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Soudan : Mer Rouge, le rapprochement entre Riyad et Khartoum ravive le dossier sensible des frontières maritimes
 

Soudan : Mer Rouge, le rapprochement entre Riyad et Khartoum ravive le dossier sensible des frontières maritimes

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 16 septembre 2026 - 20:20



Alors que l’Arabie saoudite intensifie ses investissements au Soudan et que les relations entre Riyad et Khartoum connaissent un nouvel élan, la question non réglée de la délimitation des frontières maritimes revient au centre des préoccupations. Un dossier ancien, lié à l’exploitation des ressources de la mer Rouge, qui pourrait prendre une dimension stratégique à mesure que les projets économiques se multiplient sur le littoral soudanais.


Le rapprochement entre l’Arabie saoudite et le Soudan prend une nouvelle dimension économique, notamment sur le littoral de la mer Rouge. Cette dynamique remet toutefois en lumière un dossier sensible et toujours inachevé : la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives entre les deux pays.


Ces derniers jours, les relations entre Khartoum et Riyad ont été marquées par plusieurs initiatives économiques et politiques. Le 10 septembre, le Soudan a notamment signé un protocole d’accord avec le groupe saoudien « Toueq » pour la réhabilitation de la raffinerie de Khartoum et la construction d’une nouvelle raffinerie de grande capacité à Port-Soudan.


Selon le ministère soudanais de l’Énergie et du Pétrole, cet accord doit constituer le point de départ d’un élargissement de la coopération avec l’Arabie saoudite et d’une augmentation des investissements saoudiens dans le secteur pétrolier soudanais.


Un accord de 1974 toujours au cœur du dossier


L’intensification de cette coopération intervient alors que le statut juridique de certaines zones maritimes entre les deux pays demeure à clarifier.


En 1974, Khartoum et Riyad avaient signé un accord portant sur l’exploitation des ressources naturelles partagées dans une partie de la mer Rouge. Conclu à Khartoum, le texte avait instauré une « zone commune » sur le fond marin et prévu une coopération entre les deux pays pour l’exploration et l’exploitation des ressources non biologiques, notamment les minerais et les hydrocarbures.


L’accord reconnaissait également des droits communs aux deux États sur les ressources présentes dans cette zone.


Mais plus de cinquante ans après sa signature, la question de la délimitation précise des espaces maritimes demeure ouverte. SaudiPedia, l’encyclopédie officielle saoudienne, souligne que l’accord de 1974 a encadré l’exploitation conjointe des ressources, tout en indiquant que les frontières de la zone économique exclusive entre l’Arabie saoudite et le Soudan n’ont pas encore fait l’objet d’un accord définitif.


 

Des enjeux qui dépassent la seule souveraineté


La question ne relève pas uniquement du tracé des frontières. Elle touche directement aux droits d’exploitation des ressources minérales et énergétiques, mais également aux futurs investissements dans une région dont l’importance économique et géopolitique ne cesse de croître.


Pour Khartoum, la multiplication des projets saoudiens sur la côte soudanaise donne donc une nouvelle urgence au règlement des questions maritimes. L’enjeu est d’autant plus important que Port-Soudan occupe une position stratégique sur la mer Rouge et pourrait devenir un point central des futurs projets énergétiques, industriels et logistiques.


Dans ce contexte, une interrogation s’impose : le Soudan doit-il clarifier ses frontières maritimes et ses droits sur les ressources avant d’entrer dans une nouvelle phase de partenariats et d’investissements à long terme avec l’Arabie saoudite ?


Entre besoin d’investissements et protection des intérêts nationaux


La question se pose dans un contexte particulièrement difficile pour le Soudan. Plongé dans une guerre dévastatrice, le pays fait face à une crise économique majeure et cherche des financements et des investissements étrangers pour soutenir son économie et préparer sa reconstruction.


Dans cette perspective, les capitaux et les partenariats saoudiens représentent un intérêt important pour Khartoum. Mais cette nécessité économique s’accompagne d’un impératif : garantir la protection des intérêts nationaux et la sécurité juridique des accords portant sur les ressources stratégiques.


Pour les acteurs soudanais qui alertent sur ce dossier, la clarification des frontières maritimes devrait ainsi accompagner l’essor des investissements. Ils plaident également pour davantage de transparence et pour un contrôle juridique rigoureux de tout accord susceptible d’engager les ressources naturelles du pays sur le long terme.


La crainte d’un rapport de force défavorable

Au Soudan, certains observateurs expriment par ailleurs des inquiétudes sur les conséquences que pourrait avoir le déséquilibre actuel des rapports de force entre les deux pays.


 

Selon cette lecture, Riyad pourrait être en mesure de renforcer sa position dans d’éventuelles négociations futures sur la délimitation maritime et le partage des ressources, en profitant du contexte de fragilité dans lequel se trouve actuellement l’État soudanais.


Les partisans de cette thèse mettent notamment en avant la dépendance de Khartoum à l’égard des soutiens extérieurs et le besoin du pouvoir dirigé par Abdel Fattah al-Burhan de bénéficier d’appuis politiques et militaires dans le contexte de la guerre.


Ils redoutent qu’un éventuel règlement futur des frontières maritimes ne se traduise par des concessions importantes du côté soudanais, notamment dans des zones susceptibles de receler des minerais ou des ressources énergétiques.


Ces inquiétudes relèvent toutefois d’une lecture prospective du dossier et ne constituent pas, en l’état, la preuve d’une volonté officiellement établie de Riyad de modifier à son avantage les futurs tracés maritimes.


Un dossier appelé à revenir sur la table


À mesure que les investissements saoudiens se développent au Soudan et que la mer Rouge devient un espace de plus en plus stratégique, la question des frontières maritimes pourrait difficilement rester en arrière-plan.


Pour Khartoum, le défi consiste désormais à concilier deux impératifs : attirer les investissements étrangers indispensables à son économie tout en préservant ses droits souverains et ses intérêts sur les ressources de son espace maritime.


Le rapprochement avec Riyad pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives économiques au Soudan, mais il pourrait également accélérer la nécessité de régler un contentieux juridique et stratégique vieux de plusieurs décennies.


Dans une mer Rouge devenue un carrefour majeur des échanges, des ressources et des rivalités géopolitiques, la clarification des frontières entre le Soudan et l’Arabie saoudite apparaît dès lors comme un enjeu qui dépasse largement la seule question bilatérale.


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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