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Cameroun : Samuel Eto'o, double front, soutien à Infantino, contestation à domicile par  certains
 

Cameroun : Samuel Eto'o, double front, soutien à Infantino, contestation à domicile par certains

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 26 août 2026 - 12:44

Le football mondial traverse l'une des crises de gouvernance les plus sérieuses de la présidence de Gianni Infantino. Samuel Eto'o s'est imposé comme l'une des voix africaines les plus audibles à son soutien — une position qui s'explique par des enjeux financiers concrets pour le continent, mais qui contraste avec quelques voix discordantes.

Projet de privatisation

Tout part d'un projet porté par Gianni Infantino : la FIFA Forward Enterprise (FFE), une filiale destinée à ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA, y compris la Coupe du monde, à des investisseurs privés. L'UEFA s'y est opposée frontalement, dénonçant un montage opaque et mené sans réelle consultation. Face à la pression, Infantino a retiré son projet, admettant qu'il avait créé des divisions contraires à son objectif initial.

Le recul n'a pas éteint l'incendie. Le 10 août, l'UEFA, l'AFC et la CONCACAF ont dénoncé ensemble une rupture de confiance jugée fondamentale, et proposé une présidence tournante pour éviter que la fonction reste concentrée entre les mains d'un seul homme — à moins d'un an de l'élection de mars 2027, où Infantino reste seul candidat déclaré.

Plan chiffré, argument massue pour l'Afrique

Face à ce front, la Confédération africaine (CAF) a pris le contre-pied : début août, elle a réaffirmé « à l'unanimité » son soutien à Infantino. Eto'o, membre du Comité exécutif de la CAF, en est l'un des porte-voix les plus affirmés. Il juge que la contestation tient surtout au calendrier électoral, et souhaite que le projet abandonné soit remis sur la table en cas de réélection.

Cette position s'appuie sur un chiffre concret : le mécanisme FFE prévoyait jusqu'à 40 millions de dollars par fédération africaine sur 2027-2030 — soit plus de quatre fois les revenus annuels de la Fédération sénégalaise, ou près de la moitié du budget record de la Fédération ivoirienne. Depuis 2016, la FIFA affirme avoir déjà investi plus d'un milliard de dollars dans le football africain. Le calcul est donc autant stratégique qu'idéologique : un projet contesté sur sa gouvernance, mais vital pour des fédérations sous-financées.

Légitimité contestée

Cette stature internationale tranche avec ce qu'Eto'o affronte au Cameroun. Depuis l'élimination des Lions Indomptables pour la Coupe du monde 2026 — une désillusion d'autant plus vive que l'Afrique disposait cette année-là de dix places qualificatives — le politologue Mathias Eric Owona Nguini est devenu l'un de ses critiques les plus virulents.

Il accuse la Fecafoot d'avoir « saboté » le travail de l'ex-sélectionneur Marc Brys, évoquant stages bâclés et équipements manquants. La fédération a rétorqué en pointant les décisions unilatérales du technicien belge. Le conflit a vite dépassé le sportif : l'universitaire a remis en cause les compétences managériales mêmes d'Eto'o, et évoqué une proximité jugée problématique avec des sociétés de paris sportifs, terreau selon lui propice à la corruption.

Eto'o n'a pas laissé la charge sans réponse. Après le sacre des Lionnes Indomptables à la CAN féminine 2026, il a adressé une pique publique à son détracteur, sans le nommer — une revanche implicite, Owona Nguini ayant prédit que le Cameroun ne gagnerait plus rien tant qu'il resterait à la tête de la fédération.

Deux positions, un même homme

Le contraste est frappant. À l'international, Eto'o défend une vision où le soutien à Infantino se traduit en ressources tangibles pour l'Afrique, quitte à s'attirer les foudres de l'UEFA sur la gouvernance. Au niveau national, sa propre gestion de la Fecafoot est scrutée sur des critères tout aussi concrets : résultats sportifs, transparence, soupçons de conflits d'intérêts.

Ces deux fronts se répondent en creux : la question posée est la même — celle de savoir si les choix d'Eto'o servent d'abord l'intérêt du football qu'il représente, ou consolident son propre pouvoir. Une question à laquelle ni ses soutiens ni ses détracteurs ne répondent aujourd'hui à l'unisson.Eto’o, Infantino, Fecafoot

-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.

-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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