Côte d'Ivoire : Union du fleuve Mano, les États membres misent sur le commerce pour consolider la paix et la stabilité
Les pays membres de l’Union du fleuve Mano (UFM) veulent faire du commerce un puissant levier de paix, de stabilité et de prospérité dans la sous-région ouest-africaine. Réunis à Abidjan du 18 au 20 mai 2026, dans le cadre d’une consultation multipartite, les représentants de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer l’intégration régionale à travers des initiatives économiques porteuses de cohésion sociale.
Organisée avec l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette rencontre a permis aux participants de réfléchir aux mécanismes susceptibles de consolider durablement la paix dans l’espace du fleuve Mano, marqué par plusieurs décennies de crises sécuritaires et politiques.
Le thème retenu pour cette consultation, «Mobiliser les opportunités commerciales pour renforcer la paix et la sécurité dans l’espace du fleuve Mano », traduit la volonté des États membres de placer la coopération économique au cœur des stratégies de prévention des conflits.
Le commerce comme moteur de paix
Intervenant au cours des travaux, la Représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Blerta Cela, a souligné le lien étroit entre développement économique et stabilité régionale.
« Le commerce et la paix vont ensemble. Nous sommes ici pour décider de l’avenir et nous sommes prêts à accompagner ce partenariat », a-t-elle déclaré, réaffirmant l’engagement du PNUD à soutenir les initiatives favorisant l’intégration et la coopération entre les États membres.
Le gouvernement ivoirien a accordé une attention particulière à cette rencontre stratégique. Représentant le ministère d’État, ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, le Secrétaire général, Evariste Koffi Yapi, a salué la pertinence du thème choisi.
Selon lui, les pays de l’Union du fleuve Mano ont fait le choix de construire « une sous-région réconciliée avec elle-même, tournée vers l’avenir », après les nombreuses crises qui ont secoué cette partie de l’Afrique de l’Ouest.
« Le commerce est un puissant vecteur de rassemblement et de cohésion. Lorsqu’un pays choisit la paix, il choisit également la prospérité », a soutenu le diplomate ivoirien.
Une approche régionale pour une paix durable
Au nom du gouvernement ivoirien, Evariste Koffi Yapi a salué une initiative qui, selon lui, pose les bases d’une approche holistique de la paix durable à travers le développement économique et la solidarité entre les peuples.
Il a également appelé les partenaires internationaux à soutenir une dynamique de coopération renforcée, tout en assurant que la Côte d’Ivoire entend jouer pleinement son rôle moteur au sein de cette organisation sous-régionale.
« La paix par l’économie, la prospérité partagée et la solidarité entre les peuples constituent la dynamique à adopter pour réussir la mission que se sont assignée les États membres de l’Union du fleuve Mano », a-t-il insisté.
Créée le 3 octobre 1973 à Malema, en Sierra Leone, l’Union du fleuve Mano avait initialement pour vocation de promouvoir une union douanière entre le Liberia et la Sierra Leone, sous l’impulsion des présidents Siaka Stevens et William Tolbert Jr..
La Guinée a rejoint l’organisation le 25 octobre 1980, introduisant ainsi le bilinguisme au sein de l’institution. Quant à la Côte d’Ivoire, elle est devenue membre de l’Union le 15 mai 2008, à l’occasion du 18e sommet tenu à Monrovia.
Aujourd’hui, l’UFM élargit progressivement son champ d’action au-delà des questions économiques pour intégrer les enjeux de sécurité, de gouvernance, de paix et de développement durable dans l’ensemble de l’espace sous-régional.
Wassimagnon
Légende : Blerta Cela du PNUD Côte d'Ivoire a donné des assurances aux participants
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