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Cameroun : Gouvernement Dion Ngute, quatre ministres décédés et une attente qui perdure
 

Cameroun : Gouvernement Dion Ngute, quatre ministres décédés et une attente qui perdure

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 27 janvier 2026 - 07:16

Dion Ngute



Le 27 janvier 2026, les Camerounais continuent de scruter l'horizon politique, espérant l'arrivée d'un nouveau gouvernement. Cette attente n'est pas sans importance, surtout dans un contexte où le pays a connu une série de pertes tragiques au sein de l'équipe ministérielle : quatre membres du gouvernement de Dion Ngute ont tragiquement perdu la vie entre 2021 et 2023. Le gouvernement Dion Ngute I, déjà formé dans une atmosphère tendue, a été marqué par une succession de deuils qui ont progressivement affaibli sa structure. 


Chronologie 


Entre mars 2021 et janvier 2023, quatre ministres ont disparu, emportant avec eux leur expertise et laissant leurs départements dans un flou administratif préoccupant. 


Le 8 mars 2021, Adoum Gargoum, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, s'est éteint. Sa disparition a marqué le début d'une série noire qui allait fragiliser l'exécutif camerounais. 


Moins d'un mois plus tard, le 5 avril 2021, Alim Hayatou, Secrétaire d'État auprès du ministre de la Santé publique, a également décédé. Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, cette perte prenait une dimension particulièrement symbolique.


 Le 5 août 2022, Clémentine Ananga Messina, ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et du développement rural, a rejoint cette liste tragique. Son départ a créé un vide dans un secteur agricole crucial pour l'économie nationale. 


Enfin, le 21 janvier 2023, Gabriel Dodo Ndoke, ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, s'est éteint à son tour. Sa mort a tragiquement clôturé cette série de disparitions, laissant le gouvernement amputé de quatre de ses membres.


Absence de remplacement


 

Ce qui frappe le plus dans cette situation, ce n'est pas seulement la série de décès tragiques, mais plutôt l'absence totale de remaniement ministériel pour combler ces postes vacants. Pendant près de trois ans pour certains, le Cameroun a fonctionné avec un gouvernement incomplet, sans que la présidence ne juge nécessaire d'y remédier. Il est à noter que pour le ministère des mines, Fuh Calistus Gentry a été nommé intérimaire. Cette inertie soulève plusieurs questions essentielles. Ces postes étaient-ils vraiment superflus ? L'absence de titulaires a-t-elle eu un impact réel sur le fonctionnement des départements concernés ? Ou, plus inquiétant encore, cette situation révèle-t-elle une forme de paralysie décisionnelle au sommet de l'État ?


Attente de la promesse présidentielle 


Lors de son message à la nation, le Président Paul Biya avait promis la formation « imminente » d'un nouveau gouvernement « dans les prochains jours ». Cette annonce avait suscité un certain espoir dans l'opinion publique, qui attendait avec impatience un remaniement devenu indispensable. 


Pourtant, en ce 27 janvier 2026, les Camerounais attendent toujours. L'expression « dans les prochains jours » semble désormais une formule vide, illustrant un décalage entre le discours présidentiel et la réalité de l'action gouvernementale. Cette attente alimente les spéculations et renforce un sentiment d'incertitude politique peu propice à la sérénité du climat social.


 La notion même de temps semble élastique dans la gouvernance camerounaise, où les promesses présidentielles peuvent s'étirer indéfiniment sans que cela ne semble vraiment émouvoir le pouvoir en place. Ce décalage entre l'annonce et l'action contribue à éroder la crédibilité institutionnelle et à alimenter le scepticisme des citoyens.


Gouvernance à bout de souffle ?


 

Au-delà des aspects techniques et administratifs, cette situation met en lumière un malaise plus profond. Le fait que des postes restent vacants pendant des années, l'absence de réaction face à des déficits ministériels évidents, et les annonces qui ne mènent à rien dessinent un tableau d'un système de gouvernance engourdi. 


Le gouvernement de Dion Ngute, déjà affaibli par ces vacances de pouvoir, semble fonctionner dans une sorte d'immobilisme qui soulève des questions. Comment peut-on espérer relever les nombreux défis auxquels le Cameroun est confronté – la crise anglophone, l'insécurité dans le nord, les défis économiques, et les questions sociales – avec un exécutif incomplet et une dynamique de réforme qui semble avoir disparu ? 


L'attente d'un nouveau gouvernement n'est pas simplement une question de calendrier politique. Elle incarne l'espoir – peut-être un peu naïf – d'un renouveau, d'une bouffée d'air frais dans un appareil d'État qui donne souvent l'impression de tourner en rond. 


Mais cette attente pourrait aussi se transformer en désillusion si les changements annoncés ne se limitent qu'à un réaménagement superficiel sans réelle vision de transformation. Quatre sièges vides, trois ans d'attente pour certains, et une promesse présidentielle qui n'a pas été concrétisée : le tableau n'est pas très engageant. Le Cameroun mérite mieux qu'un gouvernement amputé et des annonces qui ne mènent à rien. La formation d'un nouveau gouvernement ne devrait pas être un événement exceptionnel qui se fait attendre indéfiniment ; dans d'autres pays, c'est un acte de routine.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com


 
 
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