Côte d'Ivoire : lutte contre la traite des personnes, à Grand-Bassam, les procédures de protection révisées
Trouver les failles, corriger les angles morts et ajuster le dispositif aux réalités du terrain. C’est avec cette ambition concrète que les experts de la protection sociale, de la société civile et des ministères se sont retrouvés, ce jeudi 24 septembre 2026, à Grand-Bassam pour réviser les Procédures Opérationnelles Standards (POS). Un chantier crucial pour redéfinir la prise en charge des victimes de la traite des personnes et du trafic de migrants en Côte d’Ivoire.
Adoptées en 2022, les premières procédures ont montré leurs limites opérationnelles. Sur le terrain, la complexité des parcours migratoires a révélé des besoins jusqu’ici négligés par l’administration.
Représentant la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, N'Guessan Jean-Rolland n'a pas tourné autour du pot lors de l'ouverture des travaux : « Il y a de nouvelles procédures qui n’avaient pas été prises en compte. Il était devenu impératif d’aboutir à cette révision. Vous connaissez les failles de ces premiers textes, nous comptons sur vous pour combler ces vides. »
Pendant deux jours, les 32 participants planchent sur l'ensemble de la chaîne d'intervention : du repérage initial à l'intégration sociale, en passant par le référencement médical et juridique.
Pour la société civile, l'enjeu ne réside plus dans le constat, mais dans l'efficacité immédiate des nouveaux outils. Guidy Simone, directrice exécutive de WiLDAF-Côte d’Ivoire, insiste sur ce changement de cap : « Il ne s’agit plus seulement d’identifier les besoins d’évolution de l’outil, mais d’examiner concrètement le draft proposé, d’en apprécier la pertinence et la faisabilité au regard des réalités ivoiriennes. »
Même son de cloche du côté de Fadiga Massogbè, chargée du projet WESTAF au sein de WiLDAF Côte d’Ivoire. « Après une première concertation nationale en juin, nous voulons sortir de cet atelier avec un document finalisé et opérationnel », explique-t-elle, rappelant que cette dynamique s’inscrit dans une initiative régionale financée par l’Union européenne via l’ICMPD, englobant également le Mali, le Togo, le Burkina et le Bénin.
Bien plus qu'un simple exercice de rédaction institutionnelle, cette révision vise à réarmer l'État et ses partenaires face aux réseaux criminels. Si la répression reste fondamentale, le volet protection demeure le véritable maillon sensible du dispositif national.
À Bassam, derrière les termes techniques et les grilles d'évaluation, les décideurs gardent à l'esprit l'objectif final : redonner une dignité et un avenir aux femmes, hommes et enfants brisés par le trafic humain.
Jean Chresus, Abidjan
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