Côte d'Ivoire : Forum des leaders à Abidjan, Adama Kamara place le capital humain au cœur du leadership face aux incertitudes économiques
La première édition du Forum des leaders de HEC Montréal s’est tenue à Abidjan, dans le cadre prestigieux de la tour du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Cette rencontre de haut niveau a rassemblé des membres du gouvernement, des responsables d’entreprises, des acteurs du monde académique et des diplômés de l’établissement canadien autour des mutations économiques et des nouvelles exigences du leadership dans un environnement marqué par l’incertitude.
Placée sous le signe du regard croisé sur les enjeux de leadership, de croissance et de transformation, cette première édition a notamment permis d'examiner les défis auxquels sont confrontés les dirigeants face à l’accélération des changements technologiques, aux bouleversements économiques et aux nouvelles réalités du monde du travail.
À l’ouverture des travaux, le directeur général de HEC Montréal, Frederico Pasin, a salué la qualité des relations entre son établissement et la Côte d’Ivoire. Il a rappelé que de nombreux étudiants ivoiriens ont choisi cette école pour se former dans différents domaines de la gestion, notamment la finance, le marketing et l’entrepreneuriat. Plusieurs occupent aujourd’hui des fonctions de responsabilité dans les entreprises, les institutions publiques et les organisations internationales.
Pour lui, ces parcours témoignent de la solidité des liens académiques et professionnels entre la Côte d’Ivoire, le Québec et le Canada. Il a également souligné le dynamisme économique ivoirien et les ambitions affichées dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030, qui accorde une place importante au développement du capital humain.
Frederico Pasin a réaffirmé la volonté de HEC Montréal de renforcer sa présence dans le pays et de contribuer directement à la formation des compétences nécessaires à la transformation de l'économie ivoirienne. Il a notamment évoqué les initiatives développées avec BEM Africa, dont l'École des dirigeants et dirigeantes Afrique, ainsi que les programmes de formation et les partenariats universitaires et professionnels. L'objectif, selon lui, est de permettre aux talents locaux de se former et de participer pleinement au développement de leur pays.
Prenant la parole à son tour, l'ambassadrice du Canada en Côte d'Ivoire, Sandra Choufani, a inscrit cette rencontre dans un contexte international marqué par de profondes mutations. Intelligence artificielle, changements climatiques, tensions géopolitiques et bouleversements de l'espace numérique constituent, selon elle, autant de facteurs qui obligent les organisations à repenser leurs modes de fonctionnement et de décision.
Elle a défendu une conception du leadership fondée sur la capacité à anticiper, à rassembler et à transformer les périodes d'incertitude en occasions de progrès. Pour la diplomate canadienne, les dirigeants de demain devront également placer l'humain au centre de leurs stratégies, en investissant dans l'éducation, l'entrepreneuriat et l'accès des femmes et des jeunes aux opportunités économiques. Elle a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les bénéfices des transformations en cours soient partagés par le plus grand nombre.
Cette vision rejoint, selon elle, les priorités de coopération entre Ottawa et Abidjan, notamment en matière de développement des compétences, d'innovation, d'employabilité et d'investissement privé.
Le ministre de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Adama Kamara, a pour sa part mis l'accent sur le rôle déterminant du capital humain dans la capacité des organisations à résister aux crises et à s'adapter aux changements. Pour lui, diriger aujourd'hui revient à prendre des décisions dans un environnement où les certitudes deviennent de plus en plus rares.
Illustrant son propos par les réalités auxquelles font face les jeunes diplômés, les artisans et les chefs d'entreprise, il a rappelé que l'incertitude ne devait pas être considérée uniquement comme une menace. Elle peut aussi devenir une opportunité pour les organisations qui auront pris le soin de préparer leurs équipes.
« Dans l'incertitude, une organisation ne vaut que ce que valent ses équipes », a-t-il défendu, soulignant que les compétences, la capacité d'apprentissage et le sens des responsabilités constituent les véritables ressources durables d'une entreprise.
Le ministre a également établi un lien entre protection sociale et productivité. Selon lui, un travailleur qui bénéficie d'une protection adéquate est davantage disposé à prendre des initiatives, à se former et à s'engager dans les transformations de son environnement professionnel. Il a ainsi rappelé l'importance des dispositifs de couverture sociale et des politiques de formation professionnelle dans la construction d'un marché du travail plus résilient.
Abordant les mutations liées à l'intelligence artificielle, Adama Kamara a insisté sur la nécessité d'adapter les dispositifs de formation aux métiers émergents. La formation continue, l'apprentissage en entreprise et la certification des compétences doivent, à ses yeux, permettre aux travailleurs de ne pas subir les transformations technologiques, mais d'en devenir des acteurs.
Ces différentes interventions ont trouvé un prolongement dans le panel consacré au regard croisé sur les enjeux de leadership, de croissance et de transformation. Les échanges ont réuni le ministre Adama Kamara, Paul-Henri Aithnard, directeur général d'Ecobank Côte d'Ivoire et diplômé de HEC Montréal, ainsi que Dominique Anglade, directrice exécutive de l'École des dirigeantes et dirigeants de HEC Montréal.
Dans le prolongement des échanges, un autre panel a été consacré à la « Croissance verte : de l’ambition aux projets et aux investissements ». Cette session a réuni Olola Vieyra-Mifsud, représentante pays du Global Green Growth Institute (GGGI) en Côte d’Ivoire, Luciano Barin Cruz, directeur exécutif académique de l’École des dirigeant(e)s de HEC Montréal et professeur titulaire, ainsi que Souleymane Lewegní Traoré, président du RIGH et directeur du Capital humain de la Banque nationale d’investissement (BNI). Les discussions ont porté sur les conditions nécessaires pour traduire les ambitions de croissance durable en projets concrets, mobiliser les investissements et accompagner la transformation des modèles économiques. Ce panel a ainsi permis d'aborder les enjeux de financement, de gouvernance et de compétences indispensables à l'émergence d'une économie plus verte et résiliente.
Le dernier panel consacré au thème « IA, données et leadership : décider quand les repères changent » a réuni Lise Birikundavyi, cofondatrice de BKR Capital, Jean-François Plante, professeur à HEC Montréal, et Stéphane Kounandi Coulibaly, directeur de l’innovation, des Startups et du secteur privé. Les échanges ont porté sur l’impact de l’intelligence artificielle et des données sur la prise de décision, ainsi que sur les défis d’adaptation et d’innovation auxquels les dirigeants sont confrontés.
À travers les expériences institutionnelles, économiques et managériales des intervenants, cette discussion a permis de mettre en perspective les responsabilités des dirigeants face aux mutations actuelles et les leviers à mobiliser pour accompagner durablement la croissance des organisations.
Au-delà de cette première édition, le Forum des leaders de HEC Montréal confirme ainsi la volonté de l'établissement canadien de consolider ses relations avec l'écosystème économique et académique ivoirien.
Une démarche qui mise sur le partage d'expériences, le développement des compétences et la formation d'une nouvelle génération de décideurs capables d'accompagner les transformations économiques en Côte d'Ivoire et sur le continent africain.
Jean Chresus, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
