Côte d'Ivoire : le gouvernement veut accélérer la digitalisation des services publics et viser le « Zéro Papier » en 2030
Moins de files d’attente, moins de documents à fournir et davantage de démarches accessibles à distance. La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la transformation numérique de son administration. Cette ambition est au cœur de l’Atelier national de priorisation des services publics numériques, ouvert jeudi 3 septembre 2026 au Radisson Blu Hôtel d’Abidjan, à l’initiative du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique et de la Société nationale de développement informatique (SNDI).
Durant deux jours, près de 84 participants issus de 56 institutions, ministères et structures sont appelés à identifier les services publics à fort impact pour les citoyens et les entreprises.
L’objectif est de retenir une première liste de 100 services prioritaires et contribuer à la feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques.
Présidant l’ouverture des travaux, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a insisté sur la nécessité de placer l’usager au centre de la transformation.
« Nous avons la responsabilité d’éviter des cauchemars à nos concitoyens dans le parcours qu’ils ont avec notre administration. Nous avons l’obligation d’anticiper sur leurs besoins », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, cette transformation doit permettre à l’État de mieux coordonner ses systèmes et d’éviter que le citoyen fournisse plusieurs fois les mêmes informations.
Le principe défendu est simple : une information déjà détenue par l’administration ne devrait plus être réclamée à l’usager.
Le Ministre Djibril Ouattara a notamment cité les concours administratifs, estimant que le certificat de nationalité, le casier judiciaire ou encore les diplômes devraient pouvoir être transmis directement entre plateformes publiques.
Représentant la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Oulotto Lamizana, le Directeur de Cabinet Adjoint, Yao N’guettia Jérôme, a également plaidé pour une administration « amie du citoyen ».
«La réussite de notre transformation numérique ne se mesurera pas au nombre de plateformes créées, mais au nombre de difficultés supprimées pour le citoyen », a-t-il fait valoir.
La SNDI veut passer à la vitesse supérieure. Pour le Directeur général de la SNDI, M. Nongolougo Soro, l’enjeu est désormais de généraliser l’interopérabilité entre les administrations. Une plateforme existe déjà et permet les échanges sécurisés entre plusieurs systèmes d’information publics.
La priorité est maintenant d’étendre son utilisation et d’identifier les services nécessitant des infrastructures communes, notamment l’identité numérique, les échanges sécurisés de données et les paiements numériques.
La Côte d’Ivoire entend surtout regarder plus loin. Le Ministre Djibril Ouattara a fixé un cap ambitieux : atteindre 700 services publics numériques dans les trois prochaines années, avec un impact réel sur les populations.
« 700 services bien coordonnés, et 700 services qui ont de l’impact réel pour nos concitoyens », a-t-il lancé.
De la plateforme d’interopérabilité au « Zéro Papier » annoncé pour 2030, l’administration ivoirienne veut désormais faire du numérique moins une vitrine qu’un véritable outil de simplification. Car, au bout du clic, c’est bien le citoyen qui devra mesurer la différence.
Jean Chresus, Abidjan
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