoirienne.
L'organisation appelle ainsi les autorités à faire du PND un véritable levier de promotion du capital entrepreneurial ivoirien, afin que les entreprises locales ne demeurent pas de simples spectatrices d'un processus destiné à transformer durablement le pays.
À défaut, prévient-elle, une occasion majeure pourrait être manquée : celle de faire du PND non seulement un instrument de croissance économique, mais également un puissant moteur de consolidation du tissu entrepreneurial national.
Wassimagnon
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