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Côte d'Ivoire : Filière café-cacao, sept organisations de producteurs boycottent la concertation de l'OIA à Divo
 

Côte d'Ivoire : Filière café-cacao, sept organisations de producteurs boycottent la concertation de l'OIA à Divo

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 11 septembre 2026 - 07:57


À la veille de la réunion convoquée par l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), prévue ce 11 septembre 2026 à Divo, sept organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire annoncent leur décision de ne pas y participer. Dans une déclaration commune, elles dénoncent ce qu’elles considèrent comme des insuffisances dans la défense des intérêts des producteurs et réclament un véritable cadre de concertation, centré sur les préoccupations des planteurs.


La réunion annoncée par l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) à Divo, ce vendredi 11 septembre 2026 à 20 heures, se tiendra sans la participation de sept organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire.


Dans une déclaration rendue publique le 10 septembre, la CRCI, la CNMA-CI, le SYNARFACI, le SYPRODACI, le SYNAPROCCACI, l’UNAJEPACI et le SYNEMACCI indiquent avoir pris collectivement la décision de ne pas répondre à l’invitation de l’OIA.


Les organisations signataires expliquent cette décision par une série de désaccords et d’interrogations portant sur le fonctionnement de l’interprofession et, plus largement, sur sa capacité à défendre efficacement les intérêts des producteurs.


Dans leur déclaration, les sept organisations rappellent que la création de l’OIA avait déjà suscité, à ses débuts, des réserves et des interrogations au sein de plusieurs organisations de producteurs.


Elles indiquent néanmoins avoir choisi de prendre acte de la mise en place de cette structure, dans l’espoir qu’elle puisse devenir un véritable instrument de représentation et de défense des planteurs dans les discussions relatives aux filières agricoles.

Selon elles, cette attente n’aurait toutefois pas été suffisamment satisfaite au regard des événements intervenus depuis la création de l’organisation.


Le dossier sensible des stocks de cacao

Parmi les principaux griefs évoqués figure la gestion de l’enlèvement des stocks de cacao identifiés et inventoriés au cours de la grande campagne 2025-2026.


Les organisations signataires rappellent que l’État avait demandé au Conseil du Café-Cacao de procéder à un inventaire et à un état des lieux des stocks concernés. Dans le cadre du dispositif d’enlèvement, une dotation avait également été attribuée à l’OIA.


Elles estiment que cette responsabilité aurait dû conduire l’interprofession à accorder une priorité aux stocks issus des coopératives et des zones effectivement inventoriées.

Or, affirment-elles, des volumes de cacao provenant d’autres sources auraient été enlevés au détriment de stocks régulièrement inventoriés auprès de producteurs et de coopératives.


Ces organisations demandent, sur ce point, davantage de clarté et de transparence sur les conditions dans lesquelles le processus a été conduit.


Autre sujet de mécontentement : la participation des organisations professionnelles agricoles aux Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC).

Les sept organisations déplorent l’absence de plusieurs structures représentatives des producteurs à cet événement majeur de la filière.


Elles estiment que l’OIA, qui figurait parmi les acteurs impliqués dans l’organisation des JNCC, aurait dû, selon elles, accorder une attention particulière à la représentation des organisations de producteurs et réagir face à leur non-participation.


Pour les signataires, cette situation nourrit leurs interrogations sur la capacité de l’interprofession à porter la voix des producteurs dans les principales instances et manifestations de la filière.


La gestion d’une importante dotation de produits phytosanitaires obtenue par l’OIA est également évoquée dans la déclaration.

Les organisations demandent notamment des explications sur les modalités de gestion et de distribution de cette dotation. Elles s’interrogent sur le niveau d’information dont auraient bénéficié les organisations professionnelles agricoles et les leaders de producteurs.


Elles plaident, à cet égard, pour une plus grande transparence dans la gestion de tout appui destiné directement aux producteurs.


La déclaration fait également état d’interrogations concernant les positions prises par certains responsables de l’OIA dans le dossier des stocks de cacao.

Les sept organisations rappellent que, alors que l’OIA avait publié un communiqué conjoint avec le Conseil du Café-Cacao annonçant la fin du processus d’enlèvement, l’un de ses administrateurs, présenté comme un vice-président de l’organisation, aurait engagé une procédure judiciaire contre le Gouvernement à travers le Conseil du Café-Cacao.


Pour les signataires, cette situation soulève des questions sur la cohérence des positions défendues par l’interprofession et certains de ses responsables.


Les organisations évoquent également les réactions divergentes enregistrées après l’annonce des prix du cacao. Elles soulignent qu’un administrateur de l’OIA avait publiquement exprimé sa déception concernant le prix annoncé, avant qu’une autre déclaration ne soit publiée le lendemain par l’organisation elle-même.

Ces prises de position successives sont perçues par les signataires comme un autre signe des difficultés de cohérence dans la représentation des producteurs.


La réunion de Divo intervient dans un contexte marqué, selon les sept organisations, par des discussions autour de la parafiscalité dans les filières café-cacao.

Les signataires estiment que les organisations professionnelles agricoles et leurs représentants n’auraient pas été suffisamment associés aux discussions relatives à ce prélèvement qui concerne directement la filière.


Elles contestent ainsi la démarche actuelle de l’OIA, qui sollicite leur soutien alors qu’elles considèrent ne pas avoir été suffisamment défendues sur plusieurs dossiers antérieurs.


« La solidarité entre organisations professionnelles agricoles ne peut pas fonctionner à sens unique », soutiennent-elles en substance.


Le message est donc sans ambiguïté : les sept organisations ne souhaitent pas être associées à une démarche qu’elles considèrent comme tardive et principalement tournée vers la défense des intérêts institutionnels de l’OIA.


Malgré leur décision de boycotter la rencontre de Divo, les sept organisations tiennent à préciser qu’elles ne ferment pas la porte au dialogue.


Elles se disent favorables à toute initiative sérieuse permettant de défendre effectivement les intérêts des producteurs, d’améliorer la transparence dans la gestion et l’enlèvement des stocks de cacao et de renforcer la représentation des organisations de producteurs.


Elles souhaitent également davantage de transparence dans la gestion des ressources de la filière et une présence accrue des producteurs dans les instances de décision.

Surtout, elles appellent à la création d’un véritable cadre de concertation des organisations de producteurs, indépendant des considérations personnelles ou institutionnelles et exclusivement consacré aux préoccupations de la base productrice.


En conclusion, la CRCI, la CNMA-CI, le SYNARFACI, le SYPRODACI, le SYNAPROCCACI, l’UNAJEPACI et le SYNEMACCI réaffirment leur décision de ne pas participer à la réunion convoquée par l’OIA à Divo.


Elles présentent cette décision comme une position de principe, de responsabilité et de souveraineté vis-à-vis des producteurs qu’elles représentent.


Au-delà du bras de fer actuel avec l’OIA, leur déclaration met surtout en lumière une revendication plus large : celle d’une représentation des producteurs jugée plus transparente, plus cohérente et davantage centrée sur les réalités économiques et sociales des planteurs.


Les sept organisations concluent leur déclaration par un mot d’ordre qui résume leur position : « La défense des producteurs ne se négocie pas. »



Ci-joint la Déclaration des sept organisations


DÉCLARATION DES SEPT ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES AGRICOLES DE CÔTE D’IVOIRE


Objet : Réunion convoquée par l’OIA à Divo


 

Nous, représentants des sept organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire, avons pris connaissance de la réunion convoquée par l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA), prévue à Divo le 11 septembre 2026 à 20 heures, à laquelle les organisations professionnelles agricoles sont invitées à prendre part.


Après analyse de la situation et au regard des faits et éléments portés à notre connaissance concernant cette organisation depuis sa création, nous avons décidé, de manière collective, souveraine et responsable, de ne pas participer à cette réunion.


1. UNE CRÉATION QUI A SUSCITÉ DES RÉSERVES DÈS LE DÉPART


Il convient tout d’abord de rappeler que la création de l’OIA a, dès son origine, fait l’objet de réserves, de contestations et de préoccupations exprimées par plusieurs organisations de producteurs.


Cette institution repose sur un système de représentation composé de trois collèges, dont celui des producteurs, auquel a été attribuée une représentation importante, permettant notamment que la présidence de l’organisation soit issue de ce collège.


Nous avons, à l’époque, exprimé des réserves sur les conditions dans lesquelles cette représentation avait été constituée ainsi que sur certains aspects de la mise en place de cette structure qui nous paraissaient devoir être clarifiés.


Cependant, parce que nous considérons depuis toujours qu’il est indispensable que les producteurs disposent d’une institution capable de porter leur voix dans les discussions relatives à la filière, nous avons choisi de prendre acte de la création de l’OIA.


Nous espérions que cette structure deviendrait un véritable instrument de défense des intérêts des planteurs.


Malheureusement, les faits et situations qui ont suivi n’ont pas répondu à cette attente.


2. LA GESTION DES STOCKS DE CACAO : UNE PREMIÈRE DIFFICULTÉ MAJEURE


La première grande difficulté à laquelle les producteurs ont été confrontés après la mise en place de l’OIA concernait l’enlèvement des stocks de cacao identifiés et inventoriés au cours de la grande campagne 2025-2026.


L’État avait demandé au Conseil du Café-Cacao de procéder à l’inventaire et à l’état des lieux des stocks concernés. Dans le cadre du dispositif d’enlèvement, une dotation avait été attribuée à l’OIA.


Nous estimons que cette responsabilité devait conduire l’OIA à accorder une attention prioritaire aux stocks provenant des coopératives et des zones effectivement inventoriées.


Or, selon les éléments dont nous disposons et les constats que nous avons portés à la connaissance des autorités compétentes, des volumes de cacao provenant d’autres sources auraient été enlevés au détriment de stocks régulièrement inventoriés chez des producteurs et des coopératives.


Pour nous, cette situation soulève des interrogations importantes quant à l’exercice de la mission de représentation que cette organisation devait assurer.


Une organisation qui prétend représenter les producteurs doit avant tout être présente à leurs côtés lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés concrètes.


3. LA POSITION DE L’OIA FACE À L’ABSENCE DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES AGRICOLES AUX JNCC


Un autre fait particulièrement préoccupant concerne les Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC).


Alors que les organisations professionnelles agricoles ont traditionnellement été associées à cet événement majeur de la filière, nous avons constaté que plusieurs organisations représentatives des producteurs n’y ont pas participé.


Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’OIA figurait parmi les acteurs impliqués dans l’organisation de cet événement.


Nous attendions donc de l’OIA qu’elle s’interroge publiquement sur cette situation et qu’elle défende la présence et la représentation des organisations de producteurs.


Nous n’avons pas constaté de réaction que nous aurions estimée à la hauteur de cette responsabilité.


L’OIA aurait, selon nous, dû accorder une attention particulière à la participation des organisations professionnelles agricoles représentant les producteurs.


4. LA DOTATION DE PRODUITS PHYTOSANITAIRES


L’OIA a obtenu une importante dotation de produits phytosanitaires.


À ce titre, nous nous interrogeons sur les conditions dans lesquelles cette dotation a été gérée et distribuée.


L’OIA a-t-elle suffisamment informé les organisations professionnelles agricoles et les différents leaders de producteurs qu’elle convoque aujourd’hui ?


Nous estimons que la transparence et l’information des organisations de base doivent constituer une exigence dans la gestion de tout appui destiné aux producteurs.


5. DES INTERROGATIONS SUR LA GESTION DU DOSSIER DES STOCKS


Pendant le processus d’enlèvement des stocks, alors même que l’OIA publiait un communiqué avec le Conseil du Café-Cacao annonçant la fin du processus, l’un de ses administrateurs, en l’occurrence un vice-président de l’OIA, aurait engagé une procédure devant le tribunal à l’encontre du Gouvernement, à travers le Conseil du Café-Cacao.


Une telle situation soulève des interrogations légitimes sur la cohérence de la position de l’OIA et de certains de ses responsables.


Nous estimons que les producteurs ont droit à des explications claires sur cette situation.


6. DES POSITIONS DIFFÉRENTES SUR LE PRIX DU CACAO


Après l’annonce des prix du cacao, un administrateur de l’OIA a fait une déclaration publique pour exprimer sa déception concernant le prix annoncé.


 

Le lendemain, l’OIA a, à son tour, publié une autre déclaration.


Cette succession de prises de position soulève également des interrogations sur la cohérence de la représentation des producteurs au sein de cette organisation.


7. AUJOURD’HUI, L’OIA SOLLICITE LES ORGANISATIONS QU’ELLE N’A PAS SUFFISAMMENT DÉFENDUES


C’est dans ce contexte que nous constatons aujourd’hui la démarche entreprise par les responsables de l’OIA.


Constatant qu’ils estiment ne pas être suffisamment pris en compte dans la parafiscalité, ils convoquent désormais les organisations professionnelles agricoles à une réunion de concertation et sollicitent leur soutien.


Alors que ce prélèvement sur le kilogramme de cacao et de café concerne directement la filière, les leaders et organisations professionnelles agricoles n’ont, à notre connaissance, pas été suffisamment associés aux discussions sur cette question.


Nous estimons que les dirigeants de cette structure, notamment ceux issus du collège des producteurs, auraient dû placer davantage la défense des intérêts des producteurs au centre de leur action.


Nous craignons qu’une organisation qui ne répond pas suffisamment aux attentes des producteurs puisse, malgré ses objectifs, ne pas contribuer à l’amélioration de leur situation économique, alors que ceux-ci sont déjà confrontés à de graves difficultés.


Notre réponse est claire : NON.


Nous ne pouvons pas accepter cette démarche.


Nous ne pouvons pas être sollicités aujourd’hui pour défendre les intérêts institutionnels d’une structure qui, lorsqu’il s’agissait de défendre les producteurs et leurs organisations, n’a pas démontré, à nos yeux, la même détermination.


La solidarité entre organisations professionnelles agricoles ne peut pas fonctionner à sens unique.


8. NOTRE POSITION


Nous considérons donc que la réunion convoquée à Divo ne constitue pas, dans les circonstances actuelles, un cadre de concertation auquel nous estimons devoir participer.


Notre décision de ne pas y prendre part n’est dirigée contre aucune personne.


Elle constitue une position de principe et de responsabilité vis-à-vis des producteurs que nous représentons.


Nous refusons de cautionner une démarche qui, à nos yeux, intervient tardivement et qui nous paraît principalement orientée vers la défense des intérêts institutionnels de l’OIA, alors que cette structure aurait dû, depuis sa création, démontrer concrètement sa capacité à défendre les intérêts des planteurs.


9. NOUS RESTONS FAVORABLES À UN VÉRITABLE DIALOGUE


Notre refus de participer à cette réunion ne signifie nullement que nous sommes opposés au dialogue ou à la concertation.


Au contraire, nous sommes prêts à participer à toute initiative sérieuse ayant pour objectifs :


* la défense effective des intérêts des producteurs ;

* la transparence dans la gestion et l’enlèvement des stocks de cacao ;

* une représentation véritable, équitable et transparente des organisations de producteurs ;

* la transparence dans la gestion des ressources de la filière ;

* la défense des producteurs dans les instances de décision ;

* l’amélioration réelle des conditions de vie et de travail des planteurs.


Nous appelons donc à la mise en place d’un véritable cadre de concertation des organisations de producteurs, indépendant de toute considération personnelle ou institutionnelle et exclusivement centré sur les intérêts de la base productrice.


CONCLUSION


Les producteurs de Côte d’Ivoire ont besoin d’une institution qui soit pleinement à leurs côtés et qui défende leurs intérêts de manière constante.


Ils ont besoin d’une représentation qui les défende avant, pendant et après les crises, qui porte leurs préoccupations dans les instances de décision et qui assume pleinement sa responsabilité lorsque leurs intérêts sont en jeu.


Pour toutes ces raisons, les sept organisations professionnelles agricoles signataires réaffirment leur décision de ne pas participer à la réunion convoquée par l’OIA à Divo.


Notre position est ferme, responsable, souveraine et assumée.


LA DÉFENSE DES PRODUCTEURS NE SE NÉGOCIE PAS.


Fait en Côte d’Ivoire, le 10 septembre 2026


LES SEPT ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES AGRICOLES SIGNATAIRES



Wassimagnon


 
 
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