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Côte d'Ivoire : Conflits fonciers, crise de chefferie, arrêtés préfectoraux..., Coulibaly Kuibiert engage un dialogue direct avec les chefs Tchamans
 

Côte d'Ivoire : Conflits fonciers, crise de chefferie, arrêtés préfectoraux..., Coulibaly Kuibiert engage un dialogue direct avec les chefs Tchamans

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 15 septembre 2026 - 18:16

Face à la multiplication des litiges fonciers et des contestations liées aux arrêtés préfectoraux dans les villages Atchan, le Conseil d’État veut renforcer le dialogue avec les autorités coutumières. Reçus ce mardi 15 septembre 2026 par le président de l’institution, Coulibaly Kuibiert Ibrahime, les chefs Tchaman ont plaidé pour une collaboration plus étroite avec la justice, afin de contribuer à la préservation de la paix sociale dans le District autonome d’Abidjan.


Une rencontre placée sous le signe du dialogue, de l’apaisement et de la recherche de solutions. Le président du Conseil d’État, Coulibaly Kuibiert Ibrahime, a reçu, ce mardi 15 septembre 2026, une délégation du Collectif des chefs Tchaman (Atchan), conduite par son président, Nangui Mages, chef du village de Songon Dagbé.


Cette audience intervient dans un contexte marqué par la persistance de plusieurs conflits fonciers et coutumiers dans les villages du District autonome d’Abidjan. Elle traduit surtout la volonté des deux parties de privilégier le dialogue institutionnel pour prévenir l’escalade des tensions et favoriser le règlement pacifique des différends.


Dès l’ouverture des échanges, le président du Conseil d’État a salué la démarche des autorités coutumières. Pour Coulibaly Kuibiert Ibrahime, le recours aux institutions judiciaires constitue une avancée importante dans la consolidation de l’État de droit.


« Que le citoyen ait recours à la justice, c’est déjà une bonne chose », a-t-il déclaré, estimant que cette démarche démontre la volonté des populations de privilégier les voies légales plutôt que la violence ou la justice privée.


Le président du Conseil d’État a ainsi assuré les chefs traditionnels de sa disponibilité à écouter leurs préoccupations et à accompagner, dans le respect des compétences de chacun, les initiatives susceptibles de contribuer à la cohésion sociale dans les villages.


Prenant la parole au nom de ses pairs, Nangui Mages a d’abord présenté les civilités du Collectif des chefs Tchaman avant de féliciter Coulibaly Kuibiert Ibrahime pour sa nomination à la tête du Conseil d’État, le 7 mai 2026.


Il a ensuite rappelé les principales missions du Collectif, notamment la coordination des villages Atchan du District autonome d’Abidjan et la promotion de la paix et du développement.


Mais derrière cette démarche institutionnelle se trouve une préoccupation majeure : la multiplication des conflits qui affectent certains villages.


« Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de problèmes dans nos villages. Diverses natures, on pourrait citer les problèmes de terre et les questions d’arrêtés préfectoraux », a expliqué le président du Collectif.


Selon lui, plusieurs dossiers concernant le foncier ainsi que des arrêtés préfectoraux sont actuellement pendants devant le Conseil d’État. Les chefs Tchaman souhaitent donc instaurer un cadre d’échanges régulier avec l’institution judiciaire afin de mieux comprendre les procédures et, lorsque cela est possible, apporter leur contribution à la recherche de solutions.


« Nous sommes disponibles »


Loin de se présenter comme de simples parties aux procédures, les chefs traditionnels entendent jouer un rôle de partenaires dans la résolution des conflits.


« Nous sommes disponibles. Nous nous mettons à votre disposition en cas de besoin pour vous apporter notre petite contribution à la gestion de toutes ces questions », a indiqué Nangui Mages.


 

Le chef de Songon Dagbé a également insisté sur la nécessité de rapprocher les populations de la justice. Il a notamment évoqué la crainte que certains villageois peuvent éprouver vis-à-vis des institutions judiciaires.


« Nous, les villageois, parfois, on a peur de la justice. Nous souhaiterions que vous nous donniez l’autorisation de pouvoir aussi parler avec vous », a-t-il plaidé.


Une demande à laquelle le président du Conseil d’État s’est montré particulièrement réceptif.


Dans sa réponse, Coulibaly Kuibiert Ibrahime a révélé l’ampleur du contentieux auquel son institution est confrontée. Sur environ 5 000 dossiers pendants devant le Conseil d’État, plus de 4 000 seraient liés au foncier ainsi qu’aux arrêtés de nomination des chefs.


Ces chiffres témoignent de l’importance des enjeux fonciers et coutumiers dans le District autonome d’Abidjan, où la pression urbaine et l’évolution rapide des territoires peuvent contribuer à complexifier les relations entre populations, autorités administratives et autorités traditionnelles.


« J’ai envie de dire qu’ils prêchaient à des convertis », a lancé le président du Conseil d’État, soulignant que la problématique soulevée par les chefs Tchaman figure déjà parmi les préoccupations de son institution.

Il a par ailleurs indiqué avoir engagé des échanges avec la Chambre nationale des Rois et Chefs traditionnels ainsi qu’avec le ministère de l’Intérieur afin de réfléchir à un mécanisme permettant de mieux traiter ces différents contentieux.


L’objectif affiché est désormais de parvenir à une méthode de travail commune associant les différentes parties prenantes.

« Ensemble, nous allons mettre une sorte de mode opératoire pour régler tous les problèmes, pour le grand bonheur de nos populations. Parce que c’est la paix qui doit primer dans notre pays », a déclaré Coulibaly Kuibiert Ibrahime.


Cette approche vise à favoriser une meilleure compréhension des réalités coutumières, tout en garantissant le respect des procédures et des décisions relevant de la justice administrative.


Pour les chefs Tchaman, l’enjeu dépasse donc les seuls dossiers actuellement pendants devant le Conseil d’État. Il s’agit également de créer un climat de confiance durable entre les autorités traditionnelles et les institutions de la République.


Les chefs saluent également l’action à la CEI


Au cours de l’audience, les chefs Tchaman ont également tenu à saluer le travail accompli par Coulibaly Kuibiert Ibrahime lorsqu’il dirigeait la Commission électorale indépendante (CEI).


Ils l’ont notamment félicité pour l’organisation d’élections qu’ils ont jugées apaisées et sans heurts majeurs, une performance appréciée par les populations.

Cette marque de reconnaissance a contribué à renforcer le caractère convivial de la rencontre, qui s’est déroulée dans un esprit d’écoute et de responsabilité.


 

À l’issue de l’audience, Nangui Mages s’est dit rassuré par les échanges avec le président du Conseil d’État. Pour lui, les bases d’une collaboration étroite viennent d’être posées.


« Nous partons d’ici très rassurés et nous voulons rassurer toutes nos populations : nous avons trouvé une oreille attentive à nos préoccupations », a-t-il assuré.


Cette rencontre pourrait ainsi constituer un tournant dans la gestion des conflits fonciers et coutumiers dans le District autonome d’Abidjan. En privilégiant le dialogue entre justice, administration et autorités traditionnelles, les différents acteurs entendent contribuer à la prévention des tensions et à la consolidation de la paix sociale.


Au-delà des procédures judiciaires, le message porté à l’issue de cette audience est clair : la recherche de solutions durables aux conflits qui traversent les villages Tchaman devra passer par la concertation, le respect des institutions et une meilleure prise en compte des réalités locales.






Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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