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Côte d'Ivoire : Frontière avec le Burkina Faso, le tracé théorique adopté à 75%, la CNFCI témoigne sa solidarité aux populations de Tougbo
 

Côte d'Ivoire : Frontière avec le Burkina Faso, le tracé théorique adopté à 75%, la CNFCI témoigne sa solidarité aux populations de Tougbo

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 06 juin 2024 - 22:34


 


Les ministres en charge des questions de frontières ont adopté lors de leur conférence tenue, le 7 juin 2007 à Addis Abeba en Ethiopie, une déclaration sur le Programme Frontière de l’Union Africaine (PFUA) et les modalités de sa mise en œuvre. Cette déclaration fut entérinée par le Conseil Exécutif de l’Union africaine à sa onzième session ordinaire tenue les 28 et 29 juin 2007 à Accra au Ghana. Ce programme prône une meilleure intégration du continent Africain à travers la délimitation/démarcation des frontières, la coopération transfrontalière et le renforcement des capacités des acteurs.


Dans le cadre de la mise en œuvre dudit programme, l’Union Africaine a institué, depuis 2010, la Journée Africaine des Frontières, commémorée le 7 juin de chaque année. La commémoration de cette journée a pour objectifs d’éliminer les sources de tensions aux frontières des États et de faire des zones frontalières des espaces de paix, de sécurité et d’intégration pour un développement économique, social et culturel harmonieux.


Après les éditions de 2020, 2021, 2022 et 2023, la Côte d’Ivoire, à travers sa Commission Nationale des Frontières (CNFCI) a lancé ce 6 juin 2024 à Tougbo, département de Tehini la commémoration solennelle de cette journée, à l’instar des autres pays africains.


Cette commémoration était placée sous le sceau de la coopération transfrontalière avec les pays voisins autour du sous-thème : « Renforcer la coopération transfrontalière, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique aux frontières », en vue de renforcer les liens de collaboration et de cohabitation de nos populations dans les zones frontalières.


Populations, leaders communautaires et autorités administratives de villages frontaliers des localités choisies pour la célébration, ont pris une part active à cette activité.


Cette commémoration vise à informer et sensibiliser les acteurs frontaliers, les responsables de l’administration et le grand public sur les thématiques en lien avec la gestion des frontières, mais également à faire la promotion de la coopération transfrontalière auprès des acteurs frontaliers étatiques et non étatiques pour une coexistence pacifique dans les espaces frontaliers.


La commémoration de la JAF se déroulera dans cinq localités frontalières, notamment à Damé (Agnibilékrou), Tougbo (Téhini), Débété (Tengrela), Gbéléban et Tiobly dans la département de Toulepleu. Ces célébrations éclatées se feront avec une participation très active des communautés et des autorités administratives, coutumières et des acteurs frontaliers des régions.


Depuis 2020, date de sa mise en place, le Secrétariat Exécutif de la Commission Nationale des Frontières de la Côte d’Ivoire, saisit l’occasion de la célébration de JAF pour organiser des activités transfrontalières dans les zones frontalières de la Côte d’Ivoire. 


Selon Djakalidja Konaté Secrétaire exécutif de la CNFCI, la sous-préfecture de Tougbo a été choisie pour abriter la cérémonie officielle de la JAF aujourd’hui, pour plusieurs raisons. 


«Premièrement, pour réaffirmer la solidarité de l’État de Côte d’Ivoire avec les populations de cette zone frontalière qui subissent la pression et les conséquences des effets de la situation sécuritaire difficile que connait les pays du Sahel, notamment le pays frère le Burkina Faso. Deuxièmement, pour célébrer et renforcer l’amitié et la fraternité ivoiro-burkinabè qui ne date pas d’aujourd’hui et qui ne saurait connaitre de rupture, nonobstant les difficultés rencontrées. Cela, pour le bien-être de nos deux populations. Troisièmement, pour encourager les populations frontalières de nos deux pays, qui entretiennent des liens familiaux depuis la nuit des temps, à continuer à vivre en paix et dans la cohésion sociale. Quatrièmement, pour sensibiliser et rassurer nos populations vivant dans cette zone frontalière que nos deux États travaillent depuis plus de trois ans à délimiter notre frontière commune. En effet, depuis février 2021, une commission mixte a été mise en place à cet effet. Elle est à pied d’œuvre, pour finaliser la délimitation de notre frontière commune. Je peux vous informer que le tracé théorique de cette frontière a été à 75% adopté. Une prochaine rencontre des experts et une mission terrain sont en vue pour parvenir à l’adoption définitive de ce tracé théorique de la frontière Côte d’Ivoire-Burkina », a-t-il expliqué.


En attendant la finalisation de la délimitation de la frontière commune entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, le Secrétaire exécutif a demandé à ses parents de Tougbo de la patience et par la même occasion d’éviter toute action pouvant mettre à mal la cohésion sociale dans leur espace frontalier. Et de faire confiance aux deux États pour que cette question sur le tracé de la frontière commune aboutisse très bientôt sans incidents de part et d’autre. 


«Le tracé de la frontière n’est qu’une ligne pour montrer les limites de souveraineté des Etats, mais ne doit pas entacher la poursuite des relations de bon voisinage, de cohabitation pacifique, du vivre-ensemble, du renforcement des alliances et des liens de parenté entre les deux peuples. Car, dans nos espaces transfrontaliers vivent des populations homogènes par la culture, la langue, l’histoire, les liens familiaux, etc. La réaffirmation de la frontière ne veut pas dire la fin des relations entre les populations : la frontière reste une ligne pour marquer juste la limite de la souveraineté des Etats. Quelle que soit l’issue du processus de démarcation, les frontières ne doivent pas nous diviser (promouvoir la cohabitation pacifique) ; au-delà des frontières, nous sommes des frères et sœurs. La coopération transfrontalière vient transformer la frontière en passerelle pour mieux intégrer nos peuples et nos deux pays et ne doit aucunement empêcher la libre circulation des personnes et des biens », a ajouté, Djakalidja Konaté.



«Pour rappel, conformément au protocole de la libre circulation de la CEDEAO, les populations continueront à fréquenter les marchés/foires transfrontaliers avec accès aux services sociaux de base de l’espace transfrontalier, notamment les écoles et les centres de santé », a-t-il ajouté.


 

En cas de conflit entre les communautés aux frontières, le Secrétaire exécutif a indiqué à ses parents qu'ils doivent savoir que les problèmes sont inhérents à toute communauté et organisation et même entre les membres d’une même famille (entre des frères, entre papa et maman), ce n’est pas pour autant qu’ils se tuent.



«Le colon nous a imposés des frontières, nous devons à notre tour nous imposer la paix. Inviter les populations à ne pas se faire justice et à se référer toujours à leurs autorités respectives pour trouver des solutions pacifiques et durables dans la concertation », a insisté, M. Konaté.



Il a indiqué qu'un cadre de concertation entre les autorités préfectorales, administratives, militaires et coutumières des deux pays sera mis en place et qu'en conséquence, en cas de survenance d’un problème ou conflit, les populations doivent se référer aux autorités de leurs pays qui à leur tour, vont entrer en contact avec leurs homologues de l’autre pays.



La région du Bounkani à la particularité de partager ses frontières avec deux pays frères et amis de la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Selon le Préfet de région, Préfet du Bounkani, Yacouba Doumbia, cette position géographique confère aux trois pays, une responsabilité immense, celle de veiller à la préservation de la paix de la sécurité et la fraternité entre les peuples.



Il a rappelé que le contexte actuel de la sous-région est marqué par les défis sécuritaires importants, notamment la menace grandissante des groupes armés terroristes. «Le Burkina Faso notre voisin immédiat dans cette zone est particulièrement touché par ce phénomène, et nous devons rester vigilant pour éviter que cette insécurité ne s'installe chez nous », a mentionné, le Préfet de région.



Outre la menace terroriste, la région du Bounkani est également confrontée à l'afflux des demandeurs d'asiles fuyant les conflits et les persécutions dans leur pays d'origine. Selon Yacouba Doumbia, face à cette situation, il est impératif que les Etats fassent preuve de solidarité et d'hospitalité, certes mais également en veillant à la sécurité et au bien-être des populations.



La journée africaine des frontières a été instituée par l'Union africaine en 2007 et vise à promouvoir une meilleure gestion des frontières africaines à renforcer la coopération transfrontalière et à favoriser l'intégration régionale.



 

Le Préfet de région et Préfet du Bounkani a rappelé, « la nécessité de la matérialisation des frontières de manière à savoir exactement quelles sont les limites de chaque territoire, car cela faciliterait non seulement un meilleur contrôle du flux des personnes et des biens mais également permettra aux forces de défense et de sécurité de mieux gérer leur rôle de sécurisation des frontières, des personnes et des biens »



Il a à l’occasion souligné qu'à Tougbo, les populations qui vivent de part et d'autres des frontières partagent des liens profonds, des liens familiaux pour la plupart. Et ces liens ancestraux constituent un socle solide pour la paix et la cohésion pacifique entre les communautés.



Selon lui, il est donc essentiel «que nous préservions et renforcions ces liens en encourageant ces échanges de la coopération entre les frontières, entre les populations frontalières.



Il a en définitif, lancé un appel à «tous les acteurs impliqués dans la gestion des frontières, aux autorités locales et nationales aux organisations de la société civile et aux populations, elles-mêmes pour qu'ensemble nous fassions que nos frontières soient des espaces de paix de solidarité et de prospérité partagée ».



«Ce message est lancé à l'endroit des autorités aussi bien locales que nationales afin que celles-ci mettent tout en œuvre pour que, les rapports inter-populations qui sont bonnes ne se dégradent pas en prenant les meilleures dispositions dans le cas d'une coopération pacifique fraternelle et en toute sécurité pour toute les populations », a conclu, Yacouba Doumbia.



Wassimagnon





 
 
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