Côte d'Ivoire : MUDCI, crises des prêts bancaires, tensions sanitaires, reddition des comptes…, les dossiers sensibles qui attendent la nouvelle équipe dirigeante
La Mutuelle des Douanes de Côte d'Ivoire (MUDCI) a tenu sa 13e Assemblée générale ordinaire, consacrée à l'examen du bilan de l'exercice 2025 et aux perspectives pour 2026. Entre appel à la transparence, difficultés liées aux prêts bancaires et tensions avec certains établissements sanitaires conventionnés, cette rencontre a été l'occasion pour la nouvelle équipe dirigeante de mettre en lumière les défis auxquels l'institution est confrontée. En présence de représentants de l'administration douanière, les responsables ont également appelé à la sérénité, à la discipline et à la préservation de l'unité mutualiste.
La 13e Assemblée générale ordinaire de la Mutuelle des Douanes de Côte d'Ivoire (MUDCI) s'est tenue dans un contexte marqué par le renouvellement de ses instances dirigeantes et plusieurs préoccupations liées au fonctionnement de l'institution. Consacrée au bilan de l'exercice 2025 et aux perspectives pour 2026, cette rencontre a constitué un moment important de reddition des comptes, d'échanges et de définition des orientations futures de la mutuelle.
Trois interventions ont particulièrement marqué la cérémonie d'ouverture : celles du colonel Séré Germain, commandant de l'École nationale des douanes, du colonel-major Sangaré Souleymane, président du Conseil d'administration (PCA) de la MUDCI, et de Bahin Lejeune, inspecteur général des Douanes, représentant le directeur général des Douanes.
En accueillant les participants dans les locaux de l'École nationale des douanes, cadre choisi pour abriter cette assemblée générale, le colonel Séré Germain a insisté sur l'importance de cette rencontre dans la vie démocratique de la mutuelle.
Pour le commandant de l'École nationale des douanes, une assemblée générale constitue un espace privilégié d'expression, de dialogue et de prise de décisions. Elle permet notamment d'apprécier le chemin parcouru à travers l'examen des rapports moraux et financiers, mais également de définir collectivement les perspectives d'avenir.
Conscient des enjeux et des éventuelles divergences susceptibles de surgir au cours des travaux, il a invité les mutualistes à privilégier un climat apaisé.
« Je formule le vœu que l'atmosphère de nos locaux inspire nos travaux. Puisse ce lieu être, tout au long de cette journée, le théâtre d'un dialogue à la fois profondément franc, car la clarté est nécessaire, et profondément cordial, car c'est l'essence même de l'esprit mutualiste », a-t-il souhaité.
Un appel à la responsabilité collective qui donne le ton des travaux de cette 13e assemblée générale.
Prenant la parole, le président du Conseil d'administration de la MUDCI, le colonel-major Sangaré Souleymane, a situé les enjeux de cette rencontre, qu'il a présentée comme une assemblée générale particulière.
En effet, il s'agit de la première réunion de ce type organisée depuis le renouvellement des instances dirigeantes, intervenu le 29 décembre 2025. Avec plus de 80 % de renouvellement au sein des instances, la nouvelle équipe est appelée à examiner et à rendre compte d'un exercice 2025 dont la gestion relevait essentiellement des précédentes équipes dirigeantes.
Une situation qui, selon le PCA, pourrait compliquer certaines explications, notamment concernant des opérations dont les principaux acteurs ne sont plus en fonction.
Sans remettre en cause l'exigence de transparence et de reddition des comptes, Sangaré Souleymane a ainsi sollicité la compréhension et l'indulgence des délégués lorsque les circonstances le justifient.
Il a toutefois réaffirmé la volonté de la nouvelle équipe d'apporter les éclaircissements nécessaires, dans un esprit de responsabilité, de sérénité et de respect de la vérité.
Au-delà des questions de gouvernance, le président du Conseil d'administration a présenté plusieurs résultats significatifs de l'exercice 2025.
Dans le domaine sanitaire, le Centre de santé général Issa Coulibaly a enregistré plus de 46 000 actes, soit une progression de 37 % par rapport à l'année 2024. Le réseau de soins de la mutuelle a, pour sa part, traité plus de 32 000 bons de prise en charge.
Au total, plus de 2,3 milliards de FCFA ont été consacrés à la couverture sanitaire des bénéficiaires.
Sur le volet social et financier, les demandes de prêts sociaux ont représenté plus de 1,067 milliard de FCFA. Parallèlement, 263 dossiers de prêts économiques ont été validés, pour un montant global de 5,827 milliards de FCFA.
L'ensemble de ces deux dispositifs représente ainsi près de 6,9 milliards de FCFA.
Ces résultats, selon le PCA, traduisent les efforts consentis par la MUDCI pour améliorer les conditions de vie des agents des Douanes et de leurs familles. Il a également salué les actions menées en faveur des familles endeuillées et des agents retraités.
Malgré ces résultats, le président du Conseil d'administration n'a pas occulté les difficultés auxquelles certains mutualistes sont confrontés.
Il a particulièrement attiré l'attention sur deux situations préoccupantes. La première concerne les difficultés rencontrées par certains agents dans le remboursement de leurs prêts bancaires contractés dans le cadre des conventions conclues entre la mutuelle et ses banques partenaires.
Des douaniers font ainsi l'objet de réclamations pour des échéances considérées comme impayées. Une situation dont les causes restent à établir précisément, mais qui aurait déjà des conséquences sur leur crédibilité financière et leurs relations avec les établissements bancaires, au point de compromettre parfois leur accès à de nouveaux financements.
Pour le PCA, ces difficultés sont d'autant plus préoccupantes que les agents concernés ont souscrit à ces prêts dans le cadre d'un dispositif organisé par leur mutuelle et en toute confiance.
La deuxième préoccupation porte sur les relations entre la MUDCI et certains établissements de santé conventionnés.
Des difficultés liées notamment au règlement des factures ont provoqué des tensions avec plusieurs prestataires, entraînant parfois des interruptions de collaboration. Ces dysfonctionnements ont des répercussions directes sur la prise en charge sanitaire des mutualistes et de leurs familles.
« Un agent ou un membre de sa famille ne devrait pas avoir à subir les conséquences des difficultés ou des dysfonctionnements de nos services », a fait observer Sangaré Souleymane.
Face à ces deux situations, le PCA a affiché sa volonté de trouver des solutions durables afin de garantir aux agents une meilleure sécurité dans leurs opérations financières et un accès effectif aux prestations sanitaires auxquelles leur adhésion leur donne droit.
L'ambition affichée est de bâtir une mutuelle plus solide, plus transparente et davantage proche de ses membres.
Représentant le directeur général des Douanes à cette cérémonie, l'inspecteur général des Douanes, Bahin Lejeune, a pour sa part insisté sur la responsabilité des délégués et la nécessité de préserver la cohésion au sein de la famille douanière.
Transmettant les salutations du directeur général, le responsable a rappelé l'attention particulière accordée par la hiérarchie douanière à la protection sociale et sanitaire des agents.
Il a également souligné que l'assemblée générale constitue une instance statutaire de bilan, de contrôle, de responsabilité et de décision. À ce titre, elle doit permettre d'examiner objectivement les résultats de l'exercice 2025, d'identifier les éventuelles insuffisances et d'adopter des orientations pertinentes pour renforcer l'institution. Toutefois, Bahin Lejeune a tenu à prévenir contre tout risque de dérapage dans les échanges.
« La MUDCI est un instrument de solidarité au service des agents des douanes et de leurs familles. Elle ne peut devenir un cadre d'affrontement, de division ou de règlement de comptes », a-t-il martelé.
Tout en reconnaissant la légitimité des divergences de points de vue, il a rappelé que les discussions doivent s'appuyer sur des faits, respecter les textes statutaires et se dérouler conformément aux procédures établies.
Il a notamment insisté sur le droit des délégués à poser des questions, à demander des explications et à exprimer leurs opinions, tout en soulignant que cette liberté doit s'exercer dans le respect des statuts, du règlement intérieur, de l'ordre du jour et de la dignité des personnes.
Le représentant du directeur général des Douanes a ainsi appelé les participants à faire preuve de retenue, de réserve, de discipline et de sens des responsabilités.
« Chacun pourra s'exprimer, mais chacun devra respecter la parole de l'autre, l'autorité de la présidence de la séance et les règles qui gouvernent cette assemblée », a-t-il prévenu.
Au-delà des consignes relatives au bon déroulement des travaux, Bahin Lejeune a rappelé que la MUDCI demeure un patrimoine commun à l'ensemble des douaniers. Sa préservation et son développement constituent, selon lui, une responsabilité collective.
Il a invité les délégués, en leur qualité de représentants des mutualistes, à exercer leurs mandats avec sérieux, loyauté et discernement, en privilégiant la défense de l'intérêt général.
Pour lui, les débats peuvent être exigeants et les appréciations divergentes, mais ils ne doivent jamais compromettre la cohésion de la famille douanière.
« À l'issue de cette assemblée, il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu. Il doit y avoir plutôt une institution renforcée, des décisions clairement assumées et une communauté mutualiste rassemblée autour de l'essentiel », a-t-il déclaré.
Un message qui rejoint les préoccupations exprimées par le président du Conseil d'administration, lequel a également appelé les mutualistes à placer la solidarité, la fraternité, la responsabilité et la confiance au-dessus des intérêts particuliers.
Au terme de cette cérémonie d'ouverture, un constat se dégage : la nouvelle équipe dirigeante de la MUDCI est attendue sur plusieurs fronts. Il lui faudra consolider les acquis sociaux et sanitaires, apporter des réponses aux difficultés liées aux prêts bancaires, rétablir des relations apaisées avec les établissements de santé partenaires et renforcer les mécanismes de transparence et de gouvernance.
Autant de défis qui donnent à cette 13e Assemblée générale ordinaire une dimension particulière.
Entre exigence de reddition des comptes, attentes des mutualistes et impératif de cohésion, les travaux devront permettre de dégager des réponses concrètes pour garantir la pérennité de cette institution de solidarité au service des agents des Douanes de Côte d'Ivoire.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
