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Côte d'Ivoire :    Région du Poro, la production de riz menacée par la pyriculariose, le CNRA propose la culture des variétés pluviales strictes CRAM1, CRAM2, CRAM3 et CRAM4
 

Côte d'Ivoire : Région du Poro, la production de riz menacée par la pyriculariose, le CNRA propose la culture des variétés pluviales strictes CRAM1, CRAM2, CRAM3 et CRAM4

 
 
 
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 Il y a 2 mois
 
 
 
 
 
© Koaci.com - mercredi 18 août 2021 - 20:36

En Côte d’Ivoire, la pyriculariose a été à l’origine de grandes pertes de production depuis des années 1970 au début des années 2000 (Vales, 1983 ; Awoderu, 1990 ; Bouet et al., 2006 ; Bouet, 2008).


Depuis une quinzaine d’années, la maladie est demeurée discrète pour plusieurs raisons parmi lesquelles, l’application des recommandations de la recherche par certains producteurs et la perte du matériel végétal sensible du fait de la crise militaro-politique survenue de 2002 à 2010, notamment dans la zone ouest de la Côte d’Ivoire.


La pyriculariose était endémique dans cette zone où divers cultivars traditionnels sensibles à la pyriculariose étaient cultivés.


Cette maladie menace actuellement la région du Poro, l’un des grands greniers rizicoles de la Côte d’Ivoire. Dans le cadre du Rice Blast Project1, (projet porté sur la pyriculariose du riz), une prospection phytosanitaire a été réalisée dans la région du Poro, précisément à Korhogo du 09 au 11 octobre 2019.


Il y a été noté une forte pression de la pyriculariose du cou sur le cultivar local appelé IGUAPE « Blanc », dans les localités de Konié, Nahoualakaha, Kafonon, Katoumoro, Lapkolo, Sambalakaha et Nibolikaha.


Ce cultivar très sensible à la pyriculariose est cultivé sur de grandes superficies (0,5 à plus d’un hectare) par les autochtones, en condition pluviale stricte.


Les incidences évaluées de la maladie varient de 10 à 50% de cous attaqués. Ces ratios présagent des pertes de production d’ampleurs équivalentes.


Au regard de ces niveaux d’incidence et de la sévérité de la pyriculariose sur le cultivar IGUAPE « Blanc », largement cultivé dans le département de Korhogo, la menace de la sécurité alimentaire est réelle dans la région du Poro voire en Côte d’Ivoire.


 

En effet, selon les statistiques rizicoles publiées par l’Agence pour le Développement de la filière Riz (ADERIZ) en 2016, la région du Poro est parmi les principales zones de culture, de production et de consommation du riz de Côte d’Ivoire.


En effet, en 2016, le riz y était emblavé sur 169 431 ha, soit 19% des superficies rizicoles pour une production chiffrée à 321 277 t de paddy représentant 15% de la moisson nationale (ADERIZ, 2016).


La menace que constitue actuellement la pyriculariose dans le Poro peut être annihilée si des actions d’atténuation et curatives sont conduites. En effet il existe un arsenal de moyens de lutte efficace contre M. grisea.


Mais dans l’urgence, l’option de lutte appropriée et à la portée financière des producteurs est l’utilisation de variétés améliorées de riz tolérantes à la maladie, en remplacement du cultivar local sensible IGUAPE « Blanc ».


Pour des raisons pratiques et du souci de durabilité de la lutte, les variétés de riz à recommander sont celles en diffusion dans la région, dans le cadre du projet du Fonds Compétitif pour l’Innovation Agricole Durable (FCIAD) et piloté par le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA).


Il s’agit précisément des variétés de riz pluvial strict CRAM1, CRAM2, CRAM3 et CRAM4 qui sont indemnes de la pyriculariose partout où la maladie a été observée sur le cultivar IGUAPE Blanc.


 

Dans les localités épidémiques, l’adoption de la variété CRAM résoudra deux contraintes majeures, à savoir les pertes de récolte induites par la pyriculariose puis l’irrégularité et l’insuffisance de pluie dues au changement climatique.


Notons que la menace de sécurité alimentaire que représente la pyriculariose dans la région du Poro, peut être évitée si au moins l’une des variétés améliorées CRAM (CRAM1, CRAM2, CRAM3, CRAM4) est rapidement adoptée par les producteurs, en remplacement du cultivar populaire IGUAPE Blanc.


Pour rappel, la pyriculariose est une maladie provoquée par un champignon connu sous deux noms à savoir, Pyricularia oryzae pour sa forme asexuée et Magnaporthe grisea pour la forme sexuée.


Cette maladie attaque à la fois les feuilles et le « cou » du riz. Le « cou » du riz étant constitué par le dernier entrenœud avant la panicule. La maladie est qualifiée de pyriculariose foliaire lorsque la feuille est la cible et de pyriculariose du cou quand le cou est attaqué.


Sous ces deux manifestations, la pyriculariose induit des pertes de récolte plus ou moins importantes selon, le niveau de sensibilité de la variété de riz cultivée et la virulence de l’agent pathogène (Bouet et al., 2002 ; Bouet et al., 2005).


Wassimagnon 


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 
 
 
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