Côte d'Ivoire : Yopougon, attaqué par des proches du PPA-CI, Dia Houphouët sort les griffes et prévient ses détracteurs
Dia Houphouët à Yopougon (Ph Koaci)
La rencontre devait être consacrée aux remerciements. Elle s’est finalement transformée en tribune politique. Dimanche 30 août, au parking Vegas de Yopougon, l’ancien député PDCI-RDA Dia Houphouët a profité de la cérémonie organisée avec l’ancienne députée N’Guessan Euphrasie pour répondre aux critiques dont il dit faire l’objet depuis plusieurs jours.
La rencontre réunissait notamment le personnel politique des neuf délégations de Yopougon ainsi que des militants mobilisés à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Mais l’intervention de Dia Houphouët a rapidement pris le dessus sur le programme initial.
L’ancien parlementaire est revenu sur les réactions suscitées par une interview qu’il avait accordée à un media. Il affirme depuis être la cible de militants et d’activistes proches du PPA-CI. Parmi les reproches qui lui sont adressés, celui d’avoir reçu de l’argent d’Adama Bictogo, député-maire de Yopougon, et d’avoir ainsi pris ses distances avec les positions du Front commun.
Face à ces accusations, Dia Houphouët se veut catégorique. « Je ne suis pas dans ça », a-t-il répondu, rejetant toute idée de rapprochement dicté par l’argent ou par un arrangement politique.
Son nom a également été au centre des critiques. Certains lui reprochent de tirer profit de la référence à Félix Houphouët-Boigny. Une accusation qu’il réfute fermement. L’ancien député assure que son parcours s’est construit loin des privilèges et rappelle avoir commencé par de petits commerces en bordure de route avant de se faire une place dans la vie politique.
« Je suis un homme de conviction », a-t-il insisté, estimant que son engagement et son parcours doivent être jugés sur ses actes plutôt que sur son nom.
La question du Front commun a ensuite occupé une bonne partie de son intervention. Dia Houphouët affirme avoir été un membre actif de cette plateforme et dit ne pas renier cet engagement. Il a notamment évoqué les élections qui ont permis à Bredoumi Soumaïla et Innocent Yao, du PDCI-RDA, d’être élus députés alors qu’ils étaient détenus.
Il a comparé cette situation à celle de certains responsables du PPA-CI incarcérés, citant Damana Pickass et Lasme Blaise. À travers ces exemples, l’ancien député entend défendre sa lecture de la stratégie politique adoptée par les différentes formations de l’opposition.
Pour autant, il n’a pas souhaité aller au bout de ses explications. « Je me réserve », a-t-il répété à plusieurs reprises, laissant entendre qu’il pourrait apporter d’autres éléments si la polémique venait à se poursuivre.
Sur sa candidature sous la bannière du PDCI-RDA, Dia Houphouët affirme là encore n’avoir aucune ambiguïté. Il dit avoir fait ce choix en toute connaissance de cause et réfute les accusations de transaction politique ou financière.
« Quand j’ai décidé d’être candidat, j’ai décidé d’être candidat pour le PDCI-RDA », a-t-il déclaré.
L’intervention s’est achevée sur un ton plus offensif. Excédé par ce qu’il considère comme des attaques personnelles, l’ancien parlementaire a prévenu ceux qui continueraient à répandre des « calomnies ». « Tu marches sur moi, je marche sur toi », a-t-il lancé, tout en précisant qu’il entend rester dans le cadre politique.
À Yopougon, où les rapports de force politiques restent particulièrement suivis, cette sortie ne devrait pas passer inaperçue. Dia Houphouët a choisi de répondre plutôt que de laisser les accusations s’installer. Et son « je me réserve » laisse ouverte la possibilité d’une nouvelle prise de parole si les attaques se poursuivent.
Jean Chresus, Abidjan
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