Côte d'Ivoire : le PPA-CI dénonce un « terrorisme judiciaire » après l'incarcération de Katinan Koné
Les responsables du PPA-CI devant la presse (Ph Koaci)
Dans une déclaration rendue publique à Abidjan, le vendredi 11 septembre 2026, la direction du Parti des Peuples Africains–Côte d’Ivoire (PPA-CI) a exprimé sa vive indignation après la mise sous mandat de dépôt de Justin Katinan Kone, 4e vice-président du parti. Pour les responsables de cette formation politique, l’heure est grave. Ils dénoncent une procédure qui, selon eux, a brutalement changé de nature, passant d’une simple convocation pour délit de parole à une incrimination criminelle d’une gravité exceptionnelle.
Le vendredi 11 septembre 2026, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan a annoncé, dans un communiqué, la mise sous mandat de dépôt de Katinan Koné, ainsi que son transfèrement à la section antiterroriste avant son défèrement à l’ex-MACA. Cette décision fait suite à une plainte déposée le lundi 7 septembre 2026 par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). À l’origine, Justin Katinan Koné avait été convoqué pour diffamation, injures et fausses nouvelles en lien avec la question de l’orpaillage illégal. Mais contre toute attente, il a été inculpé pour des faits d’une tout autre nature. En l’espace d’une audition, le chef d’accusation a basculé d’un délit de parole à une série d’infractions criminelles : actes terroristes, attentat et complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et apologie de crimes de meurtre liés aux événements électoraux de 2025.
Pour le PPA-CI, cette situation révèle une dérive inquiétante. Le parti de Gbagbo estime que, sous le régime actuel, tous ses cadres sont désormais des prisonniers ambulants en sursis. À tout moment, soutient-il, des faits totalement éloignés du contexte peuvent être ressuscités pour les jeter en prison.
La direction du parti s’interroge alors : le RHDP veut-il ramener le pays à l’ère sombre du parti unique ? Si telle est sa volonté politique, qu’il le dise ouvertement, ajoute-t-elle, au lieu d’utiliser des artifices grossiers.
Pour une simple tribune libre, pour une critique venue de l’opposition et portant sur la mal gouvernance du pouvoir, notamment sur l’orpaillage clandestin et illégal qui constitue une grave menace sanitaire et environnementale, ajoute le. PPA-CI, un responsable de l’opposition se retrouve au cachot pour terrorisme. La formation politique de Gbagbo se demande jusqu’à quand le débat politique civilisé sera possible dans ce pays. Il ne cache pas sa conviction : à travers le harcèlement de ses lieutenants, c’est le référent politique du parti, l'ex-président ivoiren, qui est directement visé et programmé pour être neutralisé. Le parti rappelle, en outre, que cet énième coup de force survient alors que plus de 1 000 prisonniers d'opinion croupissent déjà dans les geôles du pays sans le moindre jugement, dans un mépris total des droits humains, pour avoir simplement revendiqué l’inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorale et dénoncé la cherté de la vie.
Face à ce qu’il qualifie de "terrorisme judiciaire", le PPA-CI condamne avec la plus grande véhémence ce qu’il appelle le kidnapping institutionnel et l’arrestation du camarade Justin Katinan Koné. Il exige sa libération immédiate et sans condition, ainsi que celle des autres prisonniers.
Le parti a pris à témoin l’opinion nationale et internationale sur la dérive autocratique du RHDP, qui refuse le débat d’idées et la réplique argumentée pour préférer la terreur judiciaire et imposer le silence. Il réaffirme avec force sa détermination à poursuivre le combat pour la démocratie et la liberté.
Il prévient qu’il ne se laissera jamais intimider, museler, encore moins mettre sous l’éteignoir par un pouvoir qui instrumentalise la justice. Il lance un appel solennel à la mobilisation générale face à la tentative de liquidation de la démocratie et aux menaces directes contre Laurent Gbagbo.
Il demande à ses militantes, à ses militants et à tous les démocrates de se tenir prêts pour opposer une résistance pacifique mais farouche à l’arbitraire. Enfin, la direction du parti annonce qu’elle se réunira en urgence dans les heures qui suivent pour analyser la situation et déterminer la conduite à suivre.
Jean Chresus
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