Côte d'Ivoire : Or, 100 tonnes par an en ligne de mire, le gouvernement accélère avec la SIMEP
La Côte d’Ivoire accélère la réorganisation de sa filière aurifère. À travers l’opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP), le gouvernement entend mieux encadrer l’exploitation artisanale et à petite échelle, renforcer la traçabilité de l’or et accroître sa valorisation, de la production jusqu’aux marchés internationaux.
La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa volonté de mieux structurer sa filière aurifère. Au terme de deux jours d’atelier consacrés à l’opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP), le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a réaffirmé, mercredi 16 septembre 2026, la détermination du gouvernement à réorganiser en profondeur l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.
L’enjeu est de taille : mieux maîtriser le parcours de l’or ivoirien, depuis les zones de production jusqu’à sa commercialisation sur les marchés internationaux.
Pour Mamadou Sangafowa Coulibaly, la SIMEP constitue un instrument central de cette nouvelle architecture. « Nous avons franchi aujourd’hui une étape décisive dans le processus de déploiement de notre stratégie de réorganisation complète de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, de l’amont à l’aval », a déclaré le ministre à l’issue des travaux.
La vocation de la nouvelle société dépasse largement la seule activité d’affinage. Elle doit notamment intervenir dans l’exploitation de mines semi-industrielles, le fonctionnement d’un comptoir national d’achat d’or, la transformation et la commercialisation des métaux précieux. La SIMEP aura également pour mission de contribuer à la constitution d’un stock d’or pour le compte de l’État.
À travers ce dispositif, les autorités veulent notamment renforcer l’encadrement de la production artisanale et à petite échelle, améliorer sa traçabilité et créer des conditions plus structurées pour sa commercialisation.
L’idée de mettre en place une unité d’affinage en Côte d’Ivoire n’est pas nouvelle. Mais le projet a progressivement évolué pour s’inscrire dans une stratégie plus large de maîtrise et de valorisation des métaux précieux.
Souleymane Soro, directeur de cabinet adjoint chargé de la coordination du projet, a rappelé que la réflexion engagée depuis plusieurs années a finalement abouti à la création de la SIMEP.
Selon les éléments présentés lors de l’atelier, l’État ivoirien et la SODEMI détiennent ensemble 49 % du capital de la société, tandis que la participation ivoirienne atteint 70 %.
L’unité d’affinage est prévue à Abidjan. Toutefois, le dispositif appelé à être mis en place doit déployer ses activités sur l’ensemble du territoire national, au plus près des zones de production.
Le projet repose également sur un impératif : renforcer la transparence dans la circulation de l’or produit en Côte d’Ivoire.
Partenaire du projet, StoneX entend mettre son expérience des marchés des métaux précieux au service de cette ambition. Jack Falkner, représentant de StoneX et Head of Africa for Mining and Origination, a notamment insisté sur la nécessité de bâtir un environnement fondé sur la confiance, la transparence et une réglementation solide.
L’entreprise devrait notamment accompagner la cartographie de l’espace aurifère artisanal et contribuer à la mise en place d’un circuit plus efficace de collecte et d’exportation.
L’objectif est de disposer progressivement d’un système permettant de mieux suivre le métal précieux à chaque étape : production, collecte, transformation, affinage, commercialisation et exportation.
À terme, les projections présentées par le ministre tablent sur une capacité d’affinage proche de 100 tonnes d’or par an.
Cette ambition s’inscrit dans une stratégie plus vaste de développement du secteur minier ivoirien. Le gouvernement souhaite notamment renforcer la place de la Côte d’Ivoire dans la production aurifère africaine à l’horizon 2035 et accroître la valeur captée par l’économie nationale.
Mais la réussite de cette réforme dépendra désormais de sa mise en œuvre effective.
Au-delà de la création de la SIMEP et des ambitions affichées, le véritable défi sera de parvenir à instaurer un dispositif opérationnel capable de suivre efficacement l’or produit sur les différents sites, de sécuriser sa collecte, d’assurer son affinage et de garantir la transparence de sa commercialisation.
La prochaine bataille se jouera donc sur le terrain. Pour les autorités ivoiriennes, il s’agit désormais de transformer cette nouvelle architecture institutionnelle en un outil concret de maîtrise et de valorisation de la filière aurifère nationale.
Wassimagnon
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