Côte d'Ivoire : Bouaké, les femmes barricadent et paralysent une voie de leur quartier pour exiger des dos d'âne
Des femmes et enfants en pleine manifestation (ph KOACI)
La colère a grondé ce jeudi 17 septembre 2026 matin à Belleville 1, quartier populaire de Bouaké. De 5 heures à 8 heures du matin, les femmes du quartier ont paralysé toute la circulation en dressant des barricades sur la nouvelle voie bitumée qui part du carrefour ENI, en passant par le marché de Belleville 1, jusqu'au carrefour Petit Camp. Une action coup de poing pour dénoncer ce qu'elles appellent désormais « le bitume de la mort ».
Depuis son bitumage, cette voie très fréquentée est devenue un véritable circuit de vitesse. Aucun dos d'âne n'y a été installé, aucun feu tricolore, aucune signalisation pour obliger les usagers à ralentir. Conséquence directe, les accidents y sont quotidiens. Selon les témoignages des riverains, il ne se passe pas un jour sans collision, avec d'importants dégâts matériels et surtout des pertes en vies humaines, dont des enfants du quartier. « On a trop enterré nos enfants. On a trop ramassé des corps. On a demandé des dos d'âne, on nous a ignorés », confie à KOACI une manifestante rencontrée au niveau du petit marché.
Avec la rentrée scolaire, la situation est devenue insupportable pour les familles. Des milliers d'écoliers empruntent chaque jour cet axe pour rejoindre leurs établissements, au milieu des véhicules et des motos qui roulent à vive allure. Les femmes disent ne plus pouvoir attendre qu'un autre drame survienne. Ce jeudi matin, pendant trois heures, aucune voiture ni moto n'a pu traverser Belleville 1. Casseroles et sifflets en main, elles scandaient « On veut des dos d'âne ! ». Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre aux environs de 8 heures pour négocier la levée des barrages et permettre la reprise de la circulation.
Mais cette levée des barrages obtenue après négociation de la police ne signifie pas la fin du mouvement, martèlent les manifestantes qui sont formelles. Dans les heures qui viennent, si les dos d'âne ou les feux tricolores ne sont pas installés sur cette nouvelle voie, elles reprendront leur action de plus belle et cette fois, il n'y aura plus de négociation. Notons que si un feu tricolore a déjà été installé au carrefour du petit camp, l'ensemble du tronçon allant du carrefour ENI au petit marché reste totalement dépourvu de dispositifs de ralentissement.
Les populations de Belleville 1 interpellent donc directement la Mairie de Bouaké, l'AGEROUTE, l'OSER et le Ministère de l'Équipement et de l'Entretien Routier. Pour elles, le développement ne doit pas tuer. Le bitume est arrivé à Belleville 1, la sécurité doit maintenant suivre.
T.K.Emile
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