Burkina Faso : le gouvernement lance la « décolonisation des savoirs » dans les écoles
Le ministre de l'Enseignement secondaire du Burkina Faso a lancé un nettoyage des manuels d'histoire, de géographie et d'instruction civique et morale.
Lors d’une communication ce mercredi au Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO), le ministre de l'Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, a détaillé la réforme la plus symbolique de la rentrée : la "décolonisation" des programmes scolaires.
Une réforme menée en urgence, sur instruction de la primature, a-t-il expliqué.
« Dans la décolonisation des savoirs, il fallait aller très vite. Très rapidement on a extirpé la partie la plus urgente et ça a été fait sous la houlette du camarade Premier ministre. Il s'agit surtout de l'enseignement de l'histoire et de l'enseignement de la géographie, plus l'enseignement de l'instruction civique. »
Pour le ministre, les anciens manuels effaçaient l'histoire burkinabè et valorisaient l'échec plutôt que la résistance.
«Parce que, il faut être clair, quand vous ouvrez nos manuels, nous sommes totalement oubliés. Et quand on nous présente. On nous présente comme étant des choses. On n'a jamais mis l'accent sur nos victoires. Au contraire, on a mis l'accent sur nos défaites, sur nos antivaleurs», a-t-il expliqué.
Il invoque un devoir moral envers les générations passées.
« Mais si nous n'avons pas les moyens ou le courage de chanter les louanges de nos grands-parents, on a quand même le devoir moral de ne pas les humilier »
Des chapitres supprimés, d'autres ajoutés
Concrètement, la réforme s'est traduite par trois actions dès cette rentrée 2026-2027 :
Il s’agit de la suppression des chapitres jugés dévalorisants, de l’ introduction de nouveaux chapitres sur les victoires et les valeurs endogènes et le changement de terminologies.
« C'est pour cette raison que ce programme, très rapidement, a été implémenté et les chapitres que nous ne voulions plus voir, on les a enlevés. Les chapitres où nous voulons qu'on amplifie ce que nous avons fait on les a introduits et il y a certains termes qu'on a dit qu'on ne veut plus entendre», selon M. Zoungrana.
Le ministre avait déjà expliqué en septembre qu'il fallait cesser d'appeler "explorateurs" ou "conquérants" les colonisateurs.
« Quelqu'un ne va pas venir détruire ta famille et vous allez l'appeler héros. Il est héros chez eux, mais chez nous c'est un destructeur. Donc c'est pourquoi nous avons changé les termes», a-t-il expliqué.
Boa, Ouagadougou
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