Côte d'Ivoire : Gouvernance de la Jeunesse rurale, la FENOPJERCI ouvre le grand chantier de la restructuration nationale avant son congrès électif
La Fédération Nationale des Organisations Professionnelles de la Jeunesse Rurale de Côte d’Ivoire (FENOPJERCI) franchit une nouvelle étape dans sa restructuration. À l’occasion d’un point de presse tenu ce lundi 31 août 2026 à la salle de conférence de l’ANADER, son président national, Dr Oulaï a annoncé le lancement, dès septembre, de la première phase d’opérationnalisation de l’écosystème d’autonomisation et de stabilisation de la jeunesse rurale. Au programme : auto-identification des jeunes, fiabilisation des données, renouvellement des instances dirigeantes et préparation du Congrès national ordinaire électif.
Face aux journalistes et aux partenaires présents, Docteur Oulai Michel, président national de la FENOPJERCI a rappelé l’importance stratégique de la jeunesse rurale dans le développement de la Côte d’Ivoire.
Selon lui, cette jeunesse ne se résume pas aux activités agricoles. Elle regroupe également des commerçants, des artisans, des artistes, des musiciens et des sportifs qui contribuent au dynamisme économique, social et culturel des communautés rurales.
« La jeunesse rurale constitue une force plurielle et dynamique », a-t-il souligné, insistant sur son rôle dans la souveraineté alimentaire et le développement durable du pays.
Pour la FENOPJERCI, la valorisation de cette jeunesse passe notamment par une meilleure organisation, une identification précise de ses membres et la mise en place de mécanismes permettant de répondre plus efficacement à ses besoins.
Revenant sur l’histoire de l’organisation, le président national a rappelé que la structuration de la jeunesse rurale ivoirienne remonte aux années 1990.
C’est en 1994, à Yamoussoukro, qu’est créée la Fédération Nationale des Unions de la Jeunesse Rurale de Côte d’Ivoire (FENAUJERCI), dans un contexte marqué notamment par les réformes administratives et économiques et la volonté de lutter contre l’exode rural.
En 2001, la structure évolue pour devenir la Fédération Nationale des Organisations Professionnelles de la Jeunesse Rurale de Côte d’Ivoire (FENOPJERCI), avec l’ambition de mieux répondre aux besoins socio-économiques et éducatifs des jeunes ruraux. En 2017, elle adopte officiellement le statut de faîtière d’encadrement des organisations professionnelles de la jeunesse rurale.
Se présentant comme une organisation de la société civile apolitique, la FENOPJERCI affirme œuvrer pour le développement de la Côte d’Ivoire et la défense des intérêts de la jeunesse rurale.
Le principal objectif du point de presse était d’annoncer officiellement la première phase de mise en œuvre de l’écosystème d’autonomisation et de stabilisation de la jeunesse rurale.
Cette phase repose sur trois axes majeurs : l’auto-identification des jeunes, le renouvellement des instances dirigeantes et l’organisation du Congrès national ordinaire électif.
La fédération entend ainsi recenser les jeunes ruraux dans les villages et hameaux du pays, renouveler progressivement les bureaux locaux et, au terme du processus, procéder à l’élection d’un nouveau Bureau national.
La FENOPJERCI indique qu’un précédent recensement avait permis d’identifier environ 12 millions de jeunes. L’objectif affiché est désormais de consolider et de fiabiliser ces données afin de disposer d’une base nationale actualisée et vérifiable.
« Nous ne voulons plus être chiffrés en pourcentage, mais en nombre réel et vérifiable », a expliqué le président national.
La FENOPJERCI justifie cette opération par la nécessité de mieux cibler les actions destinées à la jeunesse rurale.
Les données recueillies doivent notamment permettre d’orienter différents programmes envisagés en faveur des jeunes, parmi lesquels l’accès aux kits de production agricole, aux tricycles, aux assurances, à la microfinance, aux services bancaires et à l’habitat.
L’organisation évoque également le développement du « fonctionnariat rural » et la création de conditions favorables à l’autonomie économique et à la stabilisation des jeunes dans leurs communautés. L’ambition est claire : faire du milieu rural un espace d’opportunités, capable de retenir les jeunes et d’en attirer de nouveaux.
La lutte contre l’exode rural demeure l’un des objectifs majeurs affichés par la fédération. La FENOPJERCI ambitionne notamment de favoriser le retour d’une partie des jeunes citadins vers les villages et de faire de l’activité économique rurale un véritable levier d’insertion et d’autonomisation.
Pour le président national, cette dynamique doit permettre de rapprocher les jeunes des opportunités offertes par la terre et les activités économiques locales.
« La terre ne ment pas », a-t-il lancé, affichant sa conviction quant au potentiel économique du monde rural.
Sur le plan pratique, l’opération devrait se dérouler en plusieurs étapes.
La première repose sur la collecte numérique des données. Une application doit être mise en ligne sur le site internet de la FENOPJERCI afin de permettre aux jeunes disposant d’un téléphone Android de procéder directement à leur inscription et d’obtenir un code d’identification unique.
Une assistance technologique est également prévue pour permettre aux jeunes disposant d’un smartphone d’accompagner leurs camarades dans le processus d’enrôlement.
La deuxième étape sera consacrée à la biométrie. Des coordinateurs régionaux et départementaux devraient parcourir le territoire avec des équipements destinés à poursuivre et à sécuriser l’enregistrement. La troisième étape concernera la cartographie et l’adressage des membres, chaque bureau local devant disposer d’un équipement technique approprié.
Viendra ensuite le renouvellement des instances dirigeantes, conformément aux statuts de la fédération, à ses règles d’action et à son nouveau code électoral.
Vers un Congrès national électif
Cette restructuration doit finalement déboucher sur l’organisation du Congrès national ordinaire électif.
Selon le calendrier annoncé, celui-ci pourrait se tenir au cours de la deuxième quinzaine de décembre 2026 ou au premier trimestre 2027. Ce Congrès devrait également être l’occasion de présenter le bilan des missions de réforme organisationnelle et socio-économique confiées au président national. La fédération entend ainsi inscrire son action dans une démarche de renouvellement, de transparence et d’efficacité.
Le point de presse s’est également tenu sous le signe du partenariat entre la jeunesse rurale et l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER). Le président national de la FENOPJERCI a rappelé l’ancienneté de cette collaboration, évoquant notamment les premières initiatives avec la jeunesse rurale des montagnes à travers la COOJEPAM en 1997, son renforcement à l’échelle nationale avec la FENOPJERCI en 2001 et sa consolidation à Yamoussoukro en décembre 2014. Il a également salué les perspectives nouvelles en matière d’employabilité et d’insertion des jeunes ruraux, mises en avant en août 2026.
Selon lui, la complémentarité entre les deux structures constitue un atout majeur : l’ANADER apporte son expertise technique, tandis que la FENOPJERCI met à contribution son important réseau humain et économique sur le terrain.
L’objectif affiché est de contribuer à répondre durablement aux besoins alimentaires du pays et de renforcer l’autosuffisance alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Le président national a par ailleurs lancé un appel aux professionnels des médias. Il les a invités à mettre davantage en lumière les initiatives, les projets et les réussites des jeunes vivant dans les villages et les zones rurales.
« Votre plume, votre micro et votre caméra sont des outils puissants de changement », a-t-il déclaré, estimant que le traitement médiatique des problématiques rurales peut contribuer à changer la perception du monde rural et à valoriser les opportunités qui y existent.
Pour la FENOPJERCI, l’enjeu est également de faire du monde rural un espace associé non plus seulement à la précarité, mais à l’innovation, à la production, à l’entrepreneuriat et aux opportunités durables.
En conclusion de son intervention, le président national de la FENOPJERCI a annoncé officiellement la cérémonie de lancement de la première phase de l’opérationnalisation de l’écosystème d’autonomisation et de stabilisation de la jeunesse rurale de Côte d’Ivoire.
La cérémonie est prévue le 10 septembre 2026 à 10 heures à Toumodi.
Cette rencontre marquera le démarrage officiel de l’opération d’auto-identification et donnera le coup d’envoi à un processus de restructuration que la FENOPJERCI présente comme une étape majeure pour l’avenir de la jeunesse rurale.
L’organisation invite donc les jeunes ruraux à prendre part massivement à cette opération, présentée comme le point de départ d’une nouvelle dynamique d’organisation, d’autonomisation et de stabilisation.
Avec cette initiative, la FENOPJERCI entend replacer la jeunesse rurale au centre des enjeux de développement économique et social et faire de son potentiel humain un levier majeur de la croissance nationale.
Rendez-vous est donc pris à Toumodi, le 10 septembre 2026.
Wassimagnon
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