Côte d'Ivoire : 60 ans de la SODEFOR, Jacques Assahoré : « Que voulons-nous faire du prochain chapitre de notre histoire ? »
Le Ministre Jacques Assahoré (DR)
15 septembre 1966-15 septembre 2026, il y a exactement soixante ans, l’État de Côte d’Ivoire créait la Société de Développement des Forêts, la SODEFOR, pour en faire l’un des instruments majeurs de sa politique forestière et de gestion de son patrimoine forestier.
A l’occasion de la célébration des soixante ans de la SODEFOR, le Ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan a adressé un message.
Ci-dessous l’intégrité du message du Ministre…
SOIXANTE ANS DE LA SODEFOR :
MOT DE
MONSIEUR JACQUES ASSAHORE KONAN,
MINISTRE DES EAUX ET FORETS.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, avant toute chose, exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République, pour la confiance renouvelée qu’il a bien voulu m’accorder en me confiant la responsabilité du Ministère des Eaux et Forêts.
Cette confiance m’honore. Mais surtout, elle m’oblige. Elle m’impose un devoir accru de rigueur, de loyauté et de résultats, dans un secteur qui touche directement à la vie de nos populations, à notre environnement et, plus largement, à l’avenir de notre pays.
15 septembre 1966 – 15 septembre 2026.
Il y a exactement soixante ans, l’État de Côte d’Ivoire créait la Société de Développement des Forêts, la SODEFOR, pour en faire l’un des instruments majeurs de sa politique forestière et de gestion de son patrimoine forestier.
Soixante années, c’est une longue histoire. Une histoire faite d’engagements, de réalisations, de défis surmontés, mais aussi d’épreuves et de mutations. Une histoire à laquelle des générations de forestiers, de techniciens, de cadres et de travailleurs ont apporté leur compétence, leur courage et leur dévouement. À toutes ces femmes et à tous ces hommes, je voudrais rendre hommage.
Mais un anniversaire n’est pas seulement le moment de regarder le chemin parcouru. Il est aussi l’occasion de se demander: Que voulons-nous faire du prochain chapitre de notre histoire?
Cette question est d’autant plus importante que notre patrimoine forestier fait aujourd’hui face à des menaces nouvelles et particulièrement préoccupantes : l’orpaillage illégal, les occupations et exploitations illicites, la pression foncière, les feux de brousse et, plus largement, la dégradation continue de nos écosystèmes.
Face à ces défis, nous devons changer d’échelle et, parfois, changer de méthode. L’État a fait le choix de la fermeté dans la protection de son patrimoine, mais aussi celui de la restauration, de l’agroforesterie et de la recherche d’alternatives économiques durables pour les populations. C’est dans cette nouvelle ambition que la SODEFOR doit prendre toute sa place.
Je voudrais, à cet égard, saluer avec une particulière satisfaction la distinction récemment obtenue par la SODEFOR au Prix National d’Excellence 2026, où elle s’est classée Troisième dans la catégorie de la performance économique et financière des entreprises non commerciales du secteur non marchand. Cette distinction est importante.
Elle constitue d’abord une reconnaissance du travail accompli par la Direction Générale, les cadres, les agents et l’ensemble des collaborateurs de la SODEFOR.
Mais elle constitue surtout, à mes yeux, un encouragement et une responsabilité. Elle nous rappelle que la performance n’est pas incompatible avec une mission de service public ; bien au contraire, elle en est aujourd’hui une condition essentielle.
À soixante ans, la SODEFOR ne doit donc pas seulement être une institution qui a une histoire. Elle doit être une institution qui prépare l’avenir.
Notre ambition est claire : faire de la SODEFOR un instrument encore plus fort, plus performant, plus proche du terrain et davantage orienté vers les résultats.
Une SODEFOR capable de protéger efficacement les forêts qui lui sont confiées.
Une SODEFOR capable de restaurer les espaces dégradés.
Une SODEFOR capable d’accompagner la transition vers une agriculture et une agroforesterie durables.
Une SODEFOR capable enfin de contribuer à l’émergence d’une véritable économie forestière légale, durable et créatrice de valeur.
C’est tout le sens de la Stratégie de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts, la SPREF, qui constitue aujourd’hui le cadre de notre action.
C’est également le sens des réformes engagées dans le dispositif des concessions forestières, qui doivent contribuer à mieux protéger, mieux gérer et, surtout, mieux restaurer notre patrimoine forestier.
La conservation ne s’oppose pas au développement. Mais nous devons désormais avoir le courage de le dire clairement : le développement de la Côte d’Ivoire ne peut plus se construire sur la prédation de ses ressources naturelles.
Nous devons produire sans détruire, Exploiter sans épuiser; Développer sans compromettre l’avenir. C’est cette exigence qui doit guider la SODEFOR au cours des prochaines décennies.
Mesdames et Messieurs,
À l’occasion de ce soixantième anniversaire, je veux donc saluer avec respect celles et ceux qui, depuis 1966, ont contribué à écrire l’histoire de la SODEFOR.
Je veux également féliciter chaleureusement l’ensemble du personnel pour la distinction obtenue cette année. Mais surtout, je veux leur dire que le meilleur hommage que nous puissions rendre aux soixante années écoulées est de réussir les soixante années à venir.
L’histoire nous a légué un patrimoine forestier à préserver. Notre génération a le devoir de le restaurer. Et les générations futures devront pouvoir en hériter.
La SODEFOR a soixante ans.
Que les soixante prochaines années soient celles de son renouveau, de son excellence et de son plein engagement au service de la forêt ivoirienne et de la Côte d’Ivoire.
Joyeux 60ᵉ anniversaire à la SODEFOR !
Vive la SODEFOR !
Vive la forêt ivoirienne !
Et vive la Côte d’Ivoire !
Je vous remercie.
Donatien Kautcha, Abidjan
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