Côte d'Ivoire : Cancer pédiatrique, CHU de Treichville, la solidarité au chevet des enfants malades
Le service d’Oncologie Pédiatrique du CHU de Treichville a été le théâtre d’un moment de solidarité, mercredi 12 août 2026. L’association caritative « Les Filles d’Eden » y a remis des dons aux enfants atteints de cancer et pris en charge leurs frais d’hospitalisation pendant un mois. Une initiative qui entend apporter un soutien concret aux familles et redonner le sourire aux jeunes patients confrontés à la maladie.
Une main tendue aux enfants malades
Des sourires, de l’émotion et surtout beaucoup de solidarité. C’est dans cette atmosphère que s’est déroulée, mercredi, la visite des « Filles d’Eden » au service d’Oncologie Pédiatrique du CHU de Treichville.
À travers cette action, l’association a voulu apporter un soutien matériel et moral aux enfants hospitalisés et à leurs familles. Une démarche qui prend tout son sens dans un service où les jeunes patients sont confrontés à de longues périodes de soins et où les familles doivent également faire face aux nombreuses contraintes liées à la prise en charge de la maladie.
Le geste posé par l’association ne s’est pas limité à la remise de produits de première nécessité. Les « Filles d’Eden » ont également assuré la prise en charge intégrale des frais d’hospitalisation de tous les enfants du service pendant un mois, pour un montant de 420 000 francs CFA.
Le chef du service d’Oncologie Pédiatrique, le professeur Cissé Lassina, a accueilli cette initiative avec reconnaissance. Il a profité de l’occasion pour rappeler les enjeux liés au cancer de l’enfant en Côte d’Ivoire.
Créé dans les années 1940, le service d’Oncologie Pédiatrique du CHU de Treichville figure parmi les structures pionnières dans la prise en charge des pathologies infantiles dans le pays.
Pour le professeur Cissé Lassina, le principal défi demeure l’accès précoce des enfants aux soins spécialisés.
« Le cancer de l’enfant est une réalité qui touche beaucoup d'enfants. Malheureusement, ils ne sont pas tous à l’hôpital », a-t-il expliqué.
Le spécialiste veut toutefois rester optimiste. Selon lui, contrairement à certaines formes de cancer chez l’adulte, de nombreux cancers pédiatriques peuvent être guéris lorsque le diagnostic est posé suffisamment tôt et que les traitements appropriés sont disponibles.
« Notre vocation est de travailler à recruter le maximum d’enfants parce que, contrairement à l’adulte, le cancer de l’enfant est un “bon cancer” : il peut se guérir, à condition que le diagnostic soit fait tôt et que nous ayons les médicaments nécessaires », a-t-il souligné.
Au-delà de la prise en charge médicale, le professeur Cissé Lassina insiste sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations.
Il a notamment évoqué les campagnes menées récemment dans la région de San Pedro pour aider les populations à mieux reconnaître les signes avant-coureurs du cancer chez l’enfant et favoriser une consultation rapide.
« Si on vient à l’hôpital à temps, on a beaucoup de chances de succès », a-t-il rappelé.
Un message destiné particulièrement aux parents, appelés à ne pas banaliser certains symptômes persistants et à consulter rapidement en cas de doute.
Présente à Abidjan, Florence Coulibaly, représentante des « Filles d’Eden », a présenté l’histoire et la philosophie de l’association.
Créée à Paris le 25 janvier 2016, l’organisation compte aujourd’hui 27 membres. Elle mène des actions de solidarité en faveur des personnes en situation de vulnérabilité, avec une démarche fondée sur l’engagement bénévole de ses membres.
Après avoir effectué un don à l’hôpital général de Tiassalé en septembre 2025, puis au foyer des jeunes travailleurs de Paris en mars 2026, l’association a choisi de consacrer une nouvelle action aux enfants hospitalisés au CHU de Treichville.
La remise officielle a été effectuée par Léa Gapé, présidente des « Filles d’Eden », en présence des responsables de l’établissement hospitalier et des parents.
Des dons pour améliorer le quotidien
Les enfants ont reçu différents produits destinés à améliorer leurs conditions de séjour : huile, lait, eau et autres vivres, mais également des kits d’hygiène, des couches, des vêtements et des nattes d’éveil.
À ces dons s’ajoute la prise en charge des frais d’hospitalisation, qui représente une aide significative pour les familles. Pour Léa Gapé, cette action est avant tout une démarche du cœur.
« Voir un enfant souffrir est une épreuve qui nous touche profondément. Avec Dieu, l’amour et la solidarité, rien n’est impossible. Ces dons viennent du cœur, du plus profond de notre cœur », a-t-elle déclaré.
S’adressant directement aux familles, elle a lancé un message de courage : « Aux parents, soyez forts. Votre courage force notre admiration. À nos enfants, vous êtes de véritables guerriers et guerrières. »
Pour les familles, cette visite constitue un véritable réconfort dans un contexte souvent difficile.
Josiane, mère d’un enfant hospitalisé, n’a pas caché son émotion après la remise des dons.
« C’est vraiment une joie au cœur de voir nos sœurs et frères venir nous apporter leur aide dans ces moments difficiles. La maladie des enfants, c’est compliqué, mais quand on a du soutien, ça nous donne vraiment de la joie. Que Dieu bénisse les Filles d’Eden ! », a-t-elle témoigné.
Un témoignage qui traduit la portée humaine d’une telle initiative, au-delà de sa dimension matérielle.
Les « Filles d’Eden » revendiquent une démarche indépendante et désintéressée. L’association ne bénéficie, selon sa présidente, d’aucune subvention en France comme en Côte d’Ivoire.
« Nos attentes ? Rien du tout. Juste donner un sourire aux enfants », a affirmé Léa Gapé.
Elle explique que les actions de l’association sont financées sur fonds propres, grâce à la mobilisation de ses membres.
« Nous n’avons pas de subventions, ni en France ni en Côte d’Ivoire. Nous agissons à fonds propres, parce que nous sommes d’une grande famille. Ce que nous pouvons faire, c’est aider nos prochains », a-t-elle ajouté.
L’action menée au CHU de Treichville ne devrait pas être sans lendemain. Les « Filles d’Eden » ont annoncé leur volonté de poursuivre leur accompagnement du service d’Oncologie Pédiatrique.
De son côté, le professeur Cissé Lassina a invité les membres de l’association à mieux connaître les réalités et les besoins du service afin d’orienter plus efficacement leurs prochaines actions.
Cette démarche pourrait ainsi permettre de renforcer la complémentarité entre les professionnels de santé et les acteurs de la solidarité.
Dans un contexte où le cancer pédiatrique impose aux enfants et à leurs familles un parcours souvent éprouvant, l’initiative des « Filles d’Eden » rappelle une évidence : soigner, c’est aussi accompagner, soutenir et redonner de l’espoir.
Au CHU de Treichville, les dons remis ce mercredi auront donc apporté bien plus que des produits de première nécessité. Ils auront offert aux enfants et à leurs parents un moment de répit, d’attention et de fraternité.
Wassimagnon
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