Togo : La députée Adjamagbo se soustrait du Caucus des femmes parlementaires, ses raisons
La députée Adjamagbo-Johnson et une vue du Caucus des femmes parlementaires (ph)
La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, la Secrétaire générale du part de l’opposition CDPA au Togo, a fait connaitre son refus d’occuper le poste de deuxième vice-présidente du nouveau bureau du Caucus des femmes parlementaires.
Dans une déclaration rendue publique le 31 octobre 2026 sur ses canaux sociaux, la députée Adjamagbo-Johnson a motivé sa décision pour le fait de n’avoir jamais été consultée ni donné son accord pour cette désignation à l'issue de l'Assemblée générale du Caucus le 28 octobre 2026.
En rappelant son choix de siéger à l'Assemblée nationale, elle a précisé que « c'est précisément pour combattre ce système politique fondé sur l'autoritarisme, le mépris des libertés et les pratiques antidémocratiques qui caractérisent le régime en place. Cette démarche du Caucus en constitue une illustration supplémentaire ».
Désignation déclinée
Se présentant comme une femme politique engagée dans le combat démocratique et féministe, elle affirme ne pas vouloir cautionner des pratiques qu’elle dit combattre au sein du système politique togolais. De ce fait, elle a exigé le retrait immédiat de son nom de la composition de l’instance ainsi que la rectification de toute communication officielle la présentant comme membre du bureau.
En faisant part de son refus d’occuper le poste de deuxième vice-présidente du bureau du Caucus, la députée Adjamagbo a déclaré avoir découvert son nom dans la composition du nouveau bureau à travers les réseaux sociaux et la plateforme de communication du Caucus. Elle a qualifié cette démarche d’inacceptable et contraire à ses principes démocratiques.
La députée du parti de l’opposition CDPA remet par ailleurs en cause le fonctionnement et le rôle du Caucus des femmes parlementaires. Elle reproche notamment à cette instance son silence face aux arrestations et détentions de plusieurs femmes togolaises dans des circonstances liées à leurs engagements citoyens et politiques.
Elle a rappelé les cas de l’ancienne ministre des Armées, Marguerite Gnakadé, de Leyla Mehiouwa Nambea-Tagba, d’Amavi Katanga, de Grâce Bikoni Koumayi, de Dora Dougbedji et de Chimène Akouvi Apevon qui « ont connu la prison, la séparation d'avec leurs enfants, des conditions de détention dénoncées comme dégradantes et, pour certaines, des violences physiques et sexuelles ».
Pour cette élue du peuple, l’absence de réaction publique du Caucus face à ces situations contraste avec sa démarche de désignation des responsables de son bureau. Elle a estimé qu’une organisation qui entend défendre les droits des femmes doit également se montrer active face aux atteintes aux libertés individuelles et aux injustices.
AG du Caucus
Une Assemblée générale du Caucus des femmes parlementaires, s’est tenue le 28 octobre 2026 à Lomé, et a été couronnée par la désignation d’un directoire présidé par la députée Ibrahima Mémounatou.
Créé en 2011 à l’Assemblée nationale, le Caucus a progressivement développé un cadre de dialogue, de plaidoyer et de renforcement des capacités, avec l’appui de partenaires, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il compte aujourd’hui 39 femmes parlementaires, dont 24 députées et 15 sénatrices.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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