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Côte d'Ivoire : Poisson cher, gouvernance contestée, l'UMAG-CI interpelle Ouattara et dénonce une crise aux lourdes conséquences
 

Côte d'Ivoire : Poisson cher, gouvernance contestée, l'UMAG-CI interpelle Ouattara et dénonce une crise aux lourdes conséquences

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 27 octobre 2026 - 13:03

Dans une lettre ouverte datée du 27 octobre 2026, l’Union des Mareyeurs grossistes de Côte d’Ivoire (UMAG-CI) tire la sonnette d’alarme sur la situation de la filière pêche. L’organisation dénonce la flambée des prix du poisson, le non-respect présumé du plafonnement du prix du thon instauré en 2022 et les conditions controversées de désignation du président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Pêche. Elle sollicite une intervention urgente du président de la République pour assainir le secteur et préserver le pouvoir d’achat des populations.


La situation de la filière pêche en Côte d’Ivoire suscite de vives préoccupations au sein des acteurs du secteur. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Alassane Ouattara, l’Union des Mareyeurs grossistes de Côte d’Ivoire (UMAG-CI) alerte sur une crise qui, selon elle, fragilise les professionnels et menace l’accès des populations à une denrée alimentaire essentielle.


Signée par son président, Kramo Serge Alain, cette correspondance revient sur plusieurs événements que l’organisation considère comme étant à l’origine des difficultés actuelles du secteur. Elle met notamment en cause la persistance de pratiques spéculatives sur le marché du poisson, ainsi que des irrégularités présumées dans le processus de désignation du président de l’OIA Pêche.


À travers cette démarche, l’UMAG-CI entend obtenir une intervention des plus hautes autorités afin de rétablir, selon ses termes, la légalité dans la gouvernance de la filière et de mieux encadrer la commercialisation des produits halieutiques.


Parmi les principaux griefs soulevés figure le non-respect présumé du décret pris en 2022 pour plafonner le prix du kilogramme de thon. Selon l’UMAG-CI, cette mesure, destinée à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs, n'aurait pas été appliquée par certains acteurs opérant au Port de pêche d’Abidjan.


L’organisation estime que cette situation aurait favorisé la surenchère et la spéculation, avec des répercussions sur d’autres espèces de poissons, notamment le maquereau et le chinchard.


Pour les professionnels signataires de la lettre, cette évolution contribue à fragiliser l’équilibre de la filière et à compliquer l’approvisionnement des marchés en produits halieutiques accessibles aux ménages.


Face à ces difficultés, l’UMAG-CI demande au chef de l’État de faire respecter les dispositions réglementaires en vigueur et de veiller à une meilleure régulation du marché.


Au-delà de la question des prix, la lettre ouverte met en lumière un différend relatif à la gouvernance de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la pêche.

L’UMAG-CI rappelle que, le 18 mars 2023 à Abidjan, les acteurs de la filière se seraient réunis en assemblée générale et auraient élu M. BAKAYOKO Mamadou au poste de président du conseil d’administration (PCA) de l’OIA Pêche.


Selon l’organisation, cette assemblée générale aurait été convoquée conformément aux textes applicables aux associations et aux organisations interprofessionnelles agricoles. Elle affirme toutefois que les travaux ont été suspendus de manière arbitraire par certains membres du cabinet du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH).


L’UMAG-CI évoque ensuite une seconde assemblée générale, organisée le 3 août 2023, au cours de laquelle M. Kassogué Daouda, dit Moumouni, aurait été désigné à la tête de l’organisation.


 

La structure conteste cette désignation. Elle soutient notamment que l'intéressé ne serait issu d'aucune des familles professionnelles constitutives de l'OIA Pêche, telles que définies par les textes qu'elle invoque.

L’organisation considère ainsi que le processus ayant conduit à cette désignation soulève des questions de conformité juridique et de légitimité institutionnelle.


Elle avance également l’hypothèse selon laquelle ces manœuvres viseraient à préserver les intérêts de certains acteurs de la filière. Ces accusations, formulées par l’UMAG-CI, nécessitent toutefois d’être confrontées aux textes applicables ainsi qu’aux explications des personnes et institutions mises en cause.


Pour l’UMAG-CI, les conséquences de cette crise dépassent les seules questions de gouvernance et de fixation des prix.


L’organisation attire particulièrement l’attention sur la situation des femmes mareyeuses, des transformatrices, des vendeuses de garba et des jeunes qui tirent leurs revenus des activités liées à la pêche.


Selon elle, les difficultés qui affectent le secteur contribuent à fragiliser ces catégories professionnelles, dont les activités dépendent notamment de la disponibilité du poisson et de conditions d’approvisionnement économiquement viables.


La hausse des prix et les tensions sur le marché risqueraient ainsi d'accentuer les difficultés des opérateurs, tout en réduisant la capacité des consommateurs à accéder à cette source importante de protéines.


Au-delà des intérêts professionnels, l’UMAG-CI place donc le débat sur le terrain du pouvoir d’achat, de l’emploi et de la sécurité alimentaire.


Face à cette situation, l’UMAG-CI sollicite une intervention personnelle et urgente du président de la République. Dans sa lettre ouverte, elle formule quatre principales demandes.


La première consiste à faire appliquer le dispositif de plafonnement du prix du thon adopté en 2022. La deuxième vise à faire la lumière sur les circonstances entourant les assemblées générales des 18 mars et 3 août 2023.


L’organisation demande également l’annulation des actes qu’elle estime avoir été pris en violation des dispositions encadrant les organisations interprofessionnelles agricoles. Enfin, elle plaide pour une régulation plus rigoureuse de la filière pêche, dans le but de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs et de renforcer la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.


 

Des copies de cette correspondance ont été adressées au vice-président de la République, au Premier ministre, au ministre des Ressources animales et halieutiques, à l’Inspection générale d’État ainsi qu’à la presse nationale et internationale.


En concluant sa lettre, l’UMAG-CI présente le président de la République comme son « dernier recours », traduisant ainsi le degré d’urgence qu’elle attribue à la situation.

Reste désormais à savoir quelles suites seront réservées à cette interpellation et si les autorités compétentes engageront des démarches pour examiner les différentes préoccupations soulevées.


Au-delà de la controverse entourant la gouvernance de l’OIA Pêche, les enjeux sont importants : garantir des règles transparentes dans l’organisation de la filière, assurer une commercialisation plus équilibrée des produits halieutiques et préserver les revenus des professionnels comme le pouvoir d’achat des ménages.


Dans un contexte où la sécurité alimentaire constitue un enjeu majeur, l’appel de l’UMAG-CI remet ainsi au centre du débat la nécessité d’une gouvernance concertée, transparente et conforme aux textes en vigueur dans la filière pêche ivoirienne.




Wassimagnon




 
 
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