Burkina Faso : Nouveau projet de déstabilisation du pouvoir déjoué, l'ancien président Damiba et la Côte d'Ivoire à nouveau cités
Le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana (Ph)
Dans une déclaration diffusée par la télévision burkinabè, le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana a annoncé ce mardi la mise en échec d'une énième tentative de déstabilisation du pouvoir militaire en place à Ouagadougou et dont l'objectif principal était d'assassiner le capitaine Ibrahim Traoré.
En effet, depuis dimanche dernier des informations sur les réseaux sociaux faisaient état d’une tentative de coup d'Etat qui auraient conduit à des arrestations.
Alors que les spéculations allaient bon train, le ministre de la Sécurité a confirmé ces informations et dévoilé les détails de ce complot en gestation.
Selon Mahamadou Sana, ce sont les services de renseignement burkinabè qui ont mis ce complot en échec.
"En substance, le Burkina Faso a déjoué pour la énième fois une tentative de déstabilisation" a déclaré le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana.
"Le 3 janvier 2026, à 23h, il était prévu une action de déstabilisation du pays. Cela allait se faire par une série d'assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré, chef de l'etat, soit à bout portant soit par une action pour miner son domicile", a-t-il expliqué.
"Après cette action devrait suivre une action de de mise hors service de la base drones et une intervention militaire terrestre des forces extérieures", a poursuivi le ministre Sana.
"Pour une question de confidentialité et pour éviter de compromettre l'efficacité des enquêtes", il n'a cité que l'acteur principal et cerveau du complot, en l'occurrence le lieutenant colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, renversé du pouvoir par Ibrahim Traoré et qui vit au Togo.
"L'acteur principal, l'ex lieutenant colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a eu pour mission clé de concevoir et planifier les actions, de rechercher et mobiliser les fonds, de recruter les populations civiles et militaires", a-t-il expliqué.
"Les militaires avaient pour mission de coopter d'autres militaires pour mettre en place des groupes d'actions avec des missions bien déterminées et les civils devaient mobiliser les populations, leurs adeptes pour soutenir l'action militaire", a indiqué Mahamadou Sana.
"Ce qui est important c'est également les sources de financement. Une bonne partie des sources de financement provient de la Côte d'Ivoire et dont la dernière opération s'élève à 70 millions de FCFA", a-t-il déclaré le ministre de la sécurité.
Des interpellations ont eu lieu et se poursuivent ainsi que le démantèlement des réseaux, a indiqué le ministre Sana qui a promis mettre à la disposition des populations des vidéos d'aveux des acteurs impliqués qui seront présentés devant le procureur du Faso pour se voir appliquer toute la rigueur de la loi.
"Des interpellations ont été faites et se poursuivent dans le cadre du démantèlement de ce réseau", a souligné Mahamadou Sana, précisant que toutes les personnes interpellées seront présentées devant le procureur du Faso.
Au titre des vidéos d'aveux, la télévision burkinabè a diffusé celle d'un commerçant, Mady Sakande qui a confessé avoir rendu visite à l'ancien président Damiba à Lomé, courant 2023 et 2025.
Selon lui, Damiba lui aurait soufflé son projet de coup d'Etat contre le capitaine Traoré et lui aurait demandé de contacter des gens acquis à cette cause, ce qu'il a fait avant de se rendre à Abidjan d'ou il est revenu avec la somme de 70 millions de FCFA destinée à financer le projet de déstabilisation..
De cette somme, 40 millions ont été remis à trois personnes dont deux femmes ayant reçu chacune 15 millions et un militaire qui reçut 10 millions.
C'est alors qu'il attendait les instructions de Damiba sur le reste de cet argent qu'il a été interpellé avec d'autres complices, a-t-il expliqué.
Boa, Ouagadougou
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