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Côte d'Ivoire : Depuis Abidjan, Sidi Tiémoko Touré interpelle : « L'Afrique n'a pas besoin seulement de routes, mais aussi de liberté »
 

Côte d'Ivoire : Depuis Abidjan, Sidi Tiémoko Touré interpelle : « L'Afrique n'a pas besoin seulement de routes, mais aussi de liberté »

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 07 septembre 2026 - 18:39

Les premières Rencontres africaines de la liberté ont réuni, le 3 septembre à Abidjan, chercheurs, décideurs, entrepreneurs, étudiants et acteurs de la société civile autour d’une question centrale : comment faire de la liberté un moteur de prospérité, de responsabilité et de développement humain en Afrique ?


La liberté peut-elle constituer l’un des grands leviers de transformation de l’Afrique au XXIᵉ siècle ? C’est autour de cette interrogation qu’ont été lancées, à Abidjan, les premières Rencontres africaines de la liberté, organisées par Audace Institut Afrique, en partenariat avec Atlas Network, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté et le Centre de recherche et d’action pour la Paix (CERAP).


Placée sous le thème « Repenser la liberté à partir des réalités humaines », cette première édition entend dépasser les débats exclusivement centrés sur les indicateurs économiques, les réformes institutionnelles ou les mécanismes de marché. L’ambition affichée est de replacer au cœur de la réflexion les réalités vécues par les Africains : dignité, confiance, responsabilité, solidarité, comportements sociaux, entrepreneuriat et accès aux opportunités.


L’ouverture des Rencontres a été marquée par un Grand Oral consacré à la question : « Pourquoi la liberté est un enjeu majeur pour l’Afrique du XXIᵉ siècle ? »


Dans son intervention inaugurale, le ministre et Vice-Président de l’Internationale libérale a choisi de partir d’une image familière : celle des femmes qui travaillent quotidiennement sur les marchés africains.


À travers leur capacité à négocier, emprunter, investir, vendre, rembourser et faire vivre leur famille, ces femmes incarnent, selon lui, une liberté économique déjà profondément enracinée dans les pratiques sociales africaines.


L’orateur a ainsi voulu déconstruire l’idée selon laquelle la liberté serait une valeur importée d’Occident. « La liberté n’est pas étrangère à l’Afrique. C’est la confiscation de la liberté qui lui est étrangère », a-t-il affirmé, en faisant référence à trois institutions sociales familières du continent : l’arbre à palabres, symbole du débat et de la consultation ; le marché, lieu d’échange volontaire ; et la tontine, fondée sur la confiance, l’engagement et la responsabilité.


Une manière de défendre une conception de la liberté qui ne serait pas plaquée sur les sociétés africaines, mais qui pourrait au contraire s’appuyer sur des pratiques sociales et culturelles existantes.


Le débat prend une dimension particulière dans un continent dont la population est exceptionnellement jeune.


Pour les organisateurs, le défi démographique africain ne pourra devenir une opportunité que si les jeunes disposent de véritables marges de liberté pour apprendre, entreprendre, créer, circuler et participer à la vie publique.


La révolution numérique accentue encore cette transformation. Avec un smartphone et une connexion internet, un jeune Africain peut aujourd’hui accéder à l'information, développer une activité commerciale, proposer un service ou échanger avec des interlocuteurs situés à Lagos, Nairobi, Paris ou Séoul. Mais cette ouverture crée également de nouvelles attentes.


« Une jeunesse à qui l’on ferme ces portes n’est plus une promesse. Elle devient une salle d’attente », a lancé l’intervenant, avant d'évoquer les deux issues possibles de cette frustration : le départ vers l’étranger ou la colère sur place.


Pour les participants, l’enjeu est donc de transformer le potentiel démographique du continent en opportunités concrètes : accès à l’éducation, entrepreneuriat, compétences, information économique, mobilité et participation citoyenne.


Les Rencontres ont également posé le débat sur le rapport entre liberté politique et liberté économique.


Dans son Grand Oral, l’intervenant a défendu l’idée que ces deux dimensions sont indissociables. Respect de la propriété, justice accessible, concurrence, innovation, liberté d’entreprendre et institutions responsables constitueraient, selon cette approche, les conditions d’un développement durable.


 

« La liberté économique et la liberté politique ne sont pas deux sujets séparés. Ce sont les deux jambes d’un même corps », a-t-il résumé.


Cette réflexion intervient dans un contexte africain marqué par des trajectoires politiques contrastées. Les coups d’État, les transitions prolongées, les restrictions de l’espace civique, les tensions autour de la liberté de la presse ou encore les coupures d’internet nourrissent une interrogation centrale : peut-on durablement garantir la stabilité sans garantir également les libertés?


L’approche défendue à Abidjan se veut sans ambiguïté : la stabilité ne saurait être durablement fondée sur la contrainte. « L’ordre sans la liberté n’est pas la paix. C’est une pause avant l’orage », a estimé l’orateur.


L’un des apports majeurs de cette première édition réside dans la volonté de ne pas opposer liberté individuelle et solidarité collective.


Pour les organisateurs, l’expérience africaine démontre au contraire que l’initiative individuelle peut coexister avec de puissants mécanismes d’entraide.


La tontine en constitue l’un des exemples les plus parlants : chacun y participe volontairement, respecte ses engagements et contribue à la réussite collective. Liberté, responsabilité et solidarité apparaissent ainsi comme les trois piliers d’une même vision du développement humain.


Être libre ne signifierait donc pas pouvoir agir sans limites, mais disposer de la capacité d’agir tout en assumant les conséquences de ses choix et en respectant la liberté des autres.


Au-delà du plaidoyer en faveur de la liberté, les Rencontres africaines ambitionnent surtout de renouveler la manière de penser les politiques publiques.


Le constat posé par les organisateurs est simple : certaines réformes techniquement pertinentes échouent parce qu’elles ne tiennent pas suffisamment compte des réalités sociales, culturelles et humaines dans lesquelles elles doivent être appliquées.


La confiance, la réputation, les relations de proximité, les solidarités informelles, les habitudes culturelles ou encore la perception des institutions peuvent en effet influencer fortement l’efficacité d’une politique publique.


Les débats entendent donc dépasser les oppositions traditionnelles entre État et marché, tradition et modernité, ou encore liberté individuelle et solidarité collective.

L'objectif est de promouvoir des politiques plus simples, plus compréhensibles et davantage centrées sur les pratiques réelles des citoyens.


Trois panels pour prolonger le débat


Après les interventions inaugurales, les participants ont été invités à approfondir ces questions à travers trois panels thématiques.

Le premier, consacré à la conception de politiques publiques plus attentives aux réalités sociales en Afrique, s'intéresse aux raisons pour lesquelles certaines réformes bien intentionnées produisent des résultats décevants sur le terrain.


Le deuxième porte sur la jeunesse africaine et les chemins de la réussite. Il aborde notamment le mérite, l'accès aux opportunités, l'entrepreneuriat, les compétences relationnelles, les réseaux et la diversification des trajectoires professionnelles.


 

Le troisième, intitulé « Être libre et solidaire : expérience de solidarités en Afrique », explore les liens entre liberté économique, responsabilité individuelle, entraide volontaire et cohésion sociale.


À travers cette architecture, les organisateurs veulent faire des Rencontres un espace de dialogue entre économistes, philosophes, sociologues, entrepreneurs, responsables publics, journalistes, étudiants et acteurs de la société civile.


Au-delà de cette première édition, Audace Institut Afrique entend inscrire les Rencontres dans la durée et en faire un rendez-vous annuel du débat intellectuel africain.


L'ambition est également de produire et de diffuser des contenus accessibles — synthèses, vidéos, publications et actes des rencontres afin de prolonger les échanges au-delà de la salle de conférence.

Dans son discours d'ouverture, l'intervenant a appelé à investir autant dans les idées que dans les infrastructures.


« L’Afrique a non seulement besoin de routes et de ponts ; elle a besoin aussi de penseurs, de think tanks, de débatteurs, de contradicteurs », a-t-il déclaré.


Il a également appelé à développer une réflexion sur la liberté à partir des réalités africaines, dans les langues, les références et les expériences du continent.


« Le XXIᵉ siècle sera africain… s’il est libre »


En conclusion de son Grand Oral, l’intervenant a résumé le message des premières Rencontres africaines de la liberté autour de quatre idées : la liberté est profondément enracinée dans les sociétés africaines ; elle constitue un levier de prospérité ; elle contribue à la construction d’une paix durable ; et elle implique responsabilité et respect de la liberté des autres.


S’adressant particulièrement à la jeunesse, il a lancé un appel à l’engagement : ne pas attendre que la liberté soit accordée d’en haut, mais la faire vivre dans l’entreprise, l’association, le débat public, les médias, les réseaux sociaux et les urnes.


Puis, dans une formule destinée à résumer l’ambition de la rencontre, il a déclaré : « Le XXIᵉ siècle sera africain, on nous le répète assez. Moi, je dis : il ne sera africain que s’il est libre. »


Avec cette première édition, Abidjan entend ainsi s’imposer comme un espace Liberté en Afrique, « Sidi Tiémoko Touré formel : “Le XXIᵉ siècle sera africain, mais seulement s’il est libre” réflexion sur une question appelée à prendre une importance croissante : comment construire une Afrique plus libre, plus prospère, mais aussi plus humaine, responsable et solidaire ?


C’est tout l’enjeu des Rencontres africaines de la liberté, dont cette première édition aura posé les fondations.


Wassimagnon


 
 
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