Côte d'Ivoire : Alerte sur les cosmétiques, 2 639 produits à risque, le Premier ministre saisi
Le gouvernement ivoirien est interpellé sur la présence sur le marché de milliers de produits cosmétiques susceptibles de présenter des risques pour les consommateurs. Dans une correspondance datée du 17 août 2026 et adressée au Premier ministre Robert Beugré Mambé, le Centre d’Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d’Ivoire (CEMC-CI) appelle à une réaction urgente des autorités.
Selon les informations contenues dans le courrier signé par le président de l’organisation, Marcellin Doh, l’Autorité ivoirienne de Régulation Pharmaceutique (AIRP) aurait recensé 11 849 produits cosmétiques auprès de 1 140 opérateurs. Sur cet ensemble, 2 639 produits auraient été identifiés comme présentant un risque élevé.
Face à ces chiffres, l’organisation estime que la situation mérite une attention particulière des pouvoirs publics. Elle demande notamment la publication officielle de la liste des produits concernés afin de permettre aux consommateurs de les identifier et d’éviter leur utilisation ou leur achat.
Le président Marcellin Doh sollicite également le retrait des produits présentant un risque avéré, dans le respect des procédures applicables, ainsi qu’une communication sur les mesures prises à l’encontre des opérateurs concernés. L’organisation appelle par ailleurs à un renforcement des contrôles sur l’ensemble du territoire national.
Autre demande formulée dans la correspondance : la mise en place d’une concertation interministérielle urgente consacrée à la sécurité des produits cosmétiques. Pour les responsables de l’ONG, les consommateurs ne devraient pas être les derniers informés lorsqu’existent déjà des données faisant état de risques potentiels.
La démarche ne s’est toutefois pas limitée au cabinet du Premier ministre. La correspondance a été transmise par ampliation à plusieurs institutions directement concernées par les questions de santé publique, de régulation et de protection des consommateurs. Figurent notamment parmi les destinataires le ministre de la Santé, le ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, le ministre du Commerce et de l’Industrie, le président du Conseil de Régulation de l’AIRP, le Conseil national des droits de l’homme, le directeur général du Laboratoire national de santé publique (LNSP), ainsi que l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.
La Fédération des associations de consommateurs actifs de Côte d’Ivoire figure également parmi les destinataires de cette correspondance.
Ces ampliations montrent la volonté des initiateurs de l’alerte d’élargir le débat aux différentes institutions susceptibles d’intervenir dans la surveillance du secteur, la protection de la santé et la défense des consommateurs.
Au-delà des chiffres avancés, la principale question reste désormais celle de la réaction des autorités : quelles suites seront données à cette alerte ? La liste des 2 639 produits sera-t-elle rendue publique ? Les produits présentant effectivement un danger feront-ils l’objet d’un retrait ? Et quelles mesures seront prises à l’encontre des opérateurs concernés ?
Autant de questions auxquelles les autorités compétentes devront apporter des réponses, alors que l’organisation appelle à faire de la protection des consommateurs une priorité.
Jean Chresus, Abidjan
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