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Côte d'Ivoire : Taxe sur la publicité, l'État veut mieux capter les recettes pour donner plus de moyens aux médias
 

Côte d'Ivoire : Taxe sur la publicité, l'État veut mieux capter les recettes pour donner plus de moyens aux médias

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 12 août 2026 - 21:41


Réunis à Grand-Bassam du 12 au 14 août 2026, les acteurs de la communication, des finances et de la fiscalité réfléchissent à une meilleure mobilisation de la Taxe sur la Publicité (TSP). Alors que les besoins de l’écosystème médiatique se chiffrent en milliards de francs CFA, le Gouvernement veut corriger les insuffisances du dispositif de recouvrement et faire de cette recette une source de financement plus régulière de l’Agence de Soutien et de Développement des Médias (ASDM).


La question du financement durable des médias ivoiriens s’est invitée au cœur des échanges, mercredi 12 août 2026, à Grand-Bassam. Pendant trois jours, représentants des administrations fiscales et financières, responsables du secteur de la communication, organisations professionnelles et entreprises de médias sont réunis autour d’un atelier consacré à l’optimisation de la mobilisation de la Taxe sur la Publicité au profit de l’ASDM.


Co-présidée par le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, et le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, la rencontre vise à identifier les insuffisances du dispositif actuel et à dégager des solutions susceptibles d’améliorer durablement le rendement de cette taxe.


L’enjeu est d’autant plus important que les ressources actuellement mobilisées restent éloignées des besoins du secteur.


Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget à la cérémonie d’ouverture, le directeur de cabinet adjoint Bamba Vassogbo a replacé la réflexion dans le cadre plus large de la mobilisation des ressources intérieures.


Il a rappelé que les administrations financières ont pour mission de mobiliser les recettes nécessaires au financement des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de la sécurité.


Cette exigence prend une dimension particulière avec la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030, dont le coût global est estimé à 114 838,5 milliards de francs CFA. Selon Bamba Vassogbo, le financement public représente 29,8 % de cette enveloppe, ce qui rend indispensable une mobilisation accrue des ressources nationales.


« Il va sans dire que l’optimisation de chaque levier fiscal, y compris ceux qui peuvent paraître modestes, s’avère impérieuse », a-t-il déclaré.


Dans cette logique, la Taxe sur la Publicité constitue un levier qui mérite, selon lui, une attention particulière.


Le directeur de cabinet adjoint a relevé que la TSP bénéficie du même dispositif général de recouvrement et du même arsenal de contrôle que d’autres recettes fiscales. Pourtant, ses performances demeurent en retrait par rapport à son potentiel.


D’après les données communiquées par la Direction générale des Impôts, le taux de réalisation de la TSP sur la période 2022-2025 s’établit à 79,11 %.


Pour Bamba Vassogbo, cet écart entre le potentiel de la taxe et les recettes effectivement mobilisées constitue une marge de progression qu’il convient désormais d’explorer.


« Les écarts entre le potentiel de cette taxe et sa mobilisation effective révèlent à l’évidence des marges d’amélioration qui nous appartiennent d’explorer », a-t-il souligné.


L’objectif de l’atelier est donc de dépasser le simple constat pour identifier précisément les causes du déficit de recouvrement et proposer des mesures directement applicables.


Pour le représentant du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, l’amélioration du recouvrement de la TSP ne doit pas être perçue comme une préoccupation limitée au financement de l’ASDM.


 

Il s’agit également, selon lui, d’une question d’intérêt général et de crédibilité du système fiscal.


« Quand un impôt bien conçu, mais insuffisamment recouvré, fragilise la confiance des acteurs économiques dans l’équité de notre dispositif, il prive in fine les politiques publiques des moyens nécessaires à leur mise en œuvre », a-t-il fait valoir.


Il a, par ailleurs, assuré que les services compétents de son département restent ouverts aux propositions susceptibles d’améliorer leur efficacité opérationnelle.


Cette réflexion intervient alors que l’ASDM doit répondre à des sollicitations croissantes des acteurs du secteur.


Selon son directeur général, Meité Sindou, le Plan stratégique de soutien et de développement des médias 2024-2026 représente un financement global de 12,104 milliards de francs CFA. Il comprend 24 programmes et 51 projets portant notamment sur le renforcement du capital humain, l’amélioration de la gouvernance des entreprises de médias et le développement de la création et de la production de contenus.


La Taxe sur la Publicité occupe une place majeure dans ce schéma de financement. L’Agence en attend près de 7 milliards de francs CFA, soit plus de 60 % des ressources prévues pour la mise en œuvre du plan.


Or, de 2022 à août 2026, seulement 2,384 milliards de francs CFA de TSP ont été effectivement recouvrés et affectés à l’ASDM.


Dans le même temps, les demandes formulées par les bénéficiaires auprès de l’Agence depuis sa création en juillet 2022 atteignent 27,451 milliards de francs CFA. Un décalage qui illustre l’ampleur des attentes auxquelles l’ASDM doit répondre.


Face à cette situation, les participants à l’atelier devront notamment travailler sur trois axes : l’amélioration de la collecte et du reversement de la taxe, l’élargissement de son assiette et la rénovation du cadre juridique et institutionnel.


Le ministre Amadou Coulibaly a également proposé la mise en place d’une plateforme collaborative réunissant la Direction générale des Impôts, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, l’ASDM ainsi que les autres parties prenantes.


Cette plateforme devrait faciliter le suivi des opérations et réduire les risques de déperdition liés aux insuffisances de coordination.


La digitalisation du contrôle constitue une autre piste envisagée. Elle pourrait permettre de croiser les déclarations des entreprises assujetties, les encaissements effectués par le Trésor et les reversements destinés à l’ASDM.


L’objectif est de renforcer la traçabilité, d'identifier plus rapidement les écarts et de limiter les pertes de recettes.


Les transformations du marché publicitaire constituent également un enjeu majeur.


Le sponsoring, le placement de produits, les plateformes numériques et les nouveaux médias ont profondément modifié les pratiques du secteur. Les participants devront donc examiner les possibilités d’adapter l’assiette de la taxe à ces nouvelles réalités, dans le respect du cadre légal.


 

Le renforcement du dispositif juridique et répressif, mais aussi la formation et la sensibilisation des acteurs, figurent parmi les autres pistes évoquées.


Pour les autorités, l’objectif n’est pas uniquement d’augmenter les recettes, mais de mettre en place un système plus transparent, plus efficace et mieux adapté aux mutations du marché publicitaire.


Au-delà de la TSP, les discussions de Grand-Bassam s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’avenir économique des médias ivoiriens.


L’ASDM prépare la revue de son Plan stratégique 2024-2026 en vue de l’élaboration d’un nouveau cycle couvrant la période 2026-2030, en cohérence avec le PND.


L’ambition affichée est de contribuer à la stabilisation progressive d’un secteur confronté depuis plusieurs années à des difficultés structurelles et à des besoins croissants en matière de professionnalisation, de modernisation et de financement.


Pour Amadou Coulibaly, la disponibilité de ressources suffisantes constitue une condition indispensable à l’action de l’ASDM. « Une Agence sans ressources suffisantes est une ambition sans bras pour agir », a-t-il notamment relevé.


Le Gouvernement entend ainsi renforcer les bases économiques d’un secteur considéré comme essentiel au fonctionnement démocratique, à la cohésion sociale et au rayonnement du pays.


Les travaux se poursuivront jusqu’au vendredi 14 août. Les participants devront, au terme des échanges, formuler des recommandations à l’attention des autorités de tutelle.


Bamba Vassogbo a appelé les participants à identifier « avec précision les causes structurelles et opérationnelles » du déficit de recouvrement de la TSP et à proposer des mesures pouvant être rapidement opérationnalisées.


L’enjeu est désormais de transformer le potentiel fiscal de la Taxe sur la Publicité en ressources effectivement mobilisées et régulièrement affectées à l’ASDM.


Pour les autorités, une meilleure mobilisation de cette recette doit permettre de rapprocher les ressources disponibles des besoins du secteur et, à terme, de contribuer à l’émergence de médias ivoiriens plus solides, professionnels et économiquement viables.


Wassimagnon



 


 
 
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